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Le Net à Diapaga !?

REPORTAGE SUR L’UTILISATION DU TELEPHONE ET DE L’INTERNET EN ZONE RURALE A DIAPAGA DU 16 AU 18 JUILLET 2004

Reportage réalisé par
Charles Félix DALLA Sociologue
Avec l’appui de
Monsieur Etienne LOMPO
Administrateur scolaire


INTRODUCTION

Nous avions effectué une mission le vendredi 16 juillet 2004 à Diapaga chef lieu de la province de la Tapoa. Nous nous sommes rendus dans cette province de l’Est du Burkina pour faire un repportage sur la téléphonie rurale et l’utilisation de l’Internet. Diapaga est situé à plus de 430 km de Ouagadougou. Le trajet est reparti en deux tronçons :
Le premier tronçon Ouagadougou - Fada - Kantchari bitumé est long de 373 km.
Le deuxième tronçon Kantchari - Diapaga piste rurale long de 67 km.
Cette deuxième partie du tronçon est en très mauvais état. Ce mauvais état dû sans doute à la bonne pluviométrie de la zone, la surexploitation de la route par de gros véhicules de transport de marchandises et de voyageurs. Nous sommes partis de Ouagadougou en compagnie d’un amis administrateur scolaire et étudiant salarié de deuxième année de psychologie à 10 heures 30 minutes et nous y sommes arrivés à 19 heures 47 minutes. Nous avons donc parcurru ce trajet en 9 heures 17 minutes.
Durant le voyage nous n’avions pas senti la fatigue lors du trajet Ouagadougou-Kantchari. Mais nous nous rappellerons pour longtemps du deuxième tronçon celui de Kantchari-Diapaga. Ces 67 km nous les avons parcourus en 2 heures 30 minutes. La vitesse moyenne je vous laisse le choix de faire ce calcul.
Diapaga ne reçoit pas le signal de la télévision nationale. Elle (la ville) reçoit la radio nationale en ondes courtes avec une qualité sonore très médiocre. Il y a des périodes que l’on ne reçoit même pas ce signal de la radio nationale. Les quelques travailleurs des services périphériques de l’Etat, des projets, des ONG, des associations... qui ont les moyens utilisent des antennes paraboliques. Ces antennes paraboliques sont de deux catégories : la première catégorie reçoit uniquement la chaîne TV5 Afrique. C’est la catégorie de riches moyens. Les plus riches ou les plus nantis ont le bouquet "Canal + Satellite". Les quotidiens, les hebdomadaires et autres journaux du pays y sont absent sur le marché de la ville. Les rares journaux que l’on rencontre sont arrivés par le biais de quelques voyageurs venus de Ouagadougou ou de Fada. Diapaga reçoit difficilement les informations nationales. Car les chaînes qu’ils reçoivent ne donnent des informations sur l’Afrique quand cas de catastrophes, guerres civiles, match de football. Le seul cyber café de la ville n’a été ouvert que le 19 juin, là aussi la demande est très grande. S’il y avait des cybers nombre suffisant et à faible coût de connexion l’on pourait se permettre souvent de visiter le site de quelques journaux du pays en ligne (sur l’Internet).

I - LA TAPOA LA POPULATION, LE TELEPHONE ET LES MOYENS DE TRANSPORT

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) de 1996 la population totale résidente de la province était de 234 968 habitants. Aujourd’hui on estime à 302 492 habitants la population de cette province. Selon l’annuaire téléphonique de l’ONATEL (Office National des Télécommunications) 2004 la Tapoa compte 291 lignes téléphoniques régulièrement exploitées. La télédensité de la province est de 0,962 ligne pour 1000 habitants, soit 9 lignes téléphonique pour 10 000 habitants.

Sur l’ensemble de ces lignes régulièrement exploitées environ 70 % sont utilisées par les services périphériques de l’Etat, les ONG, les associations et la Mission Catholique. Les 30 % sont utilisés par le reste de la population sous forme de "téléphone à domicile" et les fameux télécentres ouvert au grand public.

Le téléphone est d’une très grande nécessité dans cette zone presque enclavée. Nous disons presque enclavée car sur l’ensemble des grandes compagnies de transport terrestre de voyageurs du Burkina seulement la STMB (Société de Transport Mixte Bangrin) fait la navette une fois par jour. A cela s’ajoute le transporteur par minicar : " les Dynas ". En effet Dyna est le nom d’un minicar de 15 places autorisées de marque Toyota. Les transporteurs appelent tous minicars qui présentent cette coupe "Dyna". Mais faire le trajet Ouagadougou-Diapaga par ces fameux"Dynas " que Dieu vous sauve.

Répartition du nombre de téléphone par département dans la province de la Tapoa

Départements/ nombre de lignes Nombre de Télécentres Autres lignes téléohoniques
Bottou 02 10
Diapaga 06 108
Kantchari 11 103
Logobou 00 00
Namounou 02 20
Partiaga 00 00
Tambaga 01 21
Tansarga 02 05
Total 24 267

Source : annuaire ONATEL, 2004

A Diapaga il est ressorti dans nos entretiens que depuis plus de trois ans l’ONATEL n’attribue plus de lignes téléphoniques aux particuliers. Aussi il est souvent arrivé sur le réseau des interruptions de téléphone dans la ville de deux à trois jours. Une fois cette interruption aurait même atteint deux semaines. Pendant l’escale de Kantchari (il y n’y a pas de réseau mobile dans cette localité) nous avons échangé avec des douaniers qui selon eux tous les élements du poste douanier aurait un téléphone portable. Ces téléphones portables ils les utilisent lors de leurs passages à Ouagadougou ou à Fada. A Diapaga aussi nous avons remarqué que beaucoup de travailleurs, de commerçants avaient un téléphone. Ces téléphones portables ils les utilisent dans les mêmes conditions que les Douaniers de Kantchari.
On se demande alors donc à quoi çà sert d’avoir un téléphone portable sur l’on ne peut utiliser dans sa ville et seulement que dans quelques villes. Si quelqu’un veut te joindre, c’est peine perdu. On dirait que c’est plus un phénomène de distinction sociale que d’en posséder plus que le souci de communiquer.

II - LA SITUATION DE LA TELEPHONIE DANS LA VILLE DE DIAPAGA

La ville de Diapaga compte 114 lignes téléphoniques régulièrement exploitées. La ville compte six télécentres ouverts au grand public, un cyber café a ouvert ses portes le 19 juin 2004. Selon le recensement général de la population en 1996, la ville de Diapaga avait une population de 21 731 habitants. Cette population est estimée à 27 878 habitants (source INSD) aujourd’hui. La télédensité de Diapaga est de 4 lignes pour 1000 habitants.

