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Electricité rurale à Bobo

lundi 1er octobre 2007

Depuis quelques mois, un nouveau dispositif d’éclairage est en expansion dans les localités de Bobo-Dioulasso. Ce dispositif connaît un engouement réel auprès des populations qui ont pendant longtemps subit voire souffert des variations du prix du pétrole. Au Burkina Faso, le taux d’électrification reste encore faible. En dépit de la majorité des zones rurales qui n’ont pas accès au courant électrique, de nombreux habitants des villes font aussi face aux problèmes d’éclairage. Cela pour de multiples raisons, soit par manque de moyens financiers soit pour raison de nouveaux quartiers, ou de zones non loties ( quartiers non encore viabilisés).

Pour pouvoir voir dans la nuit, ces populations n’avaient pour seul recours qu’à des lampes à pétrole. Depuis quelques mois, un nouveau dispositif d’éclairage est en expansion dans les localités de Bobo-Dioulasso. Ce dispositif connaît un engouement réel auprès des populations qui ont pendant longtemps subi, voire souffert des variations du prix du pétrole.

Une seconde vie aux piles électriques usagées

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Les fabriquants de lampe électrique devant leur atelier

Ce dispositif d’éclairage est conçu avec des piles usagées, des fils de courant, un boîtier en bois et des ampoules de torches chinoises fonctionnant avec le système LED. Depuis l’apparition des lampes à éclairage LED, c’est à dire avec des diodes électroniques et non des arcs électriques, il est possible d’avoir un éclairage puissant avec une très très faible consommation énergétique. Dans le passé, les diodes LED se retrouvaient dans les équipements électroniques tels que les chaines stéréo. Actuellement, elles se banalisent et sont même utilisés pour l’éclairage des automobiles et autres dispositifs d’éclairage à cause de la longue durée de vie des diodes et de leurs faibles consommation à tel enseigne que la lampe reste froide même après des heures d’utilisation.

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Une vue des lampes fabriquées

Pascal Ouédraogo est l’un des fabriquants de ce dispositif. Mon travail, consiste à la fabrication d’ un dispositif d’éclairage des maisons. J’ai appris ce travail en Côte d’ivoire, puis je l’ai renforcé au Ghana. Je continue avec ce travail depuis que je suis rentré dans mon pays natal. Au début, on n’avait pas de petites ampoules pour faire le montage donc on utilisait les ampoules des vélos ou des motocyclettes pour faire notre dispositif. témoigne Monsieur Ouédraogo Pascal.

L’atelier de ce dernier se situe au abord d’une rue non loin du marché central de Bobo-Dioulasso. Il travaille avec une équipe de cinq personnes. Pour fabriquer ce dispositif, nous rachetons des lampes usagées(tube à néon) dans la ville, par la suite nous les découpons et nous installons à l’intérieur de ces lampes, des petites ampoules que nous extrayons des torches venant de la Chine( (LED). On fabrique un boîtier en bois dans lequel on installe un système d’alimentation, puis on installe un interrupteur qui permet d’allumer ou d’éteindre l’ampoule décrit-il.

Au dire de Pascal Ouédraogo, il a commencé ce travail à Bobo-Dioulasso il y a de cela un an. Fort heureusement, ces derniers mois, le système a été adopté par de nombreuses personnes. Mes clients sont entre autres les gens des villages environnants, les citadins qui vivent dans les quartiers périphériques, mais aussi des gens qui installent le système dans leur maison pour qu’en cas de coupure il puissent l’utiliser nous confie t-il. Les prix du dispositif varie entre 750 et 1500 FCFA.

Selon Zango Souleymane, commerçant de cordes au grand marché de Bobo-Dioulasso, ce système d’éclairage facilite beaucoup la vie des gens en ce qui concerne le problème d’éclairage domestique. Par exemple chez moi j’ai accès au courant électrique, mais j’ai installé aussi le dispositif dans ma maison. Chaque soir, c’est par ce système que j’éclaire ma maison et j’utilise juste mon courant électrique soit pour écouter la musique ou pour regarder la télévision. Quand je mets les piles, je peux faire deux mois sans problème lance t-il fièrement.

Comme Monsieur Zango, le jeune Valentin, commerçant habitant le quartier Sarfalao a aussi fait l’expérience de ce type d’éclairage. Pour éclairer ma maison, j’ ai utilisé tout d’abord une lampe à pétrole. Chaque fois le pétrole salissait mes effets d’habillement. J’ai migré vers la batterie automobile. J’ai aussi rencontré le fait de toujours devoir le ramener à la charge. Mais avec ce système si tu paies le dispositif et tu mets soit deux ou 4 piles de 200 francs ça dure longtemps. Raison pour laquelle depuis trois mois j’ai abandonné le système de batterie pour utiliser ce nouveau dispositif, qui est nettement moins cher avec des résultats appréciables.

Le pétrole n’est plus bien vendu

Il y a des personnes qui pensent que notre travail n’est pas bien car on « gâte » le marché du pétrole s’inquiète Pascal. Pour ce dernier, sa préoccupation reste d’aider les populations pauvres à améliorer leurs conditions de vie. Raison pour laquelle, il travaille à vulgariser ce système en milieu rural. Sarambé Zalissa commerçante de pétrole, confirmera ces dires.Ces derniers mois, notre chiffre d’affaire a beaucoup chuté. Les grands consommateurs du pétrole ici, c’était les ménages qui n’ont pas accès au courant électrique. Mais avec l’avènement du dispositif d’éclairage avec les piles, la plupart des gens ont abandonné leur lampes à pétrole.

Zalissa apprécie alors de façon mitigée le système. Comme ce sont des burkinabé qui ont inventé ce système je pense que c’est bien mais par rapport à mon commerce ce n’est pas du tout intéressant dit elle en souriant.

Mme Ouédraogo Sénatou, ménagère habitant le nouveau quartier Belle Ville, a elle aussi arrêté son commerce de pétrole. « Je vis dans ce quartier il y a de cela deux ans. Le quartier n’est pas encore électrifié donc j’utilisais une lampe à pétrole. Mais depuis trois mois, mon fils a installé dans ma maison ce dispositif d’éclairage. Grâce à cela je n’ai plus de problème la nuit car toute ma maison est bien éclairée. Il faut dire que je vendais du pétrole. Mais avec l’avènement de cette solution d’éclairage, mon pétrole ne s’achetait plus donc j’ai arrêté ce commerce dit-elle.

Hassani, paysan vivant à Seguéré à une soixantaine de Kilomètre de Bobo, dira ceci : je ne sais comment décrire les bienfaits de ce système d’éclairage pour nous les paysans. Aujourd’hui dans ma localité presque tout le monde utilise ce système pour son éclairage et nous en sommes très contents et reconnaissants aux inventeurs. Vivement qu’une telle invention d’alimentation voit le jour pour nos ordinateurs.

Roukiattou Ouédraogo Bntic

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