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Gestion des noms de domaines : des professionnels des TIC mènent la réflexion
Il se tient du 9 au 13 janvier 2011 à Ouagadougou le premier atelier technique sur les opérations de registre DNS (IROC). Cette initiative est de l’Autorité de régularisation des communications électroniques et des postes (ARCEP) en collaboration avec l’Africain Top level domain (AFTLD). La cérémonie d’ouverture a eu lieu le lundi 9 janvier 2011.
"Les noms de domaines, ce sont les noms qu’on donne pour pouvoir regarder un espace sur internet et ce sont des ressources nationales qui sont utiles. Pour le cas du Burkina Faso c’est le .bf", telle est la définition donnée par le ministre des Transports, des postes et de l’économie numérique, Gilbert Noël Ouédraogo. C’était à l’ouverture du premier atelier technique sur les opérations de registres DNS (IROC) qui est intervenue le 9 janvier dernier à Ouagadougou. Pour Gilbert Noël Ouédraogo, l’intérêt d’un tel atelier est de former les professionnels des TIC et de permettre à ces derniers de mieux gérer ces noms de domaine. Il poursuit en faisant remarquer que chaque ordinateur a une adresse IP qui se traduit par des chiffres, et qu’il est toujours bon d’avoir des noms de domaines qui soient plus familiers et qui permettent de communiquer sur son adresse et d’avoir les informations recherchées.
A titre d’exemple, une entreprise burkinabè qui souhaite communiquer et se positionner auprès des internautes burkinabè a tout intérêt à posséder une extension en ".bf". Cela lui permettra de souligner la présence de l’entreprise au Burkina Faso et son assujettissement aux lois nationales. Au Burkina Faso, la gestion des noms de domaine en ".bf" est actuellement confiée à l’Autorité de régularisation des communications électroniques et des postes (ARCEP). C’est ainsi que l’ARCEP, conformément à ses missions, a entamé en 2010 le processus de re-délégation de la gestion du point (.bf). Ce processus s’est achevé en février 2011 par la reconnaissance de l’ARCEP par l’ICANN (l’internet corporation for assigned names and numbers) comme registre officiel en charge de la gestion du nom de domaine de premier niveau .bf. Le ministre Gilbert Noël Ouédraogo a souligné que l’Afrique et particulièrement notre pays accuse un grand retard dans la gestion des noms de domaine.
Le Burkina Faso doit combler son retard
A titre d’illustration, en mars 2011, la Côte d’Ivoire en (.ci) avait 2 000 noms de domaines enregistrés, le Sénégal (.sn) 4 000 noms et le Burkina Faso (.bf) à peine 1 000 noms de domaine. Pour le ministre, ce retard doit être impérativement comblé à travers une telle rencontre pour mettre notre pays au même diapason que ceux de la sous-région. En plus des pays pris individuellement, le continent africain va se doter de son premier nom de domaine (.africa) avec un serveur racine et tous les outils de configuration d’adressage et cela à compter de ce mois de janvier. Pour le ministre, ce sera une évolution majeure pour l’accès à internet en Afrique.
Le présent atelier bénéficie de l’appui des partenaires tels que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le directeur de la Francophonie numérique de l’OIF, Pierre Ouédraogo, a mentionné qu’au regard de l’importance de l’internet dans tous les secteurs de l’activité humaine, les Etats africains doivent réajuster leurs systèmes informatiques pour entrer dans le concert des grandes puissances. "Si l’Afrique francophone ne relève pas ces défis, elle s’expose aux délocalisations numériques qui lui seront demain préjudiciables", a souligné Pierre Ouédraogo. Il ajoute que sur le plan politique, l’histoire récente a montré que le nom de domaine internet national fait partie des moyens de pression internationale, et qu’il faut exercer pleinement sa souveraineté nationale pour éviter toute surprise.
Cet atelier fait suite à l’une des recommandations du sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) tenu en novembre 2005 à Tunis, formulées à l’encontre des décideurs politiques. Ce sommet avait invité les pouvoirs publics à gérer ou superviser, selon le cas, leurs noms de domaine respectifs de premier niveau, à favoriser la sensibilisation à l’utilisation de l’internet et à faciliter l’établissement de points d’échanges internet nationaux et régionaux. Les participants sont venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe. La clôture interviendra le 13 janvier prochain.
Par Ambèternifa Crépin Somda