La demande en téléphone dans la ville est très élevée. Selon monsieur Jery et monsieur Dahani qui ont successivement déposé des demandes de lignes téléphoniques en 2000 et 2001, ils sont classés 30e et 47e sur la liste des demandeurs. Jusqu’à nos jours aucun n’a reçu une suite favorable.
L’explication donnée par l’ONATEL est la saturation du réseau. Pour monsieur Bamogo directeur de l’ONATEL Diapaga, le réseau de la province dépend du terminal de Fada. Le problème relèverait de la capacité ce terminal. C’est ainsi que l’on ne peut plus attribuer une ligne téléphonique à un particulier. La seule solution possible pour communiquer dans la ville c’est le télécentre. Pour avoir accès au téléphone dans un télécentre il faudra faire la queue.

Pour Jery, il est très difficile de partir dans un télécentre et pouvoir effectuer son appel en moins de cinq minutes quatre jours sur sept. Il arrive souvent d’attendre plus de 30 minutes avant que son tour n’arrive. Ce qui ne facilite pas la vie aux commerçants, travailleurs des services périphériques de l’Etat, des ONG, des associations et autres utilisateurs de téléphone dans la zone.

II.1-.LES TELECENTRES DE DIAPAGA

Les six télécentres que compte la ville sont : le télécentre de la paix, le télécentre Yenhalima, le télécentre la discrétion, le télécentre Tapoa bisness center, le télécentre le Contact, le télécentre de la SONAPOST (Société Nationale des Postes).

II.2- SITUATION GEOGRAPHIQUE

Les télécentres le Contact, la Discrétion, Yénhalima, la SONAPOST sont situés à côté du marché de la ville sur la route Kantchari-Diapaga. Yenhalima est collé au marché face à la route. De l’autre côté de la route et face au marché se sont les télécentres le contact, la SONAPOST, la paix. Les deux derniers, la Discrétion et Tapoa Bussiness Center sont situés dans la zone administrative, sur la route de Namounou du côté de l’ONATEL. Il faudra noter que tous ces télécentres sont situés dans un diamètre de moins de 200 mètres. Malgré cette situation de proximité on ne se plaint pas de la clientèle. Les télécentres reçoivent en moyenne entre 30 et 50 clients par jour et la recette varie quant à elle varie entre 15 000 et 22000 FCFA.

III- QUELQUES INTERVIEWS

III.1- LES GERANTS DE TELECENTRES

L’ambiance dans le premier télécentre de Diapaga

Isabelle est gérante du Télécentre de la Paix. « J’ai 25 ans, je suis la gérante de ce télécentre depuis deux ans. Le télécentre de la paix est le premier télécentre de Diapaga. Il a été ouvert en 1995. Nous ouvrons tous les jours de 7 heures à 22 heures. Notre clientèle est très diverse. Nous recevons dans le télécentre des paysans, des habitants des villages voisins, des fonctionnaires (travailleurs d’ONG, de projets, d’associations, de l’Etat), des commerçants. Il y a des jours que nous pouvons recevoir 40 clients du matin au soir souvent moins que ça. Les coûts de communications sont très élevés. Mais depuis qu’on a reduit les coûts de téléphones ça va un peu. Le souhait de tout le monde est que le temps de communication interne devienne à 75 CFA les trois minutes. Le téléphone a toujours sauvé des gens à Diapaga. Les gens appelent toujours qu’en cas de problème. Par exemple beaucoup de gens ont pu éviter le déplacement de Kantchari en venant téléphoner à 100 FCFA (la pulsion de trois minutes en communication locale). Les clients appellent généralement vers Ouagadougou, Fada et Kantchari ».

Le téléphone est devenu une nécessité

Bamogo est gérant du télécentre la Discrétion face à l’ONATEL. Il est élève de la classe de seconde en vacances à Diapaga. Il a 18 ans. « Nous recevons beaucoup de clients surtout le week-end. Cela s’explique par la réduction des coûts que fait l’ONATEL sur les communications au Burkina les week-ends. Si les gens appellent le week-end, c’est parce qu’ils trouvent que les autres jours les coûts de communication sont très élevés. Les clients appellent beaucoup à Ouagadougou, sur des portables et à Fada. Les gens viennent recevoir des appels de Ouagadougou, Fada et en provenance de l’Europe. La réception d’un appel extérieur ou local est payante. Mais c’est moins cher (15 minutes à 100 FCFA). Nous faisons des cartes de fidélités. Sur 10 000 FCFA de communication nous faisons une ristourne de 500 FCFA au client. Ce qui nous permet de fidéliser nos gros clients. J’utilise moi aussi le téléphone pour appeler ma famille à Ouagadougou. Sans le téléphone, je communique par la poste. J’ai une amie en France c’est par la poste que je communique avec elle. Le téléphone ça sauve. Beaucoup de vieux sont venus appeler leurs enfants à Ouagadougou pour avoir de l’argent pour la saison des pluies, de l’argent pour payer des céréales, pour les travaux champêtres, pour des problèmes de santé, des décès... Sans le téléphone je me demande comment ils allaient faire. Ils amènent le numéro sur un bout de papier et je compose pour eux. C’est des situations que l’on rencontre régulièrement à Diapaga. »

Bamogo avec l’utilisation de l’Internet.
« J’ai entendu parler de l’Internet à la télé et à l’école. Je n’ai jamais utilisé l’Internet. Je pense que cette année à la rentrée, je vais m’inscrire dans un centre de formation. Je n’ai pas d’anecdotes sur l’usage de l’Internet. car je ne connais pas beaucoup de gens qui l’utilise. Je crois que l’Internet est une bonne chose pour nous les élèves car selon ce que j’ai entendu on peut consulter des bibliothèques, avoir des amis. Pour que l’Internet devienne un outil de communication véritable, il faudra que depuis le lycée on nous apprenne à l’utiliser. »

III.2- UTILISATEURS DE TELEPHONE ET DE L’INTERNET

III.2.1 INTERVIEWS AVEC PERSONNEL D’INSTITUTION

Le tarif de connexion la plus chère du Burkina est à Diapaga.

