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Les TIC en milieu scolaire dans la région du Nord (Ouahigouya)

Le mardi 16 Novembre 20017 une équipe de Yam Pukri s’est rendue à Ouahigouya dans le cadre d’une étude sur l’utilisation des TIC, plus précisément des ordinateurs et d’Internet dans le système éducatif du secondaire du Burkina Faso.

Elle était constitué de Mr Dieudonné Lankoandé, stagiaire à Yam Pukri et de Mr José Formaz ; Etudiant en Master de développement à l’IUED de Genève qui est venu au Burkina pour travailler sur les usages Internet dans l’enseignement secondaire au Burkina Faso.


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Mr Bernard Ouédraogo, un des ténors du Web à Ouahigouya



Ouahigouya, chef lieu de la région du Nord situé à 185 km de la capitale, compte environ 35 établissements secondaires. Comme les autres établissements secondaires du Burkina Faso, ceux-ci manquent d’infrastructures adéquates pour une bonne insertion des TIC dans l’enseignement. Malgré cet état des lieux peu reluisant, les deux principaux lycées de la région à savoir le Lycée Yamwaya et le Lycée Yadéga, font la différence en se dotant de salle informatique et de cyber café.

Le lycée Yamwaya qui est le plus grand de la région, avec 56 enseignants pour 32 classes accueillant 2400 élèves. Il est équipé d’une salle informatique et d’un cyber. Tous les enseignants ont bénéficié d’une formation en informatique et certains d’entre eux montrent un véritable intérêt pour les TIC. Le principal problème soulevé par le corps enseignant reste la disponibilité. En l’occurrence, la salle d’informatique du lycée n’est plus opérationnelle à 100% car sur les 10 ordinateurs à l’ouverture de la salle, seuls 5 fonctionnent présentement.

La situation était devenue dès lors des plus difficiles, car en plus du nombre réduit des ordinateurs, le problème de connexion à l’Internet se posait. Il fallait attendre aux heures officiels de descente pour se connecter car c’est la seule qui est utilisée pour le téléphone du lycée et pour la connexion. Cela réduisait assez les possibilités de recherche d’informations sur internet des enseignants vu le temps dont ils disposent pour la tâche et le faible ratio ordinateur/enseignants.

L’ouverture du cyber Yamwaya fut donc accueillie la semaine dernière avec un soulagement perceptible de la part des bénéficiaires.
Ce cyber a vu le jour avec l’appui de la fondation Stern Steward, du Corps de la paix des USA et du PROPED. Il compte 8 ordinateurs en plus du serveur. Les tarifs varient de 150F à 200F le quart d’heure en fonction du profil de l’usager.


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des pages web éducatifs en proposition dans le cyber



Le Lycée Yadéga, deuxième lycée de la région en terme d’effectif (37 enseignants pour 1800 élèves environ) possède également une salle informatique et un cyber ouvert au corps enseignant, aux élèves et même au public externe à l’établissement. Comme au Lycée Yamwaya la salle d’informatique ouverte au corps enseignant et qui compte 10 ordinateurs, connaît le problème d’une connexion à internet à travers une seule ligne téléphonique, véritable casse- tête chinois.

Le lycée a un cyber ouvert depuis 2003 avec l’appui de la coopération québécoise avec quelques 4 ordinateurs. Un comité de gestion composé de parents d’élèves et des autorités du lycée a été mis en place pour présider aux destinés du cyber qui se révélait être une première dans toute la région à l’époque.

