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Difficile accès à Internet - Les gérants de cyber-cafés en colère.
Il est très difficile, souvent impossible, de se connecter à Internet dans les cyber-cafés depuis la semaine dernière.
De nombreux centres de connexion ont même arrêté leurs activités depuis le 31 mars pour éviter de supporter des "charges inutiles". Le porte-parole des gérants de cyber-cafés de Ouagadougou, Daogo Zoungrana, dévoile "la galère des gérants" et lance un appel pressant : ou l’ONATEL s’active à résoudre le problème, ou l’Etat libéralise le marché.
L’accès à Internet dans les cyber-cafés de Ouagadougou est aujourd’hui très difficile. Quels en sont les raisons ?
Nous ne savons pas exactement où se situe le problème pour le moment. Les gérants de cyber-cafés mettent en place un système de connexion pour leurs clients.
Nous avons donc des ordinateurs connectés sur un réseau, communément appelé " réseau local". Nous bénéficions aussi de l’appui de l’Office national des télécommunications (ONATEL), notre fournisseur d’accès à Internet, via le canal RTC ou la liaison spécialisée. Depuis le début de l’année 2004, c’est seulement en janvier que nous avons constaté une bonne amélioration de cette prestation. Mais après, la situation s’est dégradée. Nous avons pris contact avec l’ONATEL mais il ne nous a jamais dit concrètement ce qui ne va pas. Souvent, on nous fait savoir que le problème pourrait se situer au niveau de notre " réseau local". Après des tests, nous nous rendons compte que le problème ne se situe pas à ce niveau. Lorsque nous recontactons l’ONATEL, celui-ci nous répète toujours le même argumentaire. Parfois, nous sommes obligés d’attendre pendant 15 ou 20 minutes au téléphone pour qu’un agent de l’ONATEL se décide à recenser nos doléances. Nous rencontrons chaque fois le même problème mais jamais de suite favorable.
Tous les cyber-cafés sont confrontés à cette situation.
L’ONATEL en est par conséquent responsable.
Vous affirmez mordicus que l’ONATEL ne vous a jamais donné les raisons fondamentales de ce blocage ?
Jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas reçu d’explications claires et concrètes sur cette situation.
De nombreux cyber-cafés sont fermés depuis le 31 mars. Est-ce un acte de protestation ?
Cette fermeture est due à l’impossibilité de se connecter à Internet. Nous avons ainsi voulu éviter des charges inutiles. Si l’ONATEL ne réagit pas favorablement, nous allons mener des actions pour que les autorités du pays sachent que nous prenons une part active au développement du Burkina. Les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont des outils importants pour le développement. Grâce aux cyber-cafés, nous créons aussi des emplois. Il importe donc de prendre des dispositions pour éviter que le problème actuel ne soit préjudiciable à la dynamique nationale de développement.
Quelles propositions pourriez-vous faire pour améliorer la situation ?
Nos propositions tiennent en deux axes : il faut que l’ONATEL, qui a le monopole d’Etat par rapport à la sortie Internet du Burkina, prenne des dispositions pour un service de qualité et respecte ses engagements par rapport aux cyber-cafés. Dans le cas contraire, il faut que les autorités de notre pays libéralisent le secteur. Nous avons en effet beaucoup de possibilités pour satisfaire les internautes du Burkina. Il y a des multinationales qui nous proposent des connexions à des coûts réduits avec des qualités meilleures.
L’ONATEL doit se rendre à l’évidence que nous sommes des partenaires. Il doit donc éviter de brimer la clientèle en contraignant les fournisseurs d’accès à Internet que nous sommes, à fermer les centres de connexion. Il faut que l’ONATEL intervienne le plus vite possible.
Quel regard portez-vous sur les Nouvelles technologies de l’information et de la communication au Burkina ?
Le Burkina Faso est actuellement le dernier dans la sous région ouest-africaine en matière de NTIC. Si vous prenez par exemple le volet Internet, nous avons les coûts les plus élevés, les charges sont très énormes pour les promoteurs des NTIC, etc. La facturation de l’ONATEL ne permet pas à ce secteur de survivre. Il importe de baisser les taxes liées à l’importation du matériel informatique pour permettre aux cyber-centres et aux centres de formation d’être plus opérationnels et plus utiles aux usagers d’Internet. Aujourd’hui, il n’existe pas un seul secteur de l’économie nationale qui n’a pas besoin d’Internet pour travailler.
L’ONATEL doit donc s’activer à résoudre le problème.
Propos recueillis par Hervé D’AFRICK
Source Allafrica
