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L’accès aux TIC à Diapaga chef lieu de la province de la Tapoa un bilan deux ans après

L’accès aux TIC à Diapaga chef lieu de la province de la Tapoa un bilan deux ans après

16 juillet 2004, 10 novembre 2006, voila deux ans trois mois 25 jours jour pour jour que nous avions fait un reportage sur l’utilisation du téléphone et l’Internet dans la province de la Tapoa. Nous avons fait le déplacement pour voir si les choses ont évolué ?

Retour sur les événements de juillet 2004
En 2004 dans la Tapoa le nombre de lignes téléphoniques
selon l’annuaire de l’Office National des Télécommunications du Burkina Faso (ONATEL) était de 291. Celles de la ville de Diapaga s’élevaient à 114 à la même période. Il y avait cinq télécentres publiques un cyber café ouvert par l’association Tin Tua le 19 juin 2004 à Diapaga. La province n’avait pas accès à la téléphonie mobile, au signal de la télévision nationale et l’accès au signal de la radio nationale avaient des difficultés. La télédensité dans la zone était de 0,922 lignes pour 1000. À l’époque pour téléphoner dans un télécentre, il fallait souvent faire le rang. Le coût de connexion à l’Internet variait entre 1 500 FCFA et 2000 FCFA avant l’ouverture du cyber de l’association Tin Tua.

Le point de la situation en novembre 2006
Aujourd’hui dans la Tapoa ; le nombre de lignes fixes a augmenté. L’ONATEL a effectué des travaux permettant de faire une extension du réseau. Dans la ville de Diapaga ; le nombre de lignes est de 123. Ce faible nombre de ligne fixe aujourd’hui pourrait s’expliquer par l’accès de la ville au réseau de la téléphonie mobile. Notre ami Jery qui avait fait sa demande à l’ONATEL pour la création d’un télécentre qui durait plus de six mois en 2004 a obtenu gain de cause. Son télécentre à la boutique le Souhait II est ouvert depuis quelques mois. Aujourd’hui dans la ville de Diapaga on compte quatre nouveaux télécentres dont un télécentre sans fil Dyamanan
" un produit de TELMOB du groupe de la Téléphonie Mobile de l’ONATEL. La ville est désormais couverte par le réseau TELMOB. Cette couverture va jusqu’à Tansarga, Tambaga, Namounou,Tansarga, Tambaga, Namounou sont des chefs-lieux de départements situés à plus de 25 km de Diapaga.

Le téléphone mobile

Aujourd’hui dans beaucoup de villages de la Tapoa, il y a des possesseurs de téléphones portables. La plupart de ceux qui possèdent un téléphone portable sont les fonctionnaires de l’Etat (enseignants du primaire ou du secondaire, les agents des services périphériques de la santé ou ceux de l’agriculture et de l’élevage), les populations locales. Depuis l’accès de la province au réseau de la téléphonie mobile, il y a une réduction sensible des déplacements entre les populations de l’intérieur de la province et celles de Diapaga et d’ailleurs.

Le Net
Le cyber de l’association Tin Tua ouvert en juin 2004 a fermé ses portes depuis un certain temps pour faiblesse de débit de connexion. Mais la ville de Diapaga à deux cybers aujourd’hui à la Radio communautaire locale "BUAYABA" en langue goulmantchéma qui veut dire "aimons-nous les uns et les autres". Ces deux cybers sont : ADEN (de la coopération française) et celui de la Francophonie. Le premier fonctionne avec 7 postes dont un serveur utilisant un système d’exploitation LINUX et le second avec 5 postes dont un serveur qui fonctionne avec le système d’exploitation Windows. Le cyber de ADEN est connecté au réseau Internet par liaison V-SAT et celui de la Francophonie par une LS (Liaison Spécialisée). Ces deux cybers si vous n’êtes pas renseigné vous les prendrez en un seul. Car ils ont un même gérant et utilisent aujourd’hui la connexion V-SAT. Mais de temps en temps utilisent la LS en cas de perturbation sur la V-SAT.

Depuis 2005, la ville à accès au signal de la télévision nationale du pays grâce à une antenne relais.

