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Atouts et défis des Technologies de l’information et de communication pour l’éducation (TICE) au Burkina-Faso

Mr SIA Benjamin est professeur d’histoire géographie au Lycée Technique de Ouagadougou (LTO). Membre de TICE- Burkina, du réseau Burkina- NTIC, tous soutenus par l’Institut International pour la Communication et le Développement (IICD).Mr SIA est aussi Secrétaire général de l’association pour un Accès Équitable aux TIC (EQUITIC). Enfin il également responsable du POOL Informatique du Lycée de Ouagadougou pour la structure Chargée de la promotion des TICE (formation du personnel, accompagnement des enseignant dans l’utilisation des TIC dans leurs activités pédagogiques) Il intervient ici pour nous parler de son implication dans les Technologies de l’information et de communication pour le développement (TICE), et de son rôle en tant que modérateur de la liste TIC-EDUC.

- Mr SIA, quel est brièvement votre parcours universitaire et/ou professionnel ? Quel est votre engagement personnel ou professionnel vis-à-vis des technologies de l’information pour le développement dans l’éducation ? Je suis titulaire d’une licence en histoire de l’université de Ouagadougou et d’un master en Intégration pédagogique des TIC de l’université de Montréal.
Je compte m’inscrire cette année pour ma soutenance en maîtrise en histoire et je viens également de commencer mes cours en Master 2 AIGEME de Paris 3 en Ingénierie de la Formation à Distance
Je suis également titulaire de plusieurs attestations de formation dont entre autres les applications pédagogiques d’Internet et Intégration des Technologie éducative dans le curriculum (World links Burkina) ; Installation et maintenance Réseau (Digitalinks International et World links Burkina), développement de contenus pédagogiques (programme PIL et MESSRS), e- facilitation (IICD).

Pour nous, le plus grand combat reste le partage de ce qui existe déjà sur le terrain en terme de contenus Burkinabé, d’études relatives aux TICE, la mise en commun de l’expertise locale qui existe bel et bien et la sensibilisation des acteurs c’est-à-dire aussi bien des enseignants, des parents d’élèves que des responsables administratifs.
Sensibilisation sur les potentiels, les limites et aussi et surtout sur la nécessité d’intégrer les TIC dans nos curriculums en tant que outil de travail qui permet et facilite l’apprentissage et plus tard pourquoi pas en tant que matière à enseigner dans nos programmes scolaires.C’est à ce titre que nous nous engageons systématiquement dans toute action qui prend en compte ce combat.

- Qu’est ce qui vous a poussé à créer la liste de discussion TIC-EDUC-BF ? Pouvez vous nous décrire en quelques mots en quoi elle consiste et qui sont les utilisateurs principaux de votre liste ? Que pensez vous du travail et de l’échange de l’information en réseau ? Pour reprendre le préambule de notre présentation sur Burkina-ntic (), pour nous, et c’est palpable sur le terrain, l’implication de la société civile dans le processus de plaidoyer et de lobbying sur des axes spécifiques de développement ne peut se faire que dans un cadre organisé.

Le domaine des TIC bien qu’il soit récent n’échappe pas à cette règle et c’est pour cela que dans le domaine spécifique de l’éducation, il semble, (je dirai même qu’il est ) opportun de mettre en place un groupe de réflexion pour travailler à une véritable insertion des TIC dans notre système éducatif.

Aussi, l’avis des praticiens sur des aspects essentiels telles que la manière dont sera intégrée les TIC et leur adaptation aux besoins quotidiens, apparaît très important. La création d’une synergie d’ensemble à travers la mise en commun de l’expertise locale, ainsi que le partage d’information sur les pratiques, est fondamentales pour améliorer les dispositifs actuels et futurs.

Il s’agit d’animer une liste de discussion.
Les thèmes abordés sont relatifs à l’intégration des TIC dans l’éducation. A l’issue des débats les grands axes qui sont dégagés peuvent faire l’objet d’une rencontre de réflexion. Nous pouvons également sur la base de ces réflexions, faire des propositions à qui de droit.

Nous réalisations en moyenne un débat par trimestre.La liste regroupe toute personne morale ou physique intéressée par la question de l’intégration des TIC dans l’éducation au Burkina. Mais, actuellement la plupart des participants sont des enseignants de second cycle.S’agissant du travail d’échange de l’information en réseau, je pense qu’il n’y a rien de tel. On renforce soi-même ses propres capacités en profitant des apports des autres et aussi on se sent utile dans cette communauté lorsqu’on apporte une information importante à un membre ou à l’ensemble des membres de la liste.

Aussi, quelquefois de belles initiatives peuvent prendre corps dans ces échanges. Au delà de cet enrichissement mutuel, on tisse des relations humaines avec les membres de la liste, et quelquefois des initiatives à deux ou plus peuvent prendre corps.

- Sur la page de présentation de votre liste TIC-EDUC, il est mentionné que le but de la liste est, cite « [d’] améliorer les pratiques traditionnelles et favoriser ainsi la transition vers une intégration effective des TIC dans notre système éducatif. » Quels exemples concrets pouvez vous donner de pratiques traditionnelles en matière d’éducation qui pourraient être favorisées par les TIC ? Notre enseignement est toujours centré sur le face à face où l’enseignant est le seul détenteur du savoir. Dans ce cas, il a besoin de ressources pour construire le savoir destiné aux élèves. Dans ce sens les TIC peuvent être une réelle opportunité pour l’accès aux ressources qui sont très rares et coûteuses pour nos pays.

