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Arrêtez -moi toutes ces machines !

vendredi 21 février 2003
S’il est vrai qu’aucun pays ne peut rester à l’écart des nouvelles technologies de l’information et de la communication, il ne faut pas cependant perdre de vue que cette informatisation progressive de notre vie peut poser des problèmes : le revers de la médaille serait-on tenté de dire.

En effet les NTIC accroissent la capacité des personnes à s’informer et à participer ainsi au développement de leur milieu. Cet avantage inouï que nous offre ces outils peut être utilisé à des fins peu louables. « Plus rien dans ce monde ne doit rester secret, tout doit être vu et entendu » est le leitmotiv de nos sociétés dites modernes. Mais où s’arrête ce droit de « tout entendre » et de « tout voir » ? Les principes les plus élémentaires de la liberté des personnes ne sont plus permanents avec les NTIC. Elles sont source de violation des droits de l’homme, d’atteinte à la vie privée. Difficile donc d’être à l’abris des regards car à un moment il faut passer un coup de fil, utiliser sa carte de crédit ce qui expose au risque d’être repéré. On peut tout savoir sur une personne rien qu’en pénétrant ses fichiers confidentiels. Des données secrètes(en rapport avec la sécurité d’un Etat par exemple) sont ainsi mis au grand jour. Aussi il n’a jamais été aussi facile de « créer la vérité ». Les outils offrent des facilités de monter les images, d’y ajouter ou d’y extraire des éléments. On ne peut plus dire « c’est vrai je l’ai vu à la télévision » car sait-on seulement ce qu’on voit ?( interview truquée).Comment distinguer le vrai du faux et vice versa ? : tout est sujet à la manipulation. Les NTIC sont un moyen de former une opinion criminelle. Il existe des sites de toute sorte : des sites racistes, pédophiles et que sait-on encore ? Des médias ont contribué à la formation, à l’émergence et à la propagation des idées les plus macabres. Tout ceci se fait à une vitesse vertigineuse. Des personnes avides et cupides extorquent de l’argent aux internautes sans oublier ceux qui se donnent au piratage informatique. L’insécurité est permanente.

Quelle pourrait être la place de l’Afrique dans ce développement à double pôle ? La course du temps semble l’entraîner dans son cours, elle se confond à la masse mouvante qui la conduit vers l’inconnu. Mais sait-on que seulement 0,86% des internautes sont Africains contre 42,52% d’Américains ? Le fossé numérique est remarquable même si l’on parle de « Village planétaire ». Est-ce pour autant que nous devions rester en marge ? Non comme le dit Mme la ministre de la promotion des droits humains du Burkina Faso « même si le Burkina est défavorisé avec son nombre limité d’ordinateurs, c’est à dire 16000 pour 12millions, cela ne veut pas dire que la population ne devrait pas accorder une attention particulière à la question ... » parce qu’ils peuvent(ces ordinateurs) « être source de violation de droits humains ». C’est pourquoi au Burkina les autorités essaient de « discipliner » les utilisations que l’on fait des nouvelles technologies. Il faut donc louer les efforts entrepris afin de créer un cadre juridique aux NTIC. Gageons que cela pourra barrer la route aux cybercriminels, ces délinquants des temps modernes.

I.GUENDA

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