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Les télécentres communautaires en conclave à Yam Net : Vers une coalition des cybercentres communautaires ?

mardi 4 septembre 2007

Le mercredi 25 juillet 2007, une vingtaine de gestionnaires de télécentres communautaires du Burkina Faso et une représentante de l’IICD (organisme partenaire) se sont réuni en atelier au siège de l’association Yam Pukri (Yam Net Plus) sise au quartier Kalgondin (secteur 15) de Ouagadougou. L’atelier avait un double but : Permettre d’une part aux gestionnaires des télécentres communautaires qui communiquent depuis quelques mois en ligne à travers ce qu’il convient d’appeler "une liste de discussion" de se découvrir et se connaître physiquement. Créer d’autre part une dynamique autour des télécentres communautaires en débattant des préoccupations communes qui les caractérisent avec entre autre objectif la mise en place d’un mouvement des télécentres communautaires du Burkina Faso. La rencontre avait pour facilitateurs :
-  W. Malick SAWADOGO, Groupe Telecentres communautaires
-  Sylvestre OUEDRAOGO, Yam Pukri
-  Miep LENOIR, IICD




La rencontre a commencé aux environs de 8h30 par la présentation des participants présents. Ils sont venus de 15 localités du Burkina qui sont : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Fada, Gaoua, Kaya, Diapaga, Kombissiri, Nouna, Zabré, Boura, Nomgana, Saponé, Tikaré et Pô. Les télécentres qu’ils gèrent sont issus des sous groupes suivants :
-  Centre Aden (06)
-  Centres Municipaux multimédia (02)
-  CMC/UNESCO (02)
-  CMC/IICD (02)
-  P@JE/OIF (02)
-  Cyberjeunes (01)
-  Autres télécentres (03)

A la suite des présentations, un film édifiant de quelques minutes traitant de la problématique des télécentres communautaires au mali a été projeté à l’intention des participants.

Après la projection du film documentaire et conformément au programme Malick SAWADOGO a fait la genèse de la liste de discussion (http://www.dgroups.org/groups/Cyber...) ayant abouti à la tenue du présent atelier. L’idée de cette discussion débutée en avril 2007 remonte en réalité en 2004 à la suite d’un atelier qui avait réuni les gestionnaires de télécentres mais il est resté sans suite à l’instar des précédentes tentatives. L’idée a repris en 2006 avec une mission exploratoire de Telecentre.org en Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso et au Bénin). C’est ainsi qu’en avril 2007, la mise en œuvre de la lise de discussion à véritablement débuté dans notre pays. Elle a pour objectif de permettre aux télécentres de s’entraider en partageant leurs expériences et bonnes pratiques (atouts, défis, difficultés, lacunes, connaissances, compétences...). Avec plus de 180 messages, M. SAWADOGO a affirmé que la liste de discussion connaît un début de satisfaisante et peut espérer une suite heureuse. Toutefois des efforts peuvent encore être faits surtout du coté de la gente féminine où les réactions sont encore timides.

Prenant la parole à leur tour, Sylvestre OUEDRAOGO et Miep LENOIR ont expliqué l’objet de la rencontre qui vise à mettre en exergue l’aspect communautaire des structures présentes dont l’objectif est différent de celui des télécentres privés qui ne sont pas « sécurisés » en certains de leurs aspects et dont le gain est l’objectif premier. Que faut-il faire pour trouver en interne des solutions aux difficultés communes de nos télécentres ? Que peut-on entreprendre ensemble pour créer une dynamique nous permettant de survivre et d’afficher notre identité propre ? Comment peut-on amener l’Etat à tenir compte des acteurs d’accès communautaires que nous sommes et à considérer le rôle relativement important que nous jouons dans le désenclavement numérique ? Tous questionnements qui nécessitaient l’initiative de ce contact physique. Il nous faut donc a conclu Sylvestre OUEDRAOGO faire ensemble l’esquisse d’un travail en commun.