Par exemple en Histoire géographie, nous ne disposons d’aucun manuel pour le second cycle. A cet effet des CD didactiques (cartes, travaux pratiques SVT...) peuvent être une alternative sans oublier l’immense réservoir que constitue Internet.

Dans la gestion du personnel et des élèves, les TIC peuvent jouer un rôle très important. Le suivi et la gestion des cursus des élèves sont dans ce sens des aspects importants qui peuvent être améliorés par les TIC. Pour preuve : avec l’introduction du logiciel BEN- Scolarité (logiciel de gestion scolaire) dans une dizaine d’établissements scolaires, toute la communauté scolaire les parents d’élèves, les enseignants, l’administration... reconnaît une amélioration en terme de gain de temps, d’efficacité et même de coût dans la gestion.

-Listez, selon vous, les deux principaux défis ou problèmes auquel font face l’intégration des TIC dans l’enseignement au Burkina Faso et les solutions respectives que vous préconisez. - Tout d’abord, je pense à la faiblesse des équipements en terme d’insuffisance de matériel (ordinateur, appareils photo...), de logiciels répondant à nos besoins et l’accessibilité à Internet. Ces questions peuvent être résolues dans le cadre de la mise à disposition d’un cadre communautaire d’accès aux équipements. Il est inimaginable d’équiper chaque enseignant ou élève ; mais la réalisation de centre d’accès communautaire dans les établissements est l’une des solutions idoine à mon avis.

- La deuxième préoccupation est celle de la disponibilité des acteurs. La plupart des enseignants sont débordés par les emplois de temps et la précarité, ce qui fait qu’ils sont obligés de s’adonner à la vacation ou à d’autres tâches pour joindre les deux bouts. Aussi, nous pouvons également relever le faible soutien des acteurs qui sont déjà engagés dans une démarche d’utilisation des TIC dans leurs enseignements.

Ces acteurs, majoritairement formés grâce au projet TICE- Burkina (financé par IICD à travers son programme de renforcement des compétences), sont pour la plupart des personnes ressources chargées d’assurer la maintenance des appareils informatiques dans leurs établissements à titre bénévoles et d’accompagner leurs collègues. A cela s’ajoute la « technophobie » et la faible maîtrise des enseignants des outils TIC. Pour cette question, la sensibilisation de tous les acteurs du système éducatif apparaît important à commencer principalement par les enseignants et les premiers responsables pour montrer le bien fondé de la question de l’intégration des TIC dans notre éducation et les opportunités qu’elles offrent sans omettre les risques qui y sont liés.

- Quels sont les types d’apprenants que vous ciblez principalement ? Et quels sont leurs besoins ? Notre action est centrée prioritairement sur le secondaire (de la sixième à la seconde), et dans une moindre mesure sur le primaire. Nous prenons en compte aussi bien les enseignants, les élèves et l’administration. Les besoins sont essentiellement : l’accès aux outils et leur maîtrise, la disponibilité des contenus.

-Je voudrais aborder maintenant la problématique de la diversité culturelle et des cultures locales. En quoi les TICE sont adaptées ou non aux réalités locales au Burkina Faso (langues, méthodes etc..) ? Comment les TICE pourraient être plus appropriées et refléter les réalités locales ? (contenus sur Internet, développement de contenus locaux en langue locale etc...) A mon avis, la question d’inadaptation aux réalités locales du pays peut s’analyser sous deux angles :

- Les TIC d’une manière générale sont des outils que chaque communauté doit adapter à ses besoins. Ce ne sont pas des outils "prêt à porter" qui sont mis à notre disposition. Il appartient à chaque catégorie socioprofessionnelle, selon les caractéristiques de son contexte de travail, de l’objectif qu’il veut poursuivre, de poser se besoin en terme de logiciels ou autre. Il est vrai qu’à ce niveau le coût peut constituer un obstacle ; mais c’est une des réalités de notre monde qu’il ne faut pas perdre de vue.

- En considérant le deuxième angle en partant de l’étape actuelle des TICE dans notre pays, nous pouvons relever effectivement l’inadaptation des contenus et des méthodes. Mais cela s’explique d’une manière générale par le fait que nos pays ne viennent d’adopter ces technologies il y a à peine une dizaine d’années seulement.

Il est donc compréhensible que la question de l’adéquation des contenus avec nos programmes se posent. L’Internet n’a été vulgarisé au Burkina qu’en 1997.Mais, nous sommes optimistes dans ce sens, car il y a beaucoup d’effort qui est fait sur le terrain et au niveau de l’éducation. Certains enseignants ont déjà des contenus en ligne sur www.tice-burkina.bf , le site de Worldlinks Burkina...
Pour la question des logiciels, je pense que les logiciels libres constituent une opportunité intéressante à exploiter pour contourner le problème des coûts.

source :http://community.telecentre.org/fr/node/24303

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C4C est une coalition d’ONG neerlandaise qui travaille dans le domaine de la Communication pour le changement dans plusieurs pays. cette vidéo montre une activitié d’apprentissage au Burkina avec ses partenaires.

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