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Grève à l’ONATEL
Assis en plusieurs groupes devant la Bourse du travail de Ouaga, les travailleurs de l’ONATEL, habillés en polo, se divertissaient avec des jeux de société et de la musique pour tuer le temps. Selon Valentin Sawadogo, S.G. du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL), la manifestation a pour objectif de protester contre la stratégie de la privatisation de l’office qui ne profitera pas au Burkina Faso, et viole certaines clauses déjà préétablies. En effet, en 1999, lors d’un séminaire qui a réuni l’Etat et le SYNATEL, il avait été convenu qu’en cas de privatisation, les actions devraient être détenues en majorité par des nationaux. Or, pour la situation actuelle, des 7 sociétés candidates, à savoir Monaco Telecom, Maroc Telecom, France Telecom, Detecom (Allemagne), Essar Teleholdings (Italie), Saoudi Telecom Compagny (Arabie Saoudite) et Systema / MTS (Russie), celle retenue sera actionnaire à 51%. Toujours selon lui, l’expérience a montré que les pays qui ont vécu la même situation n’en ont pas profité. Pour ce faire, le syndicat demande au gouvernement de réunir une instance pour réfléchir à ce problème de privatisation très délicat pour l’avenir de la société. Selon les syndicalistes, elle pénalisera les travailleurs par rapport à certaines indemnités qui vont disparaître. Par ailleurs, une autre grève est prévue dans les jours à venir si rien n’est fait pour changer les données.
Notons également qu’au moment où les travailleurs de l’ONATEL débrayaient, ceux des sociétés liquidées avaient prévu une marche pacifique suivie d’un sit-in. Mais le tout a été reporté sine die. Prévue pour le 25 juillet 2006, la marche n’a pu avoir lieu, car la réponse du maire de la ville de Ouagadougou excluait les sit-in marquant les temps forts de la manifestation. La mairie a jugé que la place des Nations unies et celle des Cinéastes, choisies pour les sit-in, étaient situées sur des axes routiers à trafic régulièrement intense. Ces ex-travailleurs de Faso Fani, de la Compagnie d’exploitation des mines d’or du Burkina (CEMOB), de l’Office national des barrages et des aménagements hydro- agricoles (ONBAH), de la Société de recherche et d’exploitation minière du Burkina (SOREMIB), et de l’Office national de l’assainissement et de l’environnement (ONASENE) voulaient manifester pour sensibiliser l’opinion publique et les organismes internationaux sur le mauvais comportement du gouvernement, a expliqué Baba Amidou Traoré de la CEMOB. Pour lui, l’impunité a duré 4 ans pour certains, et 17 ans pour d’autres, et pourtant, après la phase judiciaire, le gouvernement devait payer tous les droits des travailleurs. Mais jusqu’à présent, personne n’a perçu un centime.
Luc DABOU (Stagiaire), www.lepays.bf
