Le net à Bitou, pas si net

Situé à une trentaine de kilomètre de la frontière Togo-Burkina Faso et à trois heures de route de Ouagadougou la capitale, Bittou est le centre commercial, le poumon de l’économie burkinabé avec une bonne part des recettes douanières du pays. Zone de transit des transporteurs de marchandises venant du port de Lomé, en partance pour le Mali, le Ghana, entrant au Burkina Faso et dans la zone ivoirienne tenue par les forces nouvelles. Ce gros village, pardon ; cette petite ville a connue une évolution fascinante dans sa vie socio-économique (infrastructures , échanges commerciaux ,augmentation du niveau de vie, etc) .

Les Zampalégré (ou « faux Bissa » ) et les Fafarsé ,des ethnies qui ont été marquées par la faucille sanglante et blessante du colon français et anglais, habitent cette zone. Cette « fossilisation destructrice « a eu pour conséquence, la répartition de ce peuple cousin des mossé dans trois pays : Burkina Faso, Togo, pays francophones et le Ghana pays anglophone. Environ dix mille âmes habitent Bittou et ses environs. Population très jeune, active ;. Transitaires , douaniers et commerçants y font la loi, économiquement parlant bien sûr : » « C’est l’argent qui dirige le monde » ont chanté les Neg Marrons. Les hommes de loi, les employés d’ONGs et les femmes se disputent dans la seconde classe . Les autres se mordent les doigts avec le restant du gâteau financier de Bittou.

Mais dans toutes ces lignes parcourues, qu’est ce qui permet d’ harmoniser la vie des habitants du petit « joujou » ?

La PAROLE me diriez vous ? C’est vrai. Mais ce n’est pas suffisant. Je reformule donc ma question .Qu’est-ce qui me permet de communiquer vite, bien, loin en sons et lumières ?Zut ! J ‘ai lâché le mot : « communiquer » . C’est bien sûr le téléphone sans lequel Bittou resterait toujours « root ». Un bel endroit où on partirait voir l’hyène, le boa, l’arbre, la montagne, sacré, le marigot et ses crocodiles sacrés ( qui existent encore aujourd’hui ). Mais hélas !Le téléphone a permis à l’ardeur des commerçants, douaniers, transitaires , employés de l’Etat et reste de la population d’être branchés et de faire avancer les choses. « Gaou » là* !Je ne te parle pas de téléphone. Je veux te parler de « celulèr »* et de l’internet .On appelle ça NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la communication). A Bittou c’est le cellulaire ou rien .Si tu n’a pas ça tu es bon pour le champ d’arachides. « Comme y a jetons »* dans cette ville tout le monde est « callé »* : Celtel, Telmob , Telecel, les trois opérateurs du mobile en présence dans la ville.
Ceux qui n’ont pas le téléphone portable et le téléphone fixe chez eux, sont obligés d’aller dans la dizaine de télécentres qui existent à Bittou, comme celui que gère mon ami et élève en classe de 3ème :GOIN Bassirou ;le télécentre Zodo (voir photo3 ) qui nous confie qu’il reçoit beaucoup de clients par jour .Les problèmes de coupures téléphoniques ils en ont rarement Bravo !LONAB pardon ! L’ONATEL. Le télécentre de l’Unité aussi se gave de clients (voir photo5) .

Moi je voulais me moquer d’eux quand ils m’ont dit qu’ils étaient branchés au réseau cellulaire. Ils ne connaissent même pas l’ordinateur à plus forte raison le net. Je ne pouvais pas rire parce qu’ils ne tardent ne tardent pas à sortir les couteaux, à enfourcher leur moto à la place des chevaux et à entrer dans les maquis (avec leurs engins) pour faire la casse. Rien ne m’étonne, ces vaillants guerriers descendants de Cham venus du cœur du pays de CUSH (Soudan-Egypte) par le Tchad ont été rodés par les incessantes guerres contre les envahisseurs et conquérants musulmans. Le net, même les élèves comme GOIN Bassirou en dehors de leur imagination et les images qu’ils ont dans les journaux, ne le connaisse que par leurs professeurs qui leur en parlent souvent en classe. Mais si l’exception ne confirmait pas la règle, elle n’existerait pas depuis l’Antiquité des grands empires du Ghana, du Mali, des Mossé. Nous avons été doublement surpris de rencontrer une dame, rasta, chef de bureau de la Caisse Générale de Péréquation de Bittou, utilisant un ordinateur comme la douane qui vient elle aussi de s’informatiser. Elle vient donc de s’abonner pour être connecté au net. Elle nous a laissé entendre que le net était primordial pour le boulot qu’elle fait. Elle (la connection ) lui permettra de faire des recherches, des échanges avec les transporteurs et de joindre l’utile à l’agréable en naviguant un peu. Bravo ! Mme KABORE / CONGO Mariam Odile (voir photo4) ; vous avez tout compris. Quant à Awa restauratrice qui utilise le téléphone portable depuis deux ans et COMPAORE Jean De DIEU ? Ils ne connaissent pas l’ordinateur et le net Alors Burkina NTIC Il y a encore beaucoup à faire. Vous vouliez vous faire mieux connaître à travers les radios ?

Hé bien ! A Bittou ils ne le sauront pas parce qu’il n’y a aucune radio burkinabé qui distille ses ondes dans cette ville. Ne sont reçus que les radios ghanéennes. Elle (la radio nationale du Burkina) se vente d’émettre bientôt sur satellite sur un rayon de trois mille kilomètres à la ronde. Alors qu’elle n’est pas reçue à trois cent kilomètres. Excellence, Mr le Ministre amenez votre radio à Bitou et tentez de capter la radio Nationale, on verra bien si vous y parviendrez. A Bittou, revenons à nos Bissa, les plus nantis utilisent Canal Satellite, les informations passent sur la radio et la télévision nationale, çà, c’est une autre histoire.

Dans tout ce long français, moi qui ne suis pas allé à « l’école de blanc » qu’est ce que je dois retenir ? Laisse ton fils élève te lire ceci : « Tu dois savoir que à Bittou le téléphone portable et le fixe donnent 5/5 .Mais la radio et le net qui devraient faciliter les échanges entre les négociants, transitaires douaniers, voyageurs, entre eux et avec leurs lieux d’origine sont encore un rêve.

GNOUMOU BARTHELEMY LONKHOU aka BOBO RAB journaliste culturel et artiste musicien ( tél : 22676655206 )
Le net à Bittou ( Province du BOULGOU )/Dimanche 11 juin 2005

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