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Les "puces" aux oeufs d’or !!

dimanche 15 décembre 2002

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On les rencontre aux feux de stop, devant les services , bref dans toutes les grandes artères de la ville de ouagadougou. Ils font désormais parti du quotidien des Ouagalais : eux ce sont les vendeurs ambulants de cartes de téléphones portables.

En effet depuis le développement du secteur de la téléphonie mobile au Burkina Faso à travers sa libéralisation en 1998, ils sont nombreux les jeunes qui s’adonnent à ce commerce d’un genre nouveau. Les jeunes vendeurs bravent la dense circulation du centre ville, le soleil ardant, et l’étouffante fumée des pots d’échappements des moteurs de tous acabits, pour proposer leurs marchandises aux passants dont l’ardeur est tempérée par de fréquents embouteillages et les feux de stop. Le temps de remarquer que vous possédez un téléphone portable et ils ne vous lâchent plus, courant parfois même après les automobilistes. Plus besoin donc de se déplacer jusqu’aux kiosques de vente pour s’approvisionner en cartes Celtel, Telecel ou encore Telmob. On peut s’en procurer au détour d’un feu de stop ou devant son service.

L’arrivée de la téléphonie mobile au Burkina Faso a ainsi permis de tirer du gouffre du chômage plusieurs jeunes gens désœuvrés, parfois même des anciens délinquants . Depuis le début des vacances scolaires ils sont de plus en plus nombreux les élèves qui s’adonnent également à cette activité. Ces jeunes vacanciers issus pour la plupart de familles modestes se font un peu d’argent pour acheter les fournitures scolaires, payer la scolarité en un mot préparer la rentrée scolaire prochaine.

Ces vendeurs ambulants sont pour la plus part employés par de plus grands fournisseurs installés non loin moyennant une petite rémunération en fin de journée . Cette activité bien que salvatrice représente quelque fois des dangers car les vendeurs n’hésitent pas souvent à slalomer entre voitures et motocyclettes . Mais ils disent ne pas avoir le choix : « il faut bien qu’on mange. ». Il ne faut cependant pas occulter le fait que les utilisateurs de mobiles connaissent souvent de sérieux désagréments avec ces vendeurs à la sauvette, qui souvent refourguent des cartes de recharges « volées » .

Selon Sawadogo Abdoul,( ancien chômeur) vendeur de cartes « le travail est très fatigant parce qu’il faut rester debout sous le soleil du matin jusqu’au soir, il m’arrive souvent (quand je n’ai rien vendu) de rester dans la rue jusqu’à 22 h ». Avant d’ajouter qu’il gagne tout de même sa vie grâce à ce métier. Il dit rencontrer parfois des problèmes avec son fournisseur quand par exemple certains clients utilisent de faux billets pour acheter les cartes , « je suis obligé dans ces cas de rembourser de ma propre poche ».

Pour Traoré Harouna, ce métier ne rapporte pas beaucoup « je peux avoir en moyenne 1000F CFA par jour, juste de quoi manger. » En plus des cartes les vendeurs ambulants proposent parfois des étuis pour portables , et même des services de dépannages. Comme quoi le développement du secteur de la téléphonie mobile représente pour beaucoup de bonnes affaires à faire !

par I.GUENDA & T.SOMDA

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