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La VoIP au Burkina : état des lieux et perspectives

lundi 8 janvier 2007

Le samedi 09 décembre 2006 s’est tenu à Splendide hôtel un séminaire organisé par l’Institut International pour la communication (IICD) en partenariat avec ZCP informatique sur le thème : « la téléphonie sur Internet (VoIP) ». Le séminaire a connu la présence de l’Office National des Télécommunications (ONATEL), l’Autorité de Régulation des Télécommunication (ARTEL), la Délégation Général à l’Informatique (DELGI), Yam Pukri, IABER, Songtaaba, FEPPASI, Pag La Yiri, Sahel Solidarité, la Banque Commerciale du Burkina (BCB) ainsi que de nombreuses autres structures.

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Une vue du public lors de la rencontre

Le développement des nouvelles technologies offre des perspectives intéressantes pour les entreprises, mais également soulève énormément beaucoup de questions sur le plan légal, organisationnel et de maitrise de savoir faire. Il ya de cela quelques années, une entreprise informatique de la place(ZCP) a eu une descente de la police dans ses locaux pour le donner un ordre d’arrêter son service de VoIP qu’il a rendu public. Actuellement, certaines sociétés utilisent des technologies sans aucune règlement réelle sur le sujet. Il existe donc un flou autour de la question de VoIP qu’il est important de réunir les opérateurs publics, privés et la societé civile pour échanger. VoIP veut dire en anglais Voice Over Internet Protocol. Mr Mahamadi Zongo a présenté les conditions techniques et le matériel nécessaire au fonctionnement de VoIP. Mr Soumaïla Ouattara a présenté l’exemple de l’utilisation de VoIP à la Banque Commerciale du Burkina. En effet la BCB compte à Ouagadougou 4 agences plus son siège, à Bobo-Dioulasso une seule agence. L’utilisation de VoIP en interne a permis à la société d’économiser en un mois plus de 1 000 000 FCFA sur les frais de communication. Après Mr Ouattara, Mr Zongo Nongomzemga de l’Autorité de Régulation des Télécommunications a présenté la loi en vigueur actuellement au Burkina Faso sur l’usage de VoIP. Ensuite Mr Ousséni Zongo a présenté l’expérience Européenne en matière de VoIP.

A la fin du séminaire, nous avons profité poser quelques questions à Ousséini Zongo, Soumaïla Ouattara et Zongo Nongomzemga afin de comprendre certains aspects de la téléphonie sur le Net. Voici la substance de ces interviews.

Le Burkina dispose d’hommes qualifiés pour la vulgarisation de VoIP. Mr Ousséni Zongo de l’IICD Mr Zongo quel est l’importance de VoIP pour un pays comme le Burkina Faso ? L’utilisation de VoIP au Burkina Faso permettra de réduire sensiblement les coûts de communication. Aujourd’hui les gens ne communiquent pas beaucoup parce que la communication coûte cher. Si par exemple les femmes de l’association Songtaaba à Boussé ou à Saponé pouvaient téléphoner presque gratuitement pour informer le siège de l’association des ventes du jour, pour demander des solutions à des problèmes qui se posent à elles sur le terrain ça serait une bonne chose pour leur association.

Pensez-vous que le Burkina Faso a les moyens humains pour réaliser un tel projet ? Oui, le pays dispose d’hommes qualifiés pour la vulgarisation de VoIP. Ce dont nous avons besoin, c’est une bonne bande passante.

Dans votre présentation vous aviez dit qu’il est très difficile de contrôler les communications à travers VoIP. De ce fait, l’utilisation d’un tel système pourrait favoriser des problèmes d’insécurité au niveau national. Pensez-vous qu’on a les moyens pour contrôler les communications afin que le Burkina Faso de deviennent pas une destination privilégié de communication entre terroristes ?

Au Burkina, il faut réfléchir à la sécurité. Dans notre pays, il y a des hommes qualifiés en matière de sécurité informatique et Internet. Il faut qu’on soit franc sur ce point, il y a beaucoup de burkinabé très compétents dans le domaine de l’informatique et des TIC. Maintenant c’est comment essayer de les réunir pour réfléchir à la chose. On n’a pas besoin de la technologie, on a besoin du contenu. On a besoin que les uns et les autres s’asseyent et réfléchissent ensemble sur la chose et mettre place un processus pour assurer la sécurité, contre les délinquances et les vols sur le Net.

Quelle suite réservez-vous à ce séminaire ?