Alain à 30 ans il travaille au park W. C’est le projet ECOPAS sur la gestion du park W entre le Burkina, le Bénin et le Niger. C’est un projet environnemental. « Je travaille au park W il deux ans. J’utilise régulièrement le téléphone pour appeler ma famille à Bagandé (province de la Gnagna), à Fada et en Europe. Quand j’arrivais ici il y avait déjà le téléphone. J’ai fréquenté à Fada et ma famille se trouvait à Bogandé. Je communiquais avec mes parents par la lettre. J’envoyais ces lettres par la poste ou par personne intermédiaire ou par les transporteurs. Pour recevoir la réponse on peut attendre facilement un mois, ce qui nous obligeais souvent à faire le déplacement quand il y a urgence. Les coûts de communication sont abordables, mais on peut toujours faire mieux. Si certains ont peur aujourd’hui d’appeler sur un téléphone portable c’est parce que les coûts sont très élevés. Donc il va falloir que l’ONATEL pense à ce problème.
"Un jour, quelqu’un de ma famille avait appelé à Diapaga pour qu’on m’informe que ma mère à Bogandé était malade et qu’elle serait même hospitalisée. J’ai été informé dans la soirée. Toute la nuit, je n’avais pas dormi et je n’avais même pas eu l’idée d’appeler en famille. Le matin, je me suis rendu en gare vers 7 heures pour partir par le car de 8 heures. En gare l’idée du téléphone m’est venue en tête. C’est ainsi que je me suis rendu dans le télécentre d’à côté. Quand j’ai appelé, on m’a dit que son était de santé s’était amélioré et que c’est la crise de tension qu’elle manifestait depuis qu’on était petit. J’ai même pu échanger avec elle et je n’avais plus effectué le déplacement. J’ai ainsi économisé en temps, en argent et physiquement. Je n’avais pas du tout prévu un déplacement sur Bogandé dans ce mois (transport Bogandé-Diapaga 5500 FCFA). Alors vous voyez comment le téléphone a été très utile pour moi ce jour".
Je pense que l’évolution de la téléphonie rurale et une très bonne chose et c’est très important dans le travail en équipe. Je disais tout de suite que quand j’étais au collège à Fada, je communiquais par lettre. La lettre, c’est bien pour communiquer mais c’est très lent et on n’est jamais totalement satisfait de la communication. Aujourd’hui au projet on à pu éviter beaucoup de déplacement vers Ouagadougou et Fada grâce au téléphone et à l’Internet. Au parc W tout les véhicules ont la RAC (radio de communication interne que nous utilisons) tout cela pour pouvoir être en contact à tout moment. Le contact permanent qui est très important dans un travail d’équipe ».

Alain avec l’utilisation de l’Internet

J’utilise Internet régulièrement pour échanger avec des amis européens. Dans le parc W ont fait la chasse. Pendant la période d’ouverture de la chasse, nous recevons beaucoup d’européens, d’américains, de canadiens avec qui nous gardons de très bonnes relations et échangeons ensemble. Nous avons la connexion au projet. Si nous utilisons Internet c’est parce que c’est gratuit. Le téléphone du projet on ne peut l’utiliser pour appeler en privé surtout en Europe ou en Amérique ce qui est bien normal. On peut échanger plusieurs fois par le Net gratuitement et éviter les coûts de téléphone. Pour que l’Internet devienne un outil de communication véritable il faudra d’abord former les gens à son utilisation. Tous ceux qui utilisent Internet à Diapaga aujourd’hui ont été formé à Ouagadougou ou ailleurs. A Diapaga le cyber a été ouvert le mois passé (juin 2004). Là aussi la demande est tellement forte que dire qu’on ira s’y asseoir pour apprendre à naviguer c’est faire un rêve. Il n’y a que ce seul cyber pour toute la ville, c’est un peu compliqué. L’heure de connexion est à 1 500 FCFA. Un coût qui ne facilite pas les choses. J’aimerai un jour pouvoir mettre mon CV (curriculum vitæ) sur le Net pour bénéficier d’autre offre d’emploie. Mon mail c’est : ecopas@faonet.bf

La téléphonie rurale remplace les routes

Monsieur Dahani travaille au PADL (Programme d’Appui au Développement Local). J’ai 31 ans. J’utilise le télécentre pour effectuer mes appels sur Ouagadougou, Fada, l’Europe. Le téléphone permet d’éviter les déplacements inutiles. Les coûts de communication sont très élevés surtout quand on appelle hors du Burkina. Je suis souvent obligé de demander à mes correspondants de me rappeler. Je reçois souvent des appels de plus de 30 minutes et ça on ne peut pas le faire toujours au service puisque ce sont des appels privés. Dans les télécentres la réception de coût de fil se facture. Ce coût varie d’un télécentre à un autre. On paie 100 FCFA pour 10 ou 15 minutes de réception. J’ai souvent payé 500 FCFA pour recevoir un coût de fil. On fait régulièrement le rang au télécentre pour appeler. J’ai déposé une demande de ligne téléphonique pour mon domicile en 2001. J’étais 47e sur la liste des demandeurs. Jusqu’à présent ma demande est sans suite. La réponse que l’on nous a donné chaque fois est : "le réseau de Diapaga est saturé". A Diapaga nous souffrons beaucoup pour pouvoir communiquer. Il faut faire la queue pour téléphoner. Il y a souvent des pannes sur le réseau qui conduisent des coupures du téléphone d’un, deux ou trois jours. Nous avons même eu une coupure de deux semaines ici. Une fois nous avons eu une coupure de téléphone à Diapaga j’avais une communication très importante à faire en Europe, j’étais obligé de me déplacer jusqu’à Kantchari à 67 Km avec l’état de la route pour faire la communication. A mon arrivée à Kantchari idem je suis parti jusqu’à Fada. Je suis parti à plus de 200 km pour donner un coup de fil. Vraiment ici on est souvent coupé du reste du Burkina dans ces genres de situation. La téléphonie rurale est très importante dans cette zone du pays. Dans cette zone de l’Est les pistes sont en très mauvais état. Dans les départements où nous intervenons où il y a le téléphone nous n’avons pas assez de difficultés car à tout moment nous pouvons joindre nos partenaires alors qu’où il n’a pas il faut se déplacer souvent des conditions très difficiles en cette saison des pluies. Il serait donc souhaitable que l’ONATEL y mette du sien afin de permettre à une grande partie du pays d’accéder au téléphone surtout le milieu rural. Car tout le développement passe par une franche communication et collaboration entre les différents acteurs. »

