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Les TIC, pour un épanouissement de l’éducation non formelle
Quatorze acteurs de l’éducation non formelle se sont initiés à l’usage des techniques de l’information et de la communication durant trois semaines à Yam Pukri. Les connaissances acquises leur permettront, par exemple, d’enseigner la langue locale à leurs élèves, de calculer plus facilement les moyennes de ces derniers...

« Ne pas former pour former, mais apprendre un paquet de technologies en rapport avec les préoccupations des apprenants afin que ceux-ci puissent s’en servir dans leur travail », c’est ce qu’affirme Sylvestre Ouédraogo, Président de l’association Yam Pukri. Aussi, ce leitmotiv a guidé, au sein de la structure Yam Pukri, la formation de 14 auditeurs travaillant dans le domaine de l’éducation non formelle. Ces apprenants sont venus de toutes les zones géographiques du Burkina Faso. Du 4 octobre au 27 octobre, ils se sont familiarisés à l’utilisation de l’ordinateur en zone rurale (alimentation avec autres sources d’énergie, méthode pour réduire la consommation énergétique...). « J’ai été émerveillée. Je me suis rendue compte que le calcul des moyennes que nous faisions d’ordinaire à la main pouvait se faire à l’ordinateur. Aussi, je pense que l’école burkinabè a besoin entre autre de matériel informatique pour son épanouissement », déclare Sidonie Pafadnam, institutrice à Ouagadougougou et participante à la formation. Au cours de ce stage d’apprentissage, les auditeurs ont été initiés à la gestion, à l’insertion et à la modification du clavier pour les langues locales (Mooré, Gourmantchéma, Fulbé, Dioula...). La révision et le perfectionnement en bureautique leur ont permis de réduire leurs lacunes et d’être opérationnels pour la saisie de texte. Avec les modules multimédias, un forum d’échanges http://www.burkinantic.org/forum/ et une liste de discussion ccebinfo@yahoogroupes.fr, ont créés. La gestion de ces sites est du ressort de Yam Pukri et du Cadre de Concertatation des associations et ONG en éducation non formelle au Burkina Faso. L’utilisation d’appareil photo numérique, de scanner, de gravage de données a renforcé leurs aptitudes à la production numérique. Pour prouver qu’ils ont bien acquis des connaissances, les 14 formés ont réalisé un Cd rom. Ce dernier comporte les différentes productions et le matériel utilisés lors de leur formation (photos des auditeurs, fiches de présentation, synthèses des travaux, manuels...). Le CD a été présenté à la cérémonie de clôture de la formation le 28 octobre 2004. Selon Sakandé Mahamadi, technicien maintenancier de système informatique à Yam Pukri et formateur, « nombreux sont les apprenants qui doutaient de leur capacité car disent-ils, il y a trop de mystères autour des technologies de l’information et de la communication. Pourtant, c’est un outil qu’on peut adapter à son environnement et à ses besoins ». Sidonie Pafadname émet, à l’issue de la formation, un souhait : « en 18 jours de formation, nous avons appris beaucoup de notions sans pour autant les approfondir. Aussi, j’ai peur de ne pouvoir les exploiter en totalité. Hormis cela, j’aimerai qu’il ait un suivi après formation et non une formation pour contenter l’UNESCO. ». Pour Oualy Labidi, formateur à l’association Tin Tua de Fada, ces nouvelles connaissances lui permettront d’améliorer la qualité de ses prestations et de rentabiliser les deux cybercentres qu’il gère à Fada si toutefois, il disposait de scanner, d’appareil photo numérique dans son institution. « Chaque apprenant ne doit pas tenter de faire une révolution dans les habitudes de travail dès son retour dans son lieu de travail, mais de faire de petites innovations. Ce sont ces petites innovations qui donneront des exemples concrets et qui pourront susciter une réflexion et une attention plus grande dans votre environnement de travail » a conseillé le représentant du Comité Technique, Sylvestre Ouédraogo. Cette formation a été possible grâce au financement de l’UNESCO et à l’initiative des associations comme le Cadre de concertation des ONG et associations actives en Education de Base. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet intitulé : Recherche-action en matière d’utilisation des NTIC pour le développement de l’alphabétisation et l’éducation non formelle.
Ramata SORE
