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Les télécommunications entre bien public et marchandise, tel est le titre du livre qui a été présenté le vendredi 13 janvier 2005 au Centre de Presse Norbet Zongo.

dimanche 15 janvier 2006

C’est à l’initiative du réseau Burkina NTIC que la rencontre a eu lieu.

Elle a connu la participation de journalistes, d’étudiants et de nombreuses personnes s’intéressant à la problématique des télécommunications. Une trentaine de personnes dont des chercheurs en sociologie, en histoire, des experts en télécommunication, des informaticiens, des militants alter mondialistes, des militants associatifs, des syndicalistes, issus de trois pays d’Afrique, le Burkina, le Mali et le Niger, mais aussi d’Amérique latine et de France ont participé a la rédaction de ce livre.

Quatre contributeurs ont pris part à la cérémonie. Il s’agit du Pr André Nyamba, sociologue de la communication et enseignant à l’université de Ouagadougou, de Mousbila Sankara, responsable de l’association Solidarité Développement Poste et Télécommunications au Burkina, Sylvestre Ouédraogo, enseignant à l’université de Ouaga et coordonnateur du réseau Burkina ntic et Bruno Jaffré de l’association CSDPTT. Après les mots de remerciements du gestionnaire du centre M. Abdoulaye Diallo , la parole a été donné a M.Bruno Jaffré pour la présentation générale de la problématique défendue dans le livre. Il ressort de son exposé que malgré les progrès spectaculaire réalisés dans le domaine de l’information et de la communication ces dernières années, le droit à l’information et à la communication reste un mythe pour de nombreuses personnes. Que ce soit dans les pays riches ou les pays pauvres à cause des politiques libérales.

Grâce à une politique basée sur la recherche effrénée du profit, la plupart des acteurs du domaines des télécommunications sont hostiles aux approches des télécommunications en terme de biens publics. Cet ouvrage collectif élaboré en marge du SMSI se veut être donc un outil de conscientisation et de combat.

A la suite de M.Jaffré, M. Nyamba fera une présentation de sa contribution dont le thème est Approche sociologique et anthropologique de la communication dans les villages africains Dans son exposé, il ressort d’une part