Etre internaute n’est pas une chose facile à Diapaga
« Nous avons la connexion au PADL. J’utilise Internet régulièrement. Mais sans vous mentir être internaute n’est pas une chose facile à Diapaga. Au projet c’est avec la même ligne que nous faisons le téléphone et l’Internet. Il est donc difficile de se connecter plus de trois heures dans la journée. Aussi, nous sommes combien au service à vouloir naviguer ? On était obligé d’utiliser les moyens de bord. Je partais naviguer chez un monsieur qui me faisait une heure de connexion à 2500 FCFA. je n’avais pas les choix si je veux naviguer. Sur Internet je fais du courrier, de la recherche sur le site d’autres projets de développement pour pouvoir bénéficier de leurs expériences. Le site que je visite régulièrement c’est www.yahoo.fr, le site www.rfi.fr pour les informations, le site certains de projets de développement. Aujourd’hui avec l’ouverture du "cyber jeunes"on à la connexion a 1500 FCFA l’heure. C’est moins cher que le téléphone car ce que l’on peut faire en avec 1500 FCFA sur le Net on ne pourra jamais le faire avec le téléphone. « Une fois j’avais vu un avis de recrutement dans un journal. C’était le jour de la date de clôture du dépôt des dossiers de candidature. A côté du numéro de téléphone de la maison qui recrute il y avait un mail. J’ai envoyé mon CV j’ai été présélection. Malheureusement on n’avait pas pu me joindre par téléphone pour l’entretien et j’ai échoué. C’était encore une de nos coupures de téléphone à Diapaga. C’est désagréable mais c’est comme ça ici à Diapaga ». Mon mail moussa_dahani@yahoo.fr .

Interview 5
Monsieur Bélem est le censeur du lycée provincial de Diapaga. J’ai été affecté à Diapaga il y a six (06) ans aujourd’hui. J’utilise le téléphone à partir de mon bureau et souvent des télécentres. Quand il y a une coupure du téléphone s’il y a des dossiers à recevoir ou à envoyer à la direction régionale à Fada on est obligé de faire le déplacement. Ces déplacements pendant l’année scolaire conduisent à des perturbations des cours. Dans cette province on assiste régulièrement à des perturbations fréquentes de communications téléphoniques. Ce sont des situations qui ne facilitent pas le travail. « Une fois nous avions reçu des informations de la direction régionale de l’enseignement secondaire. Ces informations nous devront les transmettre aux Collèges d’Enseignement Général (CEG)des départements. L’information était arrivée un peu tard dans la soirée. Nous avions pu joindre tous les CEG sauf un situé à un plus 60 Km à l’intérieur de la province. Dans ce département Il n’y avait pas de téléphone. Comment faire dans une telle situation d’autant qu’il y avait une rencontre avec les directeurs des CEG le lendemain. C’est ainsi que nous avons contacté le district sanitaire de Diapaga qui a joint le CSPS du département par la RAC (radio de communication utilisé par certaines structures pour leurs communications internes). L’infirmier Major du département en question a donc pu informer la direction du CEG et celui-ci a pu effectuer le déplacement. Vous voyez comment la communication est très importante dans ces genres de situation. Le téléphone nous avons plus besoin dans notre province qui est difficilement accessibles. Le développement de la téléphonie en milieu rural permet aujourd’hui de résoudre plein de problème en restant sur place. Cette situation aussi bénéfique pour les enseignants que pour les élèves. Aujourd’hui grâce au téléphone on est plus obligé de faire le déplacement dans en département (dans les CEG) pour informer ou pour recevoir certaines informations.

Monsieur Bélem et l’utilisation de l’Internet
J’utilise l’Internet mais seulement pour naviguer ici c’est très difficile. Il n’ya pas longtemps seul le PADL, le Park W, le District sanitaire étaient les seuls avoir la connexion dans la ville.
Pour pouvoir naviguer, il faudrait connaître quelqu’un dans ces institutions. Ma boîte électronique a été fermée deux fois pour non-exploitation. Mais l’ouverture du cyber de Tin Tua pourra peut être nous soulager un peu. C’est le seul cyber de la ville l’affluence est très grande. Je fais du courrier électronique généralement sur le Net. Comme nous n’avons pas assez de temps pour naviguer on se limite a l’ensentiel. Le site que nous visitons c’est celui de www.yahoo.fr . Pour que le Net devienne un véritable outil de communication il faudrait l’initié aux élèves dans le secondaire. Les élites de demain y seront issues. Il y aussi beaucoup de possibilité qu’offre l’Internet : les bibliothèques, l’actualité, la formation, les forums d’échanges...Il faudrait former les la population à l’utilisation de cet outil, il faudrait que des opérateurs économiques dans le domaine des NTIC songe à ouvrir un autre Cyber dans la ville. Sans oublier qu’il faudra revoir les coûts. Mon mail c’est : beladam2002@yahoo.fr.

Je crois que dans la sous région nous avons les coûts de communications les plus élevés

Je suis affecté à Diapaga il y a deux ans, nous dit monsieur Ouédraogo, infirmier d’Etat à l’hôpital de Diapaga. J’ai 27 ans. J’utilise le téléphone au bureau comme dans les télécentres. Les télécentres jouent un grand rôle dans cette ville. Il nous évite de faire beaucoup de déplacements. Généralement, j’envoie de l’argent à des amis à Ouagadougou ou à Fada pour me faire des provisions chaque mois. Je fais le déplacement de Ouagadougou ou de Fada par trimestre. Sans le téléphone comment j’allais faire ? Quand j’envoie l’argent, j’appelle mon correspondant pour l’avertir que j’ai envoyé un courrier. En retour, il me rappelle le jour qu’il reçoie la réponse. Vraiment pour nous, le téléphone est très important. Le transport Diapaga-Oaugadougou-Diapaga fait 11 000 FCFA. Si vous faites ce trajet chaque mois durant une année c’est une fortune. Les coûts de téléphone sont économiques par rapport aux déplacements physiques. Je crois que dans la sous-région nous avons les coûts de communications les plus élevés. Le téléphone dans tous les cas, il sauve des vies chaque jour. Nous n’avons jamais fait deux jours sans recevoir un appel urgent par téléphone ou par la RAC pour sauver un malade dans un département comme à Diapaga ville. Au cas où il y a une coupure de téléphone nous avons la RAC au district qui nous permet de rentrer en contact avec tous les CSPS de la provinces ».

