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Gestion de crises au sein des communes : Une potion appelée motion de défiance
Le développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication, la politique nationale en matière de médicine et de pharmacopée traditionnelles et le projet de loi portant code général des collectivités territoriales sont les questions abordées lors du 20e point de presse du gouvernement le 15 octobre 2004.
Adama Fofana, le ministre des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement était, face à la presse, entouré des ministres Alain Yoda de la Santé et Moumouni Fabré de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
Le forum national sur les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) d’avril dernier a pu dégager la stratégie d’opérationnalisation du Plan de développement de l’infrastructure nationale d’information et de communication.
Avec cet outil, dira le ministre Fofana, le gouvernement veut d’une part promouvoir les NTIC en les rendant accessibles à tout le monde et d’autre part utiliser ces technologies comme de puissants leviers dans la réalisation des objectifs du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté.
La stratégie d’opérationnalisation de ce Plan couvre la période 2004-2006 et coûtera 45 milliards de F CFA. La conduite de l’opération nécessitera la création d’un Conseil d’orientation stratégique de la promotion de la société de l’information (COPSI).
Ce conseil sera la garantie et la cohérence de l’ensemble du système et sera placé sous l’autorité du chef du gouvernement. Le COPSI sera appuyé par l’Observatoire de la société de l’information (OSI), chargé de suivre les indicateurs, d’assurer une veille technologique et juridique et d’instaurer un débat et une concertation permanente avec les parties prenantes (Etat-privés-partenaires).
45 milliards à investir
Enfin, la dernière pièce de l’édifice sera les comités sectoriels de pilotage, au nombre de six : e-gouvernement, e-éducation, e-santé et protection sociale des pauvres, e-service pour le développement rural, e-commerce, et pour terminer, le comité création d’un environnement propice à la mobilisation du potentiel NTIC.
Quant à Joachim Tankoano, le délégué général à l’informatique, il a donné des détails sur ce Plan et précisé que cette stratégie va mettre en milieu rural des points d’accès à la radio, à la télévision et à internet.
Pour lui, cet investissement utile de 45 milliards va révolutionner le secteur des NTIC dans notre pays. Abordant le point sur la politique nationale de médecine et pharmacopée traditionnelles, le porte-parole du gouvernement a affirmé qu’elle vise à assurer la promotion et la valorisation de ce secteur.
Désormais, la loi reconnaît officiellement la médecine et la pharmacopée traditionnelles comme faisant partie du système sanitaire burkinabè.
Selon le ministre de la Santé, Alain Yoda, au Burkina, on compte 30 000 tradipraticiens dont le dixième officie à Ouagadougou. Le ministre a ajouté qu’en ce domaine, notre pays regorge de potentialités.
A ce jour, on a pu répertorier au Faso plus de 2 000 plantes médicinales. Le commerce de ces plantes à l’exportation s’évalue à 10 milliards F CFA par an. Ces plantes reviennent ensuite au pays sous forme de sirop, de comprimés ou de pommade La phase de sensibilisation et d’information est en cours et durera 12 mois. A terme, chaque tradipraticien sera identifié sur un fichier avec les maladies qu’il peut soigner.
Le maire sera obligé de déléguer une partie de ses pouvoirs
Quant au projet de loi portant code général des collectivités territoriales, le ministre Adama Fofana a déclaré qu’il répondait à la communalisation, qui sera le socle de l’organisation du territoire national. C’est pourquoi, il faut étendre les communes sur tout le pays en créant des communes rurales qui s’étendent sur l’ensemble du territoire départemental.
Si ce projet de loi est adopté, le Burkina comptera 450 communes. C’est dire qu’on ne saura plus les gérer au niveau central. C’est pourquoi, a dit le ministre Fabré, on a introduit la motion de défiance, qui permet à la commune de gérer elle-même ses problèmes et d’éviter ainsi les blocages au sein des conseils municipaux. Ce système contraint le maire à céder quand il est mis en minorité.
Pour éviter la gestion solitaire de la commune, le maire sera obligé de déléguer une partie de ses pouvoirs à ses deux premiers adjoints. Moumouni Fabré est convaincu que si les choses se passent ainsi, nos communes seront mieux gérées.
Même si on ne nous le dit pas expressément, cette loi n’est peut-être pas si innocente. Sans doute a-t-elle été suscitée par les récentes crises qui paralysent les communes comme celles de Ziniaré et de Ouahigouya.
San Evariste Barro
Source L’Observateur Paalga (Ouagadougou)
