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Le métier d’informaticien : mutation ou perte de vitesse ?

mercredi 15 mars 2006

Il y a quelques années, les informaticiens se limitaient à un petit groupe de personnes compétentes et honnêtes. On prenait leurs paroles pour évangile car ils étaient les seuls à s’y connaître et les utilisateurs avaient construit un mythe autour de l’ordinateur : un appareil qui coûte très cher et avec lequel il ne faut pas tâtonner. Alors au moindre petit problème on fait appel à un informaticien pour ‘sauver’ la situation.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire ; l’informaticien n’est interpellé que quand toutes les tentatives de l’utilisateur et de soit disant informaticien ont échoué. Aujourd’hui on n’a plus cette peur des ordinateurs, ni ce mythe des informaticiens ‘sauveurs’. Au contraire ils sont maintenant regardés du coin de l’œil, considérés comme des ‘faux types’ dont on doute d’ailleurs des compétences. Depuis quelques temps, comme dirait l’autre, tout le monde se prétend informaticien.

Oui c’est vrai, dans l’informatique, comme dans les autres domaines de savoir, il y a de ‘vrais’ et de ‘faux’ informaticiens, c’est à dire des gens qui n’ont pas les compétences requises. Il y a également des gens de bonnes et de mauvaise foi.

L’informatique est un domaine très vaste, qui comporte plusieurs sous-domaines. Un informaticien a son ou ses domaines de compétences dans l’informatique. S’il est vrai qu’il existe des gens avec le titre d’informaticiens et qui ne disposent d’aucunes connaissances, il l’est aussi que leur nombre est infime comparé aux informaticiens qui se retrouvent exerçant dans des domaines qui ne sont pas les leurs, dont ils n’ont aucune formation. L’utilisateur a le droit d’exiger des compétences poussées dans le/les domaines de spécialisation mais il doit accepter et comprendre le manque partiel ou total de compétences dans les autres domaines.

Il est malheureusement vrai de constater que beaucoup d’informaticiens abusent de l’ignorance des utilisateurs. Le nouveau sorcier qu’est l’informaticien est sensé résoudre tout sorte de problèmes : problème matériel, système d’exploitation et surtout l’utilisation des utilisateurs comme la bureautique(les sacrés saints produis de Windows : Word, Excel,..) qui ne sont pourtant pas de leurs ressort. C’est comme un mécanicien automobile à qui on demandait d’être carrossier, électricien auto, spécialiste du diesel et de l’essence ainsi que du froid.

Il arrive fréquemment que les utilisateurs dévalorisent le travail abattu par les informaticiens. Analysons ces deux situations où un utilisateur demande les services d’un informaticien.
  Premier cas : celui-ci arrive et après 10 minutes il résout le problème, l’utilisateur ‘décrète’ que le travail est négligeable à cause du temps mis et par conséquent ne mérite pas d’être rémunéré, ou à la limite il décide de lui donner quelque chose pour son essence’. L’informaticien n’a d’autre choix que d’accepter la situation.
  Deuxième cas, l’informaticien arrive, passe 15 minutes sur la machine et explique ensuite à l’utilisateur que la panne est sérieuse et qu’il a besoin d’emporter la machine. Il revient deux jours après expliquant qu’il n’a pas fermé l’œil, qu’il a du changer des pièces, etc. mais qu’il a fini par en venir à bout. Là l’utilisateur est satisfait, et règle la facture qui lui a été remise. Nous dirons que dans le deuxième cas l’informaticien est ‘faux’, mais la réalité c’est qu’ils sont souvent victimes du premier cas, et ont recours au deuxième pour se valoriser eux-mêmes.

Nous oublions que la capacité de résoudre un problème en 10 minutes et non en deux heures vient souvent du fait que celui-ci a bénéficié d’une bonne formation et/ou qu’il a une grande et/ou longue expérience ; et nous savons que la formation coûte chère et que compte tenu de l’environnement constamment changeant et évolutif, un bon informaticien se doit de se former continuellement. Alors...

Il reste qu’aujourd’hui, dans notre quotidien nous côtoyons les informaticiens tous les jours. Comment distinguer les ‘bons’ des ‘mauvais’ ? Pour le moment, la solution miracle n’existe pas. C’est aux utilisateurs d’apprendre à les distinguer ; en leur posant des questions, en demandant des explications, etc.

Comment pourrait t-on réglementer un temps soit peu se métier pour garantir aux utilisateurs des compétences et pourquoi pas la ‘bonne foi’ des informaticiens de chez nous ?. Est-ce qu’il faudrait suivre le chemin emprunté par les architectes et les médecins à travers des Ordres ? Est-ce qu’une solution du genre ne pourrait pas avoir des effets négatifs car cette organisation sera dirigée par des personnes ? et nous savons combien l’abus de pouvoir est de coutume dans nos pays ?

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