Les moyens de transport
C’est vrai qu’aujourd’hui la ville ne connaît plus le désenclavement télécommunicationnel de 2004. Les populations arrivent aujourd’hui à résoudre des problèmes en ville tout en restant dans leurs villages. Les 67km entre Diapaga et Kantchari restent toujours un parcours de combattant. La Société de Transport Mixte Brangrin qui faisait la navette chaque jour entre Ouagadougou et Diapaga le fait deux fois par semaine actuellement (vendredi retour à Ouagadougou le samedi et lundi retour mardi). A cela s’ajoute quelques petits exploitants routiers privés dans l’informel avec des minicars où la sécurité laisse à désirer. L’un des plus grand est la société de Transport Congo et Frère (TCF). Cette société utilisent des cars d’un autre âge. C’est par cette société que nous avons fait le voyage retour. Le car de TCF part de Ouagadougou chaque samedi, le marché de Namounou a lieu chaque dimanche.

Les avis des uns et des autres sur le téléphone et le Net dans la zone

Sur le Net
Lydo Hama le chef de la station de la radio BUAYABA

Monsieur Hama comment êtes-vous parvenu à obtenir deux cybers dans le même espace ?

A l’époque nous connaissons des difficultés quand l’accès aux TIC. Alors que les coûts du téléphone étaient très élevés nous avons alors monté un projet d’un cyber que nous avons introduit à la Francophonie et à la coopération Française. Heureusement pour nous, nos deux projets ont été retenus. Le cyber de la francophonie qui est le premier a été inauguré en novembre 2004 et l’autre quelques mois après.


Est-ce qu’il y a de la clientèle pour le cyber ?

Oui, on ne se plaint pas mais nous pensons que les gens sont toujours réticents. La réticence est due au fait que les gens ont honte de venir dire qu’il ne savent pas utiliser un ordinateur ou qu’ils ne savent pas naviguer. Alors que nous ne voyons pas de honte à venir apprendre quelque chose qu’on ne connaît pas. C’est une école et l’apprentissage n’a pas de limite. Aujourd’hui comme nous avons la radio nous faisons des campagnes de sensibilisation. Nous incitons les gens à venir ouvrir au moins un boîte électronique. Nous faisons des prix pour élèves à 300 FCFA l’heure de connexion et 150 FCFA 30 minutes de connexion. Pour les adultes et les travailleurs nous faisons la connexion à 600 FCFA l’heure et à 300 FCFA 30 minutes de connexion.

Vous parlez de sensibilisation à l’utilisation du Net comment vous faites cela ?

Personnellement, j’approche les responsables de services : les directeurs provinciaux des services de l’Etat, les enseignants et les agents des autres services de l’Etat et des projets de développement présents dans la ville pour les inciter à l’utilisation du Net. Nous faisons aussi des campagnes publicitaire à la radio. (...) Ce que je vais vous dire ne mettez pas cela dans votre rapport (rire). Il y a quelques jours lors d’une rencontre entre responsables de services de la ville au Haut-Commissariat me disait quelqu’un qui est un fonctionnaire que je respecte beaucoup : ha ! la radio a évolué. Vous vendez même du café maintenant (rires). Alors cela voudrait dire qu’au sein même des fonctionnaires, des responsables de services beaucoup ignorent ce que veut dire cybercafé à plus forte raison la navigation Internet. Aujourd’hui, il y a des documents administratifs de certaines directions provinciales et des antennes des projets de développement qu’on me demande d’envoyer à travers à travers ma boîte personnelle. Cela parce qu’il n’ y a pas de connexion dans le service, soit parce que le responsable n’a pas de mail ou qu’il ne sait pas naviguer. C’est donc dire qu’il reste beaucoup à faire. Mais dans tous les cas notre campagne commence à donner des fruits car aujourd’hui beaucoup d’élèves et travailleurs s’intéressent de plus en plus au Net.

Quelle est votre stratégie pour l’avenir ?

Notre stratégie c’est de continuer dans la campagne médiatique de sensibilisation parce que nous avons les moyens qui est la radio. C’est de continuer à approcher les gens pour qu’ils s’intéressent au Net. Dans les mois à venir nous comptons transférer notre LS à Kantchari. Dans cette ville frontalière où il y a beaucoup d’activité commerciale, de transfert de documents (service douanier ou de transit de marchandises), nous pensons que la présence d’un cyber serait plus que nécessaire. Car ici à Diapaga avec la liaison V-SAT nous pouvons couvrir les besoins de la clientèle. Aussi à Diapaga nous ouvrons le cyber de 8h à 12h et de 16h à 22h pour permettre aux travailleurs de venir au cyber. Enfin nous encadrons les clients gratuitement dans l’ouverture et la gestion de compte. Nous allons poursuivre dans cette lancée. Dans les jours à venir, nous comptons donner des formations, pour cela nous attendons un stagiaire qui viendra nous épauler.

