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Des paysans burkinabé misent à leur tour sur les TIC

Des paysans burkinabé misent à leur tour sur les TIC

Le Sommet Mondial sur la Société de l’information et d’autres plates-formes mondiales ont mis en évidence le potentiel des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) pour contribuer au développement durable et pour promouvoir l’agriculture. Une utilisation efficace de la cyberagriculture est une priorité pour la communauté internationale. Dans les pays comme le Burkina Faso où 80% de la population vit en milieu rural, les TIC ne seront adéquates au développement que si elles se relient au milieu rural et résolvent des problèmes concrets des habitants ruraux.

‘’GUËT- GA’’ Ecran ; ‘’TONG- DGA’’ Clavier ; ‘’TINGS- DGA’’ souris tel sont entre autres les noms adaptés aux différents composants de l’ordinateur en mooré. Ces dénominations ne proviennent pas d’un dictionnaire en langue locale mooré. C’est plutôt une réponse locale d’un groupe de paysans burkinabé qui ne veut pas rester en marge de la nouvelle société numérique. Ces termes ont été créé lors de la formation des hygiénistes de l’ONG Sahel Solidarité à l’utilisation des outils multimédias pour les changements de comportement en matière d’hygiène, eau et assainissement au niveau des villages de Bokin.

Depuis 2004, Sahel Solidarité bénéficient de l’appui de l’Institut International de la Communication et le Développement (IICD) dans le cadre de la promotion de l’hygiène de l’eau. Dans ce cadre, l’organisation a été doté en ordinateur, vidéo projecteur, caméra et appareils photo numérique. Elle bénéficie aussi d’un large programme de renforcement des capacités des responsables et des acteurs de terrain. C’est durant l’une des formations en langue locale mooré que les noms des composants de l’ordinateurs ont été trouvé.

Les participants ont travaillé sur : la manipulation et l’utilisation de l’appareil photo numérique (position, luminosité, l’obscurité, les différents plans), les catégories de photos reflétant les bonnes et mauvaises pratiques en matière d’hygiène de l’eau et l’assainissement dont on aura besoin pour faire des montages de sensibilisations sur PowerPoint (latrines, points d’eau, habitats, transport d’eau, conservation d’eau etc.) affirme Paulin Ouédraogo responsable du projet.

Doublement analphabètes au départ, les hygiènistes de Sahel solidarité ont vaincu l’analphabétisme numérique aujourd’hui. Le projet de Sahel solidarité à Bokin, quand j’y suis allé en début d’années, les hygiénistes travaillaient avec de petites cartes et les figurines pour sensibiliser les populations sur l’hygiène. Maintenant, elles utilisent des photos numériques et projetent sur écran géant. Quand elles nous expliquaient comment elles travaillaient avec les cartes et de savoir maintenant quelles peuvent utiliser les photos numériques et garder beaucoup plus longtemps leur archives et les améliorer c’est impressionnant témoigne Bénédicte Marcilly, chargée de programme réseau à IICD.

Paysan et TIC, briser le mythe.

Les nouvelles technologies ne doivent plus être la seule propriété des intellectuels. Avec quelques leaders paysans, chaque fois que cela est possible, nous sensibilisons amis, parents et membres de l’association, sur les opportunités que leur offrent les NTIC, en matière d’accroissement et d’amélioration de leurs productions. Formation à distance, facilité de communiquer entre producteurs d’une part, entre producteurs et partenaires au développement d’autre part, sont les opportunités que les producteurs ont pu découvrir à travers les NTIC ; nous confie le président de la Fédération des producteurs professionnels de la Sissili, Moussa Joseph Dagano. Agent à l’ex l’ORD (Organisme régional de développement), Son amour pour la terre l’a conduit à quitter ce travail pour se consacrer entièrement à l’agriculture. A l’image de Sahel Solidarité, plusieurs organisations paysannes burkinabé entendent mettre fin à l’image dévalorisante de l’agriculteur et du monde rural avec le potentiel des TIC. En général, la vue d’un paysan burkinabé en face d’un ordinateur peut paraître incongrue. Pendant longtemps, il a été perçu comme celui qui ne sait ni lire ni écrire et qui est sous-informé. Depuis quelques années, ces organisations paysannes ont entamé cette marche décisive vers la modernité. Leur ambition, développer et décentraliser les technologies de l’information, à travers la création d’un système multimédia de partage et d’échange d’information au sein de ces organisations et entre ces derniers et le monde extérieur.

Les TIC pour mettre l’information au service des producteurs.

Avec l’aide de l’IICD (Institut international de la communication pour le développement), un institut néerlandais, la FEPASSI développe son système de communication afin de répondre aux exigences de la société de l’information. Pour faire face au déficit d’information et de communication des producteurs., La FEPASSI dispose d’un journal interne et d’un réseau de cybercafé dans la province de Léo. Selon M. Dagano , certains commerçants véreux des grandes villes venaient tromper les paysans sur les prix des produits et des intrants agricoles. Aujourd’hui on ne peut plus venir tromper un paysan. Depuis que notre cyber existe à Boura, l’union est membre d’un groupe de discussion et d’échange avec d’autres unions et fédérations du pays et avec des partenaires extérieurs. En cas de besoin sur place dans cette commune rurale dans la Sissili profonde, le paysan arrive à contacter son collègue de Bobo, de Dédougou ou de Pouytenga pour avoir l’information vraie sur les céréales et intrants et cela en quelques minutes à moindre coût. La présence du cyber à Boura fait qu’on évite certains déplacements.