J’aimerais partager mes expériences en matière de santé sur l’Internet

J’utilise l’Internet. Je ne l’utilise pas de façon régulière. Car il est difficile ici pour se connecter. La connexion que le district possède c’est uniquement à la direction. Là aussi ce n’est pas tout le monde qui a accès. Il serait donc très difficile pour nous de pouvoir faire autre chose sur le Net que le courrier électronique. Je suis sur yahoo.fr. Je ne peux même pas me permettre de faire d’autres recherches. On se contente de lire et répondre au courrier. C’est le cyber de Tin Tua qui nous sauve actuellement. Mais là aussi beaucoup de chose reste à faire. La connexion coûte 1 500 FCFA l’heure. J’étais de garde hier je suis descendu aujourd’hui (samedi 17 juillet). Je me suis reposé un peu et lorsque je me suis rendu au cyber le soir vers 17heures c’était déjà fermé. Vous savez beaucoup de gens sont disponibles les week-ends là aussi si le cyber reste fermé ça se complique encore pour nous. Les coûts de communication sur Internet sont moins chers par rapport à celui du téléphone. Chaque fois que je téléphone à Ouagadougou ou à Fada je n’ai jamais payé mois de 1000 FCFA. Mais sur l’Internet avec 750 FCFA. Je peux lire et répondre à trois ou quatre courriers. Chose qui n’est pas possible avec le téléphone. Pour l’anecdote « Il semble qu’une fois le directeur devrait envoyer le rapport trimestriel du district à la direction régionale de Fada et en cours de route le chauffeur a eu une panne. On a contacté la direction avec la RAC et comme le rapport était sur un ordinateur, on l’a envoyé par Internet ». Sans cette possibilité ce jour il aurait fallu négocier un autre véhicule dans la ville avec un autre service pour envoyer ces documents à Fada. Négocier un véhicule avec une autre institution pourrait engendrer d’autres coûts. On ne pouvait pas les envoyer dès le départ par le Net car c’est un document administratif et il y a des bordereaux à remplir des signatures qui y sont apposées qui sont très importants. Si un jour j’ai l’occasion je mettrai les expériences en matière de santé que j’ai vécu ici à Diapaga sur Internet. Je pourrai ainsi partager mon expérience avec les autres et profiter de celui des autres.

Le Directeur Local de l’ONATEL ne sait pas utiliser l’Internet !

Monsieur Bamogo directeur provincial de l’ONATEL Diapaga.
Je suis agent de l’ONATEL. Je suis en service ici à Diapaga depuis 1993. Il y a eu trois personnes avant moi à ce poste certains ont fait trois ans d’autre moins. Personnellement je ne sais pas depuis quand ONATEL Diapaga est fonctionnel. Nous avons une bonne demande de lignes sous la main. Le réseau de Diapaga relève du terminal de Fada. Ce problème ne dépend pas de l’ONATEL Diapaga. Il relève des compétences de Fada. Nous n’avons pas la possibilité d’attribuer une ligne à un particulier dans la zone tant que le problème n’est pas résolu à Fada. Le problème a été soumis a qui de droit. Nous pensons que d’ici là on trouvera une solution qui nous arrangerait tous. Depuis que l’on a annoncé la couverture de Kantchari par le réseau TELMOB (Téléphonie Mobile du réseau ONATEL), tous les jours je reçois des clients, des appels pour me demander si cette couverture pouvait atteindre Diapaga. Ce qui n’est pas possible techniquement car la distance Kantchari-Diapaga dépasse la portée de l’antenne émettrice qui y serait implantée. Oui, dans la ville beaucoup de personnes disposent de téléphone portable ils les utilisent à Fada et à Ouagadougou. Mais nous menons chaque jour une lutte pour améliorer les conditions de communications téléphoniques dans la zone.


Monsieur Bamogo et l’utilisation de l’Internet.
Je n’utilise pas l’Internet. Ici à l’ONATEL. A Diapaga nous n’avons pas la connexion à l’ONATEL.Aussi, je n’ai pas encore appris à naviguer. Mais il y a une formation prévue pour les agents des services périphériques de l’ONATEL. Je pense qu’après cela je pourrai naviguer. A Diapaga c’est le PADL, le Park W, le district sanitaire qui possède une connexion. Il y a un seul cyber café dans la ville : le cyber jeune de l’association Tin Tua. Ce centre a ouvert ces portes dans le mois de juin 2004. Pour que l’Internet soit un véritable outil de développement dans cette région il faudra le vulgariser, former les gens à son utilisation.

Interview 8
Monsieur Idani et l’utilisation du téléphone et de l’Internet
Monsieur Idani est le responsable de l’Association Tin Tua dans la ville de Diapaga. Le téléphone nous utilisons beaucoup dans cette zone. Nous intervenons dans beaucoup de villages ici où il n’y a pas de téléphone. S’il y avait le téléphone cela nous faciliterait beaucoup de chose. Ce qui n’est pas le cas entre Diapaga et Fada. Nous recevons des documents de Fada que nous ne comprenons pas. Nous appelons pour demander des explications et cela vis versa. Par le téléphone nous arrivons à résoudre beaucoup de problème. C’est alors dire que l’évolution des télécommunications dans le milieu rural permet de gagner en temps et en argent. Ce gain que nous pourrons utiliser pour faire autre chose. Ici si le téléphone ne fonctionne pas entre Diapaga et Fada on serait bloqué et obligé de se déplacer à Fada de façon régulière.

Idani et l’Internet

Je suis le premier responsable de Tin Tua ici à Diapaga. C’est dire qu’aussi du cyber. Le cyber nous l’avons ouvert le 19 juin 2004. Il y a une fille qui s’occupe de la gestion du cyber. Personnellement je ne sais pas utiliser l’Internet. Je n’ai pas encore reçu une formation dans ce domaine. Je sais que cet outil est très important dans la communication car la demande est très forte. Le temps moyen de communication par internaute est compris entre une et deux heures. Nous recevons beaucoup de clients. La clientèle est constituée uniquement de travailleurs des ONG et projet et ceux de l’Etat en général (agent de la santé, professeur du lycée).