Pour poursuivre le programme, la parole a ensuite été donnée à chaque responsable de télécentres de faire un exposé en quelques minutes sur l’historique du télécentre ainsi que sur les atouts et les défis qui se posent à lui.  Ainsi les atouts se résument comme suit :
-  Les subventions dont bénéficient certains télécentres
-  Existence de locaux et de matériel
-  Possibilité de formation en langue nationale (Mooré)
-  Commercialisation des produits agricole grâce aux télécentres
-  Création du Cybera, un logiciel de gestion de la connexion des télécentres
-  Existence d’un fond genre au niveau de RECIF/ONG servant à appuyer les femmes intéressées par les TIC.

 Les défis à relever sont de plusieurs ordres dont les principaux se rapportent aux équipements, à la connexion et à la formation. Les équipements insuffisants dans certains télécentres. Problèmes de connexion, des ruptures fréquentes de connexions, faibles débits, frais de connexion très élevés. Un besoin important de former des formateurs compétents au niveau des télécentres existe (objet d’une recommandation). Manque de techniciens maintenanciers. Eloignement géographique de certains télécentres ce qui a pour conséquences une faible fréquentation desdits télécentres. Manque de locaux pour certains télécentres. Manque de qualification pour exploiter certains logiciels tel Linux. Incapacité pour certains de produire des contenus adaptés aux besoins des utilisateurs. Le caractère communautaires (social) et la faible fréquentation ne permettent pas une rentabilité financière. Délaissement ou abandon de télécentres subventionnés par certains responsables d’association bénéficiaires desdits télécentres. L’absence d’électricité ou l’émission du courant discontinu dans certaines localités constituent un handicap majeur pour quelques télécentres. Les centres municipaux multimédias ambitionnent de créer un réseau. Les télécentres de Tikaré qui se met petit à petit en place n’est pas encore fonctionnel. Il faut travailler à sa mise en œuvre.

Après la séance des exposés relatifs aux atouts et défis, un débats a été instauré autours de deux principaux thèmes : 1. Les télécentres et la connexion Internet, quelles perspectives ? Aux plans politiques et des innovations que peut-on entreprendre pour favoriser une connexion ? 2. La fonction de gestionnaires/animateurs, quelles perspectives ? A l’issue des débats qui a été jugé constructif par l’ensemble des participants et ayant considéré certains aspects importants de ces débats, les participants ont fait des recommandations y relatives :

 Recommandation 1 : Les participants recommandent l’organisation de rencontre similaires à la présente dans le but d’impulser un plus grand dynamisme à la liste de discussion et d’aboutir tôt ou tard à la création d’un mouvement fort des télécentres communautaires du Burkina.

 Recommandation 2 : Les participants recommandent la mise sur pied d’une structure légère et provisoire de réflexion et de coordination qui sera chargé de la mise en œuvre des décisions prises par les gestionnaires des télécentres d’accès communautaires. Sa mission prendra fin avec la création d’un mouvement définitif ou formel

 Recommandation 3 : Les participants considérant que les acteurs d’accès communautaire participent à la mise en œuvre de la cyberstratégie nationale. Le rôle social des télécentres communautaires ne permettent pas à ceux-ci de générer suffisamment de ressources financières à leur fonctionnement. Recommandent au Gouvernement Burkinabé l’octroi d’une aide financière annuelle aux télécentres communautaires du Burkina Faso.

 Recommandation 4 : Les participants recommandent l’établissement de liens d’échanges fréquents avec les autres groupes thématiques du réseau de Burkina NTIC à savoir le groupe TIC-Education, le groupe TIC-Agriculture et le groupe TIC-Genre.

 Recommandation 5 : Les participants recommandent la recherche de partenaires en vue d’une formation de qualité des responsables des télécentres communautaires à tous les niveaux.

Avant de mettre un terme à leurs travaux, les participants ont mis en place une cellule provisoire de réflexion et de coordination, objet de la recommandation N°2 et qui se compose comme suit : 1. Malick SAWADOGO, Telecentres communautaires 2. Sylvestre OUEDRAOGO, Yam Pukri 3. Issaka Luc KOUROUMA, Président de l’Association des Centres Aden dénommé "Jardin d’Aden" et gestionnaire du centre Aden de Pô 4. Boubacar BERTE, Centre Municipal Multimédia de Ouagadougou 5. Bibiane Françoise YODA, CEDONET du RECIF/ONG Ouagadougou

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