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Les TIC pour lutter contre la pratique de l’excision

mardi 5 février 2008

Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina Faso a abrité du 22 au 24 janvier 2008 un atelier sur le thème : utilisation citoyenne des TIC contre l’excision, les jeunes proposent. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet de recherche Contribution des TIC à l’abandon de l’excision en Afrique francophone, rôle citoyen des jeunes. Un projet de recherche mené par ENDA Tiers Monde au Burkina, Mali et Sénégal.

Objectif de la rencontre, finaliser les propositions concrètes et pragmatiques pour mettre en œuvre les propositions avancées lors des étapes antérieures de ce projet de recherche. La rencontre de trois jours a regroupé les élèves des collèges et membres de l’association Mousso Dembé, et des personnes ressources en matière de lutte contre la pratique de l’excision et des TIC. La cérémonie a été placé sous le haut parrainage du ministre des postes et TIC, représenté par Allassani Ouédraogo, Directeur de la promotion et de la vulgarisation des TIC.
Mme Sebgo en pleine démonstration des MGF
En ouvrant l’atelier axé sur le thème ’’les jeunes proposent’’, Mme Aina Ouédraogo, Secrétaire permanent du comité national de la lutte contre la pratique de l’excision, représentant le ministre de l’action sociale a plaidé pour une utilisation citoyenne des TIC. Pour elle, cet atelier est la première du genre. Du fait que désormais l’on donne le pouvoir d’actions aux jeunes à travers l’utilisation des TIC pour combattre cette pratique néfaste.

En effet, l’excision est « une pratique traditionnelle en Afrique qui consiste à supprimer le clitoris ou les petites et grandes lèvres de la partie génitale de la femme en procédant par ablation simple ou par infibulation ». Cette pratique a plusieurs conséquences sur la santé sexuelle des femmes (difficultés d’accouchement, fridigité,….). Pour la coordonnatrice du projet régional sur la contribution des TIC à l’abandon de l’excision de ENDA Tiers-Monde, Marie Hélène Mottin Sylla, l’excision est une pratique traditionnelle qui se trouve toujours pratiqué alors que le monde et l’Afrique sont entrés dans la modernité, raison pour laquelle il faut donner aussi la parole aux jeunes à travers l’utilisation des TIC pour contribuer à la lutte.

Les organisations avec lesquelles nous travaillons, notamment l’association Mousso Dembé, nous avons constaté que la totalité des jeunes ont un téléphone portable, et savent bien l’utiliser, la moitié d’entre eux ont une adresse email donc ils savent surfer sur internet. Même si aujourd’hui ce n’est pas la totalité des jeunes qui ont accès aux TIC il est clair que dans quelques années ce sera le cas. Pour cela, nous avons jugé opportun de mettre à profit ces nouveaux outils de communications dans la lutte contre les maux qui minent nos sociétés note t–elle.

Pour permette aux participants de mieux appréhender cette problématique, de nombreuses communications ont été donné sur l’excision et les TIC. On peut citer entre autres, celles de Madame Sedgo de GTZ sur l’état des lieux sur la pratique de l’excision au Burkina Faso, « le rôle des médias dans la lutte contre l’excision au Burkina Faso » du Dr. Seydou Dramé et « Politique nationale en matière de TIC au Burkina Faso » de Allassani Ouédraogo du MPTIC.

Le coordonnateur du réseau Burkina –ntic a donné une communication sur TIC, jeunesse et citoyenneté. Il a tout d’abord fait une présentation des initiatives que sa structure développe en matière des nouvelles technologies. Il s’est aussi appesanti sur le concept de citoyenneté. Pour lui, un jeune citoyen c’est celui qui connait ses droits, ses devoirs et agit en conséquence. Ce dernier doit selon lui penser à l’avenir de son pays, de sa famille, de ses enfants, frères et sœurs, amis (es), quartier, ville en ayant un comportement responsable.

Pour ce qui est des TIC, ils pensent que grâce au forum d’échange Internet les jeunes peuvent enrichir leur compréhension du phénomène, voir comment les autres pensent et se comportent et devenir plus responsable par l’acquisition de connaissances. Il les a invité à faire des vidéos sur le sujet des mutilations génitales feminines téléchargeables sur l’Internet et sur les téléphones portables, des sketchs amusants et éducatifs…

Pour permettre aux jeunes de pouvoir prendre la parole, le réseau Burkina NTIC a animé le deuxième jour de l’atelier une session de formation sur la créations des blogs. Avec les blogs qui sont des sites web personnels et interactifs, les jeunes impliqués dans le projet pourront publier et partager leurs opinions sur la question.

En prélude à cet atelier, les membres de l’association Mousso Dembé ont participé à une discussion en ligne régionale sur les TIC et contributions à la lutte contre l’excision. Ils ont réalisé des causerie débat sur l’excision, des échanges avec les personnes âgées de leur communauté.

Ce projet a donc suscité un engagement de ces jeunes à prendre part à la lutte contre la pratique de l’excision dans leur communauté. A la lumière de ces contributions et du travail préalables avec les personnes ressources et la chercheuse nationale, les jeunes ont dégagé un plan d’action à quatre axes pour la suite du projet. Ils ont décidé de travailler sur le renforcement des capacités, la recherche de partenariat et jumelage, la création d’une radio communautaire et l’organisation d’activités socioculturelles. Le réseau Burkina NTIC a saisi l’opportunité pour remettre à Madame koné/TAgo Haoua chercheuse national TIC et lutte contre l’excision son trophée personnalité NTIC de l’année.

Roukiattou OuédraogoBNTIC

Forum de l'article

  • Les TIC pour lutter contre la pratique de l’excision
    9 février 2008, par Dr René PARE

    Félicitations pour cet article Roukiatou qui retrace bien les temps forts de l’atelier mais je suggère que vous ajoutiez quelques images des participant(e)s notamment les jeunes de l’association mousso dembé en train d’élaborer leur plan d’action ou de faire leur blog ...

    La lauréate du prix TIC MGF semble être du moins sur la photo "Roukiatou au lieu de Mme Koné" ! Comment rectifier cela ?

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