Durant ce séminaire tout le monde m’a posé la question quant à la suite réservée au séminaire. Le plus important c’était de poser le problème. Tout dépendra des acteurs eux mêmes. S’ils font sentir la nécessité d’une autre rencontre pour approfondir les connaissances sur VoIP, on verra par rapport à la demande si en 2007, il y a la nécessité de tenir une autre rencontre. Nous à l’IICD, nous donnons plein pouvoir aux acteurs. C’est aux acteurs eux-mêmes de voir si VoIP les arrange. Peut-être que c’est nous qui voulons voir si VoIP les arrange. Peut être que eux n’en veulent pas. Alors s’ils font sentir le besoin d’une rencontre en ce moment on pourra préparer un deuxième séminaire pour pérenniser notre action de ce matin.

L’utilisation de VoIP au Burkina est pour le moment illégal Mr Zongo Nongomzemga de l’ARTEL

Mr Zongo Nongomzemga nous venons de suivre un séminaire sur la téléphonie sur Internet, quelle est la réglementation en vigueur au Burkina Faso sur le phénomène ?

Je me nomme Zongo Nongomzemga. Je suis le chef de service technique de l’ARTEL. Dans ma présentation, j’ai donné l’état actuel des lieux de la voie sur IP au Burkina. Actuellement nous sommes entrain de lancer une étude par rapport à la VoIP, nous avons récupéré les offres et nous sommes en dépouillement. Sinon à la date d’aujourd’hui si quelqu’un veut commercialiser ce moyen de communication, il n’est pas en règle vis-à-vis de la loi qui existe actuellement sur les télécommunications au Burkina Faso.

Aujourd’hui VoIP existe et c’est une priorité pour les acteurs locaux quelles sont les perspectives pour les mois à venir concernant la loi sur VoIP ? Les perspectives à venir c’est la réalisation de l’étude sur VoIP dans un meilleur délai. Ainsi courant l’année 2007 on pourra octroyer des autorisations d’exploitation sur le téléphone sur le Net.

L’utilisation de VoIP nous a permis de faire des économies substancielles en peu de temps dans notre société Mr Soumaïla Ouattara de la BCB

Mr. Ouattara, vous venez de partager votre expérience de VoIP à la BCB, pouvez-vous nous reprendre cela en quelques mots pour que nous puissions le mettre sur notre site ?

La Banque Commerciale du Burkina (BCB) a mis en place la voix sur IP pour interconnecter ces agences au siège et les agences entre elles. Dans l’ensemble nous interconnectons cinq sites : quatre agences à Ouagadougou plus le siège et l’agence de Bobo.

Dans un premier temps ce système permet à tous les agents des cinq site plus le siège d’échanger en temps réel et permanemment. Dans un second temps ce système permet de réduire les charges de télécommunication. En effet, vous n’ignorer pas le fait que les charges de télécommunication dans une institution financière représentent un gros poids. Donc la réduction de ce coût est une préoccupation de la direction générale. L’expérience que j’ai exposée a consisté à mettre en place une plateforme qui permet aujourd’hui à plus de 190 collègues d’échanger en temps réel entre nous.

Le système est fonctionnel depuis Août 2006. Il a permis à la banque d’économiser en termes de dépense de télécommunication. Comme autres avantages de l’utilisation de ce système, il permet aussi de laisser un message vocal entre collaborateurs. Si vous manquez un collaborateur sur un site vous pouvez laisser un message pour lui. Vous pouvez lui dire de vous rappeler ou de vous transmettre tel ou tel dossier. Cela qui représente un avantage et une instantanéité dans l’information entre agent.

Mr Ouattara par rapport à l’investissement que vous aviez fait pour mettre en place un tel système de communication pensez-vous l’amortir dans un temps raisonnable ?

Oui, pour le peu de temps que nous avons passé dans l’utilisation de ce système de communication VoIP entre agences, nous pensons que nous pourrions amortir l’investissement sur 3 ans. Les 6 premiers mois de communication sont convaincants, nous avons commencé déjà à le rentabiliser. Les statistiques montrent que nous avons produit sur un demi mois d’utilisation plus de 120% du montant de l’amortissement mensuel. Donc vous comprenez qu’on est au-delà du taux normal d’amortissement, ce qui fait que nous allons l’amortir avant terme. Alors nous allons beaucoup économiser sur la communication à travers l’utilisation de cette technologie.

Charles Dalla pour Burkina ntic.

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