Noula formateur CBN (Centre Banma Nuara) à l’association Tin Tua de Diapaga
Banma Nuara en goulmantchéma veut dire l’éveil de la connaissance.

Noula pourquoi fréquentez vous le cyber café ?
J’échange avec des amis à Fada et de l’étranger. Je ne possède pas de téléphone portable et le Net reste un moyen de communication privilégié pour moi. Etant donné que la communication par le téléphone coûte cher et je suis enseignant CBN dans un village de Diapaga à 19 km, il me revient un peu difficile de gérer un téléphone, aussi, il y a le réseau que par endroit. Alors avec le Net chaque fois que je fais un tour à Diapaga je vais au cyber lire mes messages et profiter répondre avec moins d’une heure de connexion à 600FCFA. Ce qui ne serait jamais possible avec le téléphone.

Mr Noula avez-vous eu une expérience heureuse avec le Net que vous aimeriez nous la partager ?
Oui, une fois j’avais des papiers (dossiers d’Etat civil et administratives) à Fada avec un frère. Ce frère a un téléphone mais je n’avais pas assez d’argent pour l’appeler. Alors j’ai décidé d’envoyer un mail à un ami qui est à Fada pour qu’il passe récupérer mon dossier et me l’envoyer à Diapaga parce que je voulais déposer ma demande d’autorisation d’enseigner à l’inspection de l’enseignement de base et de l’alphabétisation à Diapaga dans un délai qui était très proche. Cet ami quant à lui consulte son mail chaque jour. J’ai pu recevoir mon dossier trois jours après dans le délai et j’ai pu déposer.

Le téléphone portable au village

Le cas de David

David est dans le village Kogoli à une trentaine de kilomètre de Diapaga. David à un téléphone portable. Le téléphone de David bien que personnel appartient aujourd’hui à sa communauté entière. Pendant que nous étions avec lui ce dimanche 12 novembre vers 14 heures un fils du village au collège à Fada l’appela d’informer son père qu’il était malade et qu’il avait urgemment besoin d’argent pour se soigner. C’était une information très sensible. David était obligé de trouver un enfant envoyer faire la commission à ces parents à plus de 4 km de chez lui. Mais avant cela un cousin de David était venu le voir pour qu’il bippe(faire sonner son téléphone et raccrocher avant que l’autre ne décroche, comme cela, on ne paie rien) son frère à Ouagadougou. Le réseau dans ce village n’étant pas toujours disponible partout David nous laissa à l’ombre de son tamarinier pour aller à 60 mètres de nous pour effectuer le bip. David a bippé plus de deux fois le frère de Ouagadougou qui n’a pas réagi. Alors il a décidé d’appeler le Ouagalais pour son cousin. A son retour sous le tamarinier après nous avoir expliquer ce qui s’est passé, nous lui avons demandé comment il gérait ce genre de situation ?
"chaque fois je suis obligé d’avoir un crédit dans mon téléphone. Il est très difficile pour les gens du village de comprendre que j’ai un téléphone que je ne puisse pas joindre quelqu’un. L’appel que j’ai effectué pour le cousin pour lui c’est rien. Si je refusais de le faire il ne comprendra jamais que c’est des dépenses que j’ai effectuées. Il dira à tout ceux qui veulent l’entendre que je suis méchant. C’est alors dire qu’au village bien que le téléphone aide les gens, il peut aussi créer des problèmes" ; se plaint David.

Pour David depuis qu’il a ce téléphone cela a réduit beaucoup de choses. Avant pour avoir les nouvelles des frères de Ouagadougou, de Bobo et du Bénin il était obligé de mettre de l’essence dans sa moto aller à Namounou à une dizaine de kilomètre de son village pour communiquer avec eux. Mais aujourd’hui il reste sous le tamarinier devant sa porte pour parler avec eux. Aujourd’hui rien ne peut se passer dans le village sans que ces frères ne soient informés et rien ne peut se passer chez ses frères en ville sans que lui aussi ne soit informé.

Charles Dalla Sociologue en mission pour Burkina NTIC,

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