III.2.2- UTILISATION DU TELECENTRE NON-UTILISATION DE L’INTERNET

Interview 9

Je m’appelle Josiane. J’ai 17 ans, j’ai fait la classe de quatrième. Je passe en classe de troisième. Je fréquente à Diapaga, mes parents sont à Fada. Je vis avec mes grands-parents. Je téléphone régulièrement à mes parents à Fada. Je suis toujours à Diapaga parce que ma grand-mère était malade. Je compte rejoindre mes parents la semaine prochaine. Je suis venu téléphoner à mon Papa pour qu’il envoie mon transport la semaine prochaine. Le coût de téléphone est très élevé mon Papa à un portable chaque fois que j’appelais, je payais au moins 500 FCFA. Mais maintenant avec les diminutions je paie entre 300 et 375 FCFA. « Une nuit grand-mère avait eu un malaise. Le lendemain comme ça persistait grand-père m’a dit d’appeler mon Papa. Que je l’ai appelé il est venu le même jour dans la soirée et il a amené la grand-mère à l’hôpital. Elle est restée deux jours. En tout cas si mon papa n’était pas venu ça allait être compliqué pour la grand-mère. J’ai un oncle mais il est parti au Niger depuis janvier. Il a une femme mais elle n’est pas en bon terme avec grand-mère mais actuellement ça va entre elles. Comme la grand-mère se porte mieux aujourd’hui, Je voudrais rejoindre les parents pour le reste des vacances ». Je trouve que le téléphone est très bien.

Josiane et l’utilisation de l’Internet.
J’ai entendu parler l’Internet à l’école avec le professeur d’histoire/géographie. Il nous a dit qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent intéresser les élèves : les bibliothèques, les correspondances (échanges de courrier), les informations...je n’ai jamais vu comment on l’utilise. A Fada il y a un cyber vers chez nous, j’irai voir comment ça fonctionne. J’aimerais un jour pouvoir échanger avec des américains et des canadiens. Après mon Bac je voudrais continuer mes études dans l’un de ces deux pays. Il y a un cyber à Diapaga mais je voudrais partir làbas seul car toutes mes copines sont parties en vacances. Mais si je n’ai pas pu visiter un cyber pendant ces vacances à Fada à la rentrée je le ferais ici.

Interview 10
Jery commerçant à Diapaga et l’utilisation du téléphone
Je m’appelle Jery je suis commerçant à Diapaga. J’ai suis dans la trentaine. Vraiment je suis content aujourd’hui de pouvoir m’exprimer sur quelque chose qui me tient à cœur que je n’avais jamais eu l’occasion de le dire. Avant de répondre à vos questions je vous informe que depuis 2000 j’ai déposé une demande à l’ONATEL pour pouvoir avoir une ligne pour mes affaires. Pour nous commerçant c’est vraiment très utile pour le travail. Jusqu’à présent rien. La réponse qu’on nous donne à chaque c’est "nous sommes en saturation", il faudrait patienter. Maintenant je suis à vous. J’utilise trop le téléphone j’appelle régulièrement à Ouagadougou pour 80 % de mes appels. Car tous nos fournisseurs y sont et c’est là aussi que tout le monde se ravitaille. Pour téléphoner ici dans un télécentre il faudra faire le rang. Il arrive souvent que l’on attende plus de 20 à 30 minutes. Au moins si les télécentres aussi étaient en nombre suffisant. Les coûts, oui je trouve que c’est cher puisque que l’on utilise les services de quelqu’un qui paye cher un produit il est obligé de le revendre plus cher pour pouvoir faire un bénéfice pour pouvoir payer son loyer payer ses employés et survivre (le cas des télécentres). Mais avec un téléphone personnelle (à domicile) c’est nettement mieux.
« Vous savez, je vais à Ouagadougou chaque deux semaines. J’ai pour cela un téléphone portable pour que l’on puisse me joindre lors de mes déplacements. Un jour pendant que j’étais à Ouagadougou, j’avais eu un marché très intéressant à Diapaga. Mon petit frère m’appeler pour m’informer. C’était le jour même que devrais quitter Ouagadougou. J’ai annulé le voyage et je suis resté chercher la marchandise. Si on n’avait pas pu me contacter à mon arriver à Diapaga j’allais me retourner par le même car à Ouagadougou. Ce genre de marché on le ne gagne pas toujours. Vous imaginer la distance les dépenses que j’allais faire si je n’avais pas été contacté par téléphone ? Une autre fois encore voici ce qui m’est arrivé. A chaque fois que je dois partir à Ouagadougou je verse l’argent à la BACB (Banque Agricole et Commerciale du Burkina) et c’est une fois arrivée à Ouagadougou que je récupère. Il serait dangereux de se déplacer dans un car avec une certaine somme d’argent quand on sait qu’il y a l’insécurité qui sévit dans le pays. Une fois à mon arrivé on n’arrivait pas à trouver les traces de mon argent c’est ainsi qu’on à téléphone à Diapaga pour avoir le code d’accès et c’est comme ça qu’on a pu toucher l’argent et résoudre mes problèmes. C’est deux exemples parmi tant d’autres. Dans mon travail le téléphone est plus que nécessaire ». Je viens d’appeler un ami qui est parti acheter des marchandises à Ouagadougou pour qu’au retour il m’envoie des marchandises qui sont en ruptures chez moi. Tous les commerçants qui font ces vas et viens entre Diapaga-Ouagadougou ont des portables. Ah ! Oui c’est comme ça ou on risque de disparaître. Quand le téléphone se coupe encore c’est grave on se confie qu’aux transporteurs

Jery et l’Internet
J’ai entendu parler de l’Internet. Je n’utilise pas parce que je n’ai pas encore eu l’occasion d’apprendre à l’utiliser. C’est peut être à Ouagadougou ou à Fada que l’on peut former à l’utiliser. Alors que si nous partons à Ouagadougou ou à Fada c’est pour un but bien précis. A Diapaga le cyber jeunes qui vient d’ouvrir ne fait pas la formation. J’ai connu l’importance de cet outil avec des amis qui sont à Ouagadougou. L’Internet serait très important pour nous autres si tous nos fournisseurs en faisait usage. Cela nous permettrait de rester sur place et faire nos commandes à Ouagadougou et recevoir les marchandises à Diapaga sans faire le déplacement. On économiserait beaucoup en temps, en argent et physiquement. Je crois qu’avec le temps on attendrait ce stade même si la plupart de nos fournisseurs sont des analphabètes. Je souhaite que des investisseurs dans le domaine de l’Internet investissent chez nous dans ce domaine. Car le seul centre de la ville connaît les mêmes problèmes que les télécentres (trop de client). Nous comptons sur votre journal pour améliorer nos conditions de communication. Bon retour à Ouagadougou.