Avant que le cyber de Boura ne soit effectif pour envoyer certains documents à la fédération à Léo ou à Ouagadougou, il fallait se déplacer. Ce qui engendre des coûts de carburant ou des frais transport, sans oublier l’effort physique, les frais de restauration une fois à Léo ou à Ouagadougou .Les producteurs utilisent aussi le téléphone portable dans ce processus. On peut donc dire que ces paysans ont compris. En effet, le modèle pour mettre en oeuvre les TIC en vue de réduire la pauvreté ne se situe pas seulement dans le domaine technologique, mais il faut l’adapter à différents processus qui affectent la vie des pauvres, en particulier les systèmes d’information et de communication rurales. Aujourd’hui si l’on parle de société de l’information, il faut noter que c’est juste pour consacrer la révolution dans les technologies de diffusion des messages. De plus en plus c’est ceux qui ont accès à ces information qui ont aussi le pouvoir.

Un accès à Internet pas aisé

Malheureusement, il existe des freins réels pour le développement d’Internet au profit de cette frange de la population. Il y a d’abord un taux d’analphabétisme élevé, qui touche plus de 70% de la population adulte. Suite à des interruptions successives de connexion et la faiblesse du débit, il faut souvent réfléchir à des solutions palliatives. Il arrive que nous envoyions notre clé USB par le biais des transporteurs plus l’adresse de notre partenaire et d’autres personnes à Ouagadougou se charge d’envoyé le document Pour les partenaires qui nous accompagnent une des directives : envoyez nous les rapports d’activités trimestriels par mail affirme mme Barry Korotimi responsable suivi évaluation a FEPASSI.. Selon, Ousmane Navé animateur et gérant du cyber depuis sa création en mars 2005. Le coût de la connexion Internet est de 1000 FCFA l’heure. Un coût élevé pour une population a majorité pauvre. À quelques exceptions près, les États africains sont absents sur le terrain des NTIC, ce qui se ressent de façon pratique au niveau des accès dont les infrastructures ne sont pas généralisés, que ce soit dans les villes, à la périphérie ou dans les campagnes. Dans son ensemble, l’environnement institutionnel, politique et socio-économique de l’Afrique est encore un obstacle à un véritable essor des NTIC surtout en milieu rural.

Une image vaut mille mot

Mais au delà d’Internet, le monde agricole a beaucoup à tirer de la révolution numérique. les possibilités des multimédias tel que caméra numérique, appareil photo numérique, scanner, vidéo projecteur peuvent alléger et agrémenter le travail des acteurs du monde rural sur le terrain. Les utilisations des images en milieu rural permettent de se faire comprendre plus facilement. et surtout de faire des comparaisons de façon aisée. Nous avons constaté que les gens s’endorment pendant les séances d’animation s’il n’y a pas d’image. Aujourd’hui grâce à notre appareil photo numérique, nous disposons actuellement en image l’évolution de nos différents champs agricoles test. A la fin de la campagne nous allons organiser une rencontre d’échange avec les différents producteurs et les images que nous datons et stockons sur l’ordinateur vont nous permettre de faire des comparaisons. Ensemble nous allons échanger autour de ces images pour saisir les causes de la réussite et des échecs des uns et des autres, affirme Madame Barry Korotimi. Selon elle, il est difficile de convaincre un paysan que son voisin qui est dans l’autre village a fait plus de rendements que lui à l’hectare mais avec les images ils pourront visualiser. Pour Sylvestre Ouédraogo, Coordonnateur de Burkina-ntic, le multimédia a brisé la frontière entre professionnels et non professionnels. Personne ne pourra venir saisir des images, des sons et des textes au bon moment et au bon endroit dans vos villages, c’est à vous désormais qu’incombe cette responsabilité de fournir des images juste de vos réalités quotidiennes, martèle t-il.

M.Dagano, membre de cette organisation, si aujourd’hui, il a retrouvé sa dignité dans son village c’est grâce au multimédia. J’étais accusé d’avoir détourné des dons que des partenaires avaient remis à mon village .Heureusement, j’avais filmé la cérémonie de réception et de remise des dons que j’ai pu montrer à tout le monde, déclare t-il. Toutes ces affirmations montrent que les acteurs connaissent déjà l’importance de ces outils dans leur travail. Mais en plus de cela les images permettent de vaincre les limites de compréhension de certains phénomènes liés à l’analphabétisme de ces populations. On remarque que le multimédia qu’il soit digital ou analogique sont très importants en milieu rural car face à une population en majorité analphabète, l’image facilite la communication. Avec une photo ou un film on peut faire voir ce qui se passe autour de soit dira M.Ousséni Zongo, Chargé du renforcement des capacités à IICD.

Roukiattou Ouédraogo bntic

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C4C est une coalition d’ONG neerlandaise qui travaille dans le domaine de la Communication pour le changement dans plusieurs pays. cette vidéo montre une activitié d’apprentissage au Burkina avec ses partenaires.

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