L’un des premiers acteurs que nous avons rencontré au cours de cette visite est M. Bernard Ouédraogo, enseignant au lycée Yamwaya et responsable du cyber. M. Bernard nous dira qu’au-delà même du manque d’équipements en infrastructure informatique, on est confronté à des cas de réticence aux TIC de beaucoup d’enseignants dans le lycée car sur l’ensemble des 56 enseignants que compte le lycée seule une dizaine d’entre eux montrent un véritable intérêt et surtout encouragent les élèves à s’intéresser à ces technologies en leur demandant de faire des recherches sur Internet de temps en temps. Mais la situation tend à s’inverser au fil du temps et M. Bernard explique cela par deux raisons principales.
D’abord suite aux formations, le lycée a développé un programme qui permet aux professeurs de calculer plus aisément les moyennes en fin de trimestre. Cela s’est révélé captivant aux yeux des enseignants car ainsi ils gagnaient en temps et ils évitaient du même coup les erreurs de calcul.
Ensuite, il y a aussi l’engouement des élèves pour cette technologie qui devient par la suite un phénomène catalyseur pour l’enseignant car s’il n’y prend garde, l’élève enverra un jour des informations sur son cours que lui-même ignore, celles-ci étant disponibles en quelques clics. Ainsi on voit tout le bien fondé d’inciter un élève à s’intéresser aux TIC car c’est plus ou moins une invitation voilée envers son enseignant pour se tenir à jour.

Seulement les frais du cyber restent élevés selon M. Bernard car il ne bénéficie pas d’une subvention quelconque de l’Etat or il pratique des tarifs promotionnels pour les élèves (150F/ 15 minutes). Egalement il y a certaines dérives de la part des élèves concernant l’utilisation d’Internet que nous essayons de recadrer déjà en leur indiquant un certain nombre de sites appropriés à leurs recherches à travers des affiches sur le mur et surtout en disposant les machines de telle sorte que le puisse voir ce que le voisin visite.
Mais compte tenu du nombre d’ordinateurs, M. Badolo Richard enseignant en littérature au lycée Yamwaya nous confiera par la suite que le lycée avait une politique de promotion des TIC qui consistait à former en fin de chaque trimestre les élèves les plus méritants. Cette politique est tout intéressant car à travers l’intégration des TIC dans le système éducatif, on arrive à encourager l’élève à plus d’ardeur au travail vu qu’il sera récompensé par une initiation en informatique s’il terminait le trimestre parmi les plus méritants.

Nous avons par la suite rencontré M. Séni Ouédraogo, Proviseur du lycée Yadéga. Selon M. Séni l’apport des TIC dans le cas précis du Yadéga n’est pas encore de façon sensible mais nous sommes tout de même fier d’être les pionniers à se doter d’un cyber dans la région.
Déjà ce cyber nous permet d’arrondir nos fins de mois et même plus car l’année dernière nous avons pu engagés 5 enseignants vacataires malgré les tarifs promotionnels qu’offre le cyber (100F/15 minutes). En plus, nous avons pu augmenter le nombre des ordinateurs du cyber à 10 et tout cela grâce au fruit de l’exploitation. Il faut souligner que le cyber du lycée bénéficie du fameux « rabais tarifaire » sur la connexion internet initié par l’Etat au profit de certains établissements et institutions et en cela sur les 200 000F mensuels, l’établissement paie 70000F, laquelle somme est d’ailleurs prise en charge par la coopération québécoise.
Egalement M. Séni nous dira que le succès du cyber est lié en grande partie à l’implication des parents d’élèves dans le comité de gestion. Cela nous permet de mieux contrôler l’utilisation de ces technologies par l’élève et nous avons d’ailleurs élaboré un code de bonne conduite peut-être pas formel, que nous essayant de divulguer tant que faire se peut à travers des affiches sur les murs du cyber.

Quand aux élèves eux-mêmes, ils sont tous unanimes pour dire que les TIC leur apporte un plus dans leur cursus scolaire car ils disent aller sur Internet pour faire des recherches dans le cadre des études, même si cela reste à vérifier. En effet un parcours sur l’historique des sites visités ces derniers temps nous a révélé une prédominance de sites dédié à la musique, aux films, en somme tout ce qui est relatif au monde des stars européennes et américaines.
Au terme de cette visite nous tenons à remercier les autorités de ces deux établissements et surtout leur tirer notre chapeau car ils ne ménagent aucun effort pour une véritable et adéquate insertion des TIC dans le système éducatif. Egalement nous avons constaté un engouement qu’il faut apprécier et soutenir tant du côté des élèves que des Parents. Cela étant, le véritable déclic devra venir des premiers responsables du système éducatif national car c’est de ce côté-là que le pas traîne.

Lankoandé Dieudonné
Yam Pukri/ Bntic

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