III.2.3- UTILISATEUR DE TELECENTRE

Interview 11
Je m’appelle Palamanga, j’ai 58 ans environ. Je suis à la retraite. Je vis ici il y a deux ans. Je suis natif de Diapaga. Je travaillais à Fada. Je suis venu appeler mon fils à Ouagadougou. Je reçois des commissions par l’intermédiaire de ce télécentre. Les coûts de communication c’est toujours élevé. J’étais au Bénin il y a neuf mois j’ai appelé à Diapaga avec moins de 500 FCFA. Mais au Burkina à chaque fois que j’appelle à Ouagadougou je paye plus de 500 FCFA à l’intérieur du même pays, c’est ça même exagéré. Vous voyez la différence ? Comme nous n’avons pas le choix nous sommes obligés de l’utiliser ou l’on se déplacerait. Aujourd’hui le téléphone est une vraie nécessité. « il y a trois mois de cela j’ai eu un malaise dans la nuit. J’ai été hospitalisé la même nuit. Mon jeune fils a appelé son grand frère à Ouaga qui est médecin. Il est venu me chercher m’amener à Ouagadougou où j’ai reçu des soins et j’y suis resté un mois continuer le traitement. Je crois que si je suis ici aujourd’hui c’est grâce au téléphone ». Le téléphone en même tant qu’il est utile, qu’il rapproche les gens, il les éloigne. Mes enfants peuvent faire un an sans venir nous rendre visite. Mais ils appellent au moins chaque deux semaines. S’il n’y avait pas le téléphone il se déplacerait pour venir nous rendre visite régulièrement. Pour nous leurs visites physique est importante.

Interview 12
Madame Lankouandé et l’utilisation du téléphone.
J’ai 38 ans je suis institutrice. Je suis en vacances à Diapaga depuis le 25 juin. Mon mari et moi travaillons à Bobo Dioulasso. Je suis ici avec les enfants. Je viens à Diapaga chaque deux ans avec les enfants pendant les vacances. J’ai un téléphone portable mais ici il ne peut pas fonctionner à Diapaga par manque de réseau. Je suis obligé recourir aux télécentres pour effectuer et recevoir mes appels. Je dépense tout mon argent dans le téléphone. J’appelle mon mari une fois par semaine. J’appelle aussi des amies. C’est ici (le télécentre) aussi que je reçois mes coûts de fil. Je dépense plus de 1500 FCFA dans le téléphone par semaine. Le téléphone coûte trop cher. Je suis venu appeler mon mari ce matin pour pouvoir reporter mon retour à Bobo. Je dois partir à Tansarga voir ma petite sœur il y a plus de quatre an qu’on ne sait pas vue. Avant l’ouverture du premier télécentre pour communiquer c’était pas facile quand je venais en vacances. Je communiquais avec mon mari par courrier postal là aussi pour recevoir la réponse il faudra attendre au mois un mois. Il nous était très très difficile de communiquer. Chaque fois quand on venait à Diapaga si j’envoie la première lettre à mon mari pour l’informer de notre arrivé au village. La réponse que je la recevais un mois après avec le transport retour. On n’arrivait pas à communiquer régulièrement comme aujourd’hui. Malgré les coûts de communication élevés, on arrive ça même à communiquer. Je pense que le téléphone en milieu rural est nécessaire. Etant donné que les populations sont pauvres cela permet d’éviter les déplacements inutiles en ville ou même entre village. Il serait donc souhaitable pour l’Etat de développer cet outil pour permettre à une grande partir de la population du pays d’y accéder. En réduisant les coûts bien sûr (rires).

III.2.4- NON UTILISATEUR DE TELEPHONE ET DE L’INTERNET

Interview 13
Je m’appelle Yampabou. J’ai plus de 50 ans je suis commerçant de tissu traditionnel (Faso Dan Fani) au marché de Diapaga. Je ne connais personne en ville qui a un téléphone. Tous mes enfants sont avec moi dans le village. J’ai d’autres parents en ville mais personne ne m’a encore appelé par téléphone. S’il y a des commissions nous les faisons par la bouche (commissions verbales par des intermédiaires) ou par des lettres ou l’on se déplace. Je sais que le téléphone est nécessaire mais je n’ai pas encore eu besoin. « Nous avons une partie de notre famille à Tansarga une fois la femme d’un frère avait eu une complication de grossesse. Elle était restée un jour à l’infirmerie (CSPS) Tansaga. Le deuxième jour dans la soirée on a appelé l’ambulance à Diapaga. L’ambulance est allée la chercher et le même jour elle a été opérée. On a pu la sauver elle avec son enfant ». C’est pour cela que je dis que le téléphone est nécessaire. Sans le téléphone (peut être la RAC parce que les populations ne connaissent pas la différence entre les deux)

L’Internet je n’ai jamais entendu parler. Nous lui avons expliqué un peu ce que c’est que l’Internet. Ses réponses après explication : Tu sais le Faso Dan Fani ici au village se sont les vieux qui en porte. En ville tout le monde en porte. Là-bas aussi on le paye mieux qu’ici. Car, chaque deux ans votre fête de Ouagadougou là (après explication nous avions compris que c’est le SIAO Salon International de L’Artisanat de Ouagadougou). Il y a des commerçants qui viennent payer les tissus ici. Ils payent plus cher que les clients de Diapaga. Nous savons qu’ils les revendent à Ouaga plus cher encore aux blancs. J’ai demandé le prix d’un complet (ensemble pantalon chemise) un jour de passage à Ouagadougou. Il coûtait trois fois plus cher que chez nous. Si un jour j’avais l’occasion de mettre quelque chose sur l’Internet j’exposerai mes tissus. Cela me permettra de me faire connaître partout et avoir beaucoup de client beaucoup de relations.

III.2.5- NON UTILISATRICE DU TELEPHONE ET DE L’INTERNET

Je sais vraiment que le téléphone est important car il permet à des gens très éloignés de se parler

« Je m’appelle Awa j’ai 48 ans. je suis commerçante de condiment au marché de Diapaga. Je n’ai jamais utilisé un téléphone. Cela est du au fait que parmi mes connaissances en ville personne ne possède un téléphone. Depuis que je suis ici personne ne m’a appelé avec un téléphone. J’ai des enfants en ville. Mais nous communiquons par courrier (lettre par personnes intermédiaire). J’ai un fils qui est en Côte d’Ivoire depuis plus de cinq ans. Depuis qu’il y a la guerre dans ce pays c’est deux fois que nous avons reçu une lettre de lui. Les deux lettres se sont ses neveux et cousins qui les ont amener. Il est dans un village en Côte d’Ivoire. Dans ce village il n’y a pas de téléphone. Sinon il aurait appelé son père pour lui donner ces nouvelles. La dernière fois que nous avons reçu ses nouvelles remonte à Novembre 2003. J’ai d’autres parents qui ont leurs enfants là-bas qui les appellent souvent. Je sais vraiment que le téléphone est important car il permet à des gens très éloignés de se parler ».

J’ai envie de mettre mes produits d’assaisonnement s sur le net

Awa et l’Internet
« Je ne connais pas l’Internet. Je n’ai jamais entendu parler. (Après explication) si avec cet outil on peut se faire connaître à travers le monde j’aimerai moi aussi un jour pouvoir exposer mes produits : soumbala (sorte de fromage végétal très riche en protéines et conseillés pour les cas d’hypertension artérielle) koura-koura, (galette de tourteaux d’arachide) sel, piment, autres produits d’assaisonnement exotique. Il y a beaucoup de gens qui viennent de la ville qui viennent payer le soumbala le piment et le koura-koura chez moi. Le piment et le Koura-Koura le vendeur de viande grillée aiment payer pour faire un piment spécial pour leur viande que l’on appelle "Kan-kan". Ha ! Il paraît que ça aide beaucoup les hommes (rires). Je pense qu’avec l’Internet (La chose selon elle) il y a beaucoup de gens qui vont commander mes produits. J’ai une nièce à Ouagadougou à chaque fais qu’elle ou son mari vient ici fait la commande d’une grande quantité de soumbala. Selon elle si l’on prépare avec du soumbala c’est bien pour la santé. C’est donc pour ces raisons que je voudrais me faire connaître ». Nous avions, nous aussi payé son soumbala donc elle fait tant ses éloges pour venir assaisonner notre du riz gras à Ouagadougou.

S’il y avait l’Internet ici, j’exposerai mes produits de pharmacopée sur le web.

Je m’appelle Souan. Je suis cultivateur, j’ai un jardin au barrage où je cultive les choux, la tomate, la salade, et autres légumes. Je suis aussi un guérisseur. Je n’ai jamais entendu parler d’Internet. (Après lui avoir dit ce que c’est que l’Internet, ce que l’on peut faire avec l’Internet ce que l’on peut avoir avec l’Internet...). Je suis guérisseur je soigne beaucoup de maladie. On me consulte même de très loin. Ceux qui ont entendu parler de moi c’est par l’intermédiaire des gens qu’ils me connaissent. Si j’expose sur l’Internet les médicaments je produis sur l’Internet beaucoup de personnes connaîtront mes produits et viendront me consulter. Je ne peux pas exposer la composition des médicaments que je produis. Je l’ai hérité de mes parents. On le transmet de génération en génération et c’est très dangereux de communiquer le secret à une tierce personne. J’expose seulement les médicaments. Si cela peut me faire connaître, je voudrais un jour y adhérer peut être que je partirai un jour en avion en Europe comme ton ami exposé mes produits (l’exemple monsieur Sylvestre Ouédraogo qui s’est rendu au sommet mondial de la société d’information en décembre 2003. Ce voyage qui lui a permis de pouvoir dédicacer son livre.). Mon fils si cette chose peut nous permettre de nous faire connaître, nous rassembler il faut donc nous l’amener ici. Même si à Tin Tua il y a, ils ne font pas ce que vous nous aviez expliqué parce que personne à Diapaga ne m’a en déjà parlé. Merci, mais il faudra penser à nous.

J’aimerai entendre la voix de ma mère

Nous avions rencontré Lucie qui est venue faire des achats au marché. Elle a 37 ans, elle n’a jamais utilisé un téléphone. « J’ai des parents à Kantchari. Ils n’ont pas de téléphone. Même si je dois les téléphoner, il n’y a personne dans un télécentre à Kantchari pour faire mes commissions à mes parents, car je ne connais personne qui y travaille. Oui, à Diapaga ceux à qui l’on téléphone dans un télécentre, ils connaissent les gérants des télécentres qui leur font leurs commissions. Alors que pour moi à Kantchari ce n’est pas le cas. Si non je veux bien téléphoner à Kantchari à 500 FCFA au lieu de payer 1000 FCFA pour aller et 1 000 FCFA pour revenir. Je pars à Kantchari une fois par an s’il n’y a pas de problèmes (problème de santé, de décès) pour les rendre visite. J’ai une amie d’enfance qui téléphone à Namounou à ses parents régulièrement. J’aimerai pouvoir entendre chaque fois ma mère (rires) moi aussi. »

CONCLUSION

Partis de Ouagadougou le vendredi nous sommes arrivés à Diapaga tard dans la soirée. Nous avions passé la journée du samedi à Diapaga. Le samedi c’est le jour du marché de la ville. C’est ainsi que nous avions pu rencontrer beaucoup de personnes ressources sur place au marché, devant les télécentres et au restaurant. Nous n’avons pas eu de difficultés majeures. Les personnes interviewées ont été très coopératives. Bien que le samedi ne soit pas un jour ouvrable nous n’avons pas rencontré de difficultés à rencontrer les personnes ressources de certaines institutions que nous profitons de l’occasion pour les remercier. Nous avons fait un bon séjour à Diapaga avec la soupe de poisson de la Tapoa. Le dimanche matin vers 7heures 30 minutes partis au CPL (Centre Populaire de Loisir) pour souper une dernière fois nous avons faillit ne pas faire parti du voyage. C’est devant le CPL que le vieux chauffeur de STMB, Sita dit « c’est la destination qui compte » s’arrêta par nous embarquer. C’est ainsi que la clé de notre mobylette "les pommelons" (fruit très délicieux cultivé au bord du barrage de la Tapoa) que nous avions payer pour venir offrir à des amis et famille sont restés à la gare. Encore une fois grâce au téléphone arrivé à Kantchari nous avions téléphoné au chef de gare qui nous a fait envoyer le colis par le car du lundi. Encore merci à la population de Diapaga et que les dieux des NTIC se penchent sur votre sort.

Interview réalisée par
Charles DALLA Sociologue
Tél :70 24 82 28
Avec l’appui de Monsieur
Etienne LOMPO
Administrateur scolaire

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