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Carnets de route à Johannesburg : le CTA met le cap sur le Mobile en Afrique

jeudi 30 décembre 2010

Le CTA, dans sa conférence annuelle, a tenu son camp à Johannesburg du 23 au 25 novembre 2010. En marge de cette grande rencontre internationale qui a été co-organisée avec le NEPAD ; il s’est tenu un atelier d’information portant sur l’observatoire des TIC mobiles en zone rurale. La rencontre annuelle du CTA et du NEPAD a concerné le thème de l’eau. Cela ne m’étonne pas parce que c’est un thème à la mode. Depuis que la désertification a fait place aux inondations, on parle de changement climatique parce que les Sahéliens qui n’avaient pas d’eau en ont trop maintenant et ceux qui en avaient trop en manquent et certains en ont encore plus. Le soleil qui permettait de sécher ses habits au soleil en Afrique est tellement brûlant à certaines périodes que l’on pouvait faire une omelette simplement en déposant son œuf sur un plat au soleil. Veuillez faire attention de retirer vite la casserole si vous n’aimez pas l’omelette grillée !

Cette rencontre portant sur l’observatoire des TIC a été une occasion de revisiter la technologie mobile depuis ses débuts en la segmentant en 3 catégories : — le mobile simple et ordinaire qui sert à téléphoner et à envoyer des SMS, — le mobile évolué et intermédiaire qui permet de faire des photos, d’aller sur l’Internet, écouter la musique et bien d’autres choses, — enfin le mobile évolué qui permet de remplir les fonctions des deux premières catégories et de faire des travaux d’évaluation, de gestion comptable en ligne, de gestion organisationnelle, de SIG ; d’être commandé par la voix...

Ce mobile peut presque tout comme le fameux couteau suisse sauf que ce mobile si vous le déposer sur un champ ne peut pas encore se lever pour prendre la daba pour cultiver ; bien qu’il puisse commander à distance un tracteur ou un réseau d’irrigation.

L’atelier a permis de voir les enjeux liés à toutes ces catégories de mobiles, de voir que toutes ces catégories sont importantes et utiles en fonction des objectifs que l’on se fixe et que ce n’est pas en utilisant la plus sophistiquée que l’on pourra trouver son bonheur.

Des sessions pratiques de démonstration ont permis de voir de nouveaux outils (iPhone ; ipad ; amazone Kindle ; smarphone androide...) et des applications telles que les SMS, la USSD ; et les applications d’évaluation en ligne embarquées sur des téléphones (smarphones) utilisant le système d’exploitation androïde.

Ce système a intéressé plus d’un parce que permettant de réduire le temps de traitement des informations en se passant des fiches d’enquêtes et d’évaluations pour aller directement sur une évaluation en ligne et purement numérique enrichies de textes ; de voix et de son.

Quel rêve pour les organisations de paysans et le monde de l’encadrement agricole qui souvent mettent une année pour réduire leurs données pour sortir des analyses afin de pendre des décisions ; le médecin après la mort parce que la situation a bien évolué entre temps.

Je ne manquerai pas à mon retour au Burkina d’aller faire une démonstration à la Direction de la statistique agricole de mon pays. Le système en tant que tel n’est pas nouveau ; mais c’est le fait d’utiliser un système libre qui est révolutionnaire parce que cela permet de réduire les frais et d’être maître de ses données et libre de choisir leur interprétation en fonction des objectifs.

Imaginez un animateur ou encadreur agricole qui va en mission avec ce gadget dans sa poche. À son retour, il a dans sa main la situation des exploitations ; les photos des paysans et de leurs champs des données géographiques avec son GPS embarqué et en plus leurs témoignages audio, tout cela bien organisé dans une base de données solide. Des échanges portant sur le rôle de la société civile ont permis de voir qu’une bonne connaissance du monde des TIC est un préalable pour espérer influer sur les politiques qui sont à la croisée des chemins entre l’économique, le social, la technique et tout autre secteur de la vie nationale.

Enfin, il fut demandé aux participants ; venus de la plupart des pays ACP, de proposer des solutions ou des démarches pouvant permettre à ce groupe d’observatoire de continuer à travailler même en après s’être séparé physiquement. Des propositions fructueuses virent le jour et parmi celles-ci ; je vais bien sur proposer celle de mon groupe de réflexion.

Les décideurs, comme d’ailleurs la plupart des acteurs, sont sensibles aux espèces sonnantes et trébuchantes. Ils sont également sensibles aux propositions bien argumentées dépouillées de toute sensibilité ; mais fondées sur des travaux solides et sur des indicateurs précis. Dans cette situation, chaque pays pourra utiliser un réseau existant (attention à la multiplication de la naissance des structures lors de chaque rencontre).

Ce groupe de veille sera composé d’organisations paysannes ; de chercheurs, d’universitaires ; de certains ministères concernés par le monde agricole et il s’informera de qui se passe sur le terrain. Ce groupe va faire de petites études précises qui montrent les usages des TIC mobiles par le monde rural ; un peu de la manière que fonctionne le réseau Burkina ntic au Burkina Faso. Ces études permettront d’avoir des éléments solides de lobbying au niveau des politiques.

La rencontre des jeunes ARDYS étant finie plus tôt ; les jeunes se sont joints au groupe observatoire pour partager leurs connaissances. Entre parenthèses ; ce projet dirigé par Ken Lohento au CTA a permis à plus de 200 jeunes venant des ACP de se confronter à l’écrit sur le thème de jeunes ; agriculture et technologies mobiles. 12 finalistes sélectionnés par un comité d’experts internationaux se sont rencontrés par continuer la confrontation en faisant des présentations physiques. Il faut dire que ce projet augure une nouvelle vision dans les travaux du CTA parce que l’on s’est rendu compte que les jeunes avaient des idées et des solutions extraordinaires que les autres n’ont pas pu imaginer et devenez la suite dans 20 ans ; des merveilles pourront se dresser à l’horizon.

Annie C : Loquay ; chercheur au CNRS en France et auteur de plusieurs ouvrages sur les TIC dans les paysans du Sud a profité pour présenter ses derniers travaux sur les usages qu’elle a d’ailleurs présentés à la dernière cession de l’IUT. En substance, elle démontre que la plupart des innovations dans le domaine du mobile viennent des utilisateurs et non des firmes ou des opérateurs télécoms. En faisant des travaux anthropologiques et sociologiques sur les usages du mobile ; ils ont pu développer des services adaptés à ce public. Il faut donc continuer dans ce sens en se penchant cette fois sur les pratiques et les usages dans le monde rural.

Nul doute que cette rencontre a permis de se rafraîchir les connaissances et de voir que nous sommes en train de rentrer dans une ère de la mobilité. Comme l’a démontrée une chercheuse sud-africaine lors de la rencontre ; de plus de plus d’usagers en Afrique font leur baptême du web par le mobile et ne veulent plus entendre parler d’ordinateur vu dans sa forme actuelle.

Voir le résultat du concours ARDYS.

West Africa :
- Itodo Samuel Anthony (Nigeria)

Central Africa :
- Gabriel Dacko Goudjo (Cameroon)

East Africa
- Maureen Agena (Uganda)
- Chris Ngige Mwangi (Kenya) Southern Africa
- Gerald Musakaruka Mangena (Zimbabwe)

Caribbean
- Tyrone Christopher Hall (Jamaica)

Pacific
- Riten Gosai Chand (Fiji) With Caribbean regional winner Tyrone Christopher Hall from Jamaica emerging as the overall Eassy Contest winners.

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Sylvestre Ouédraogo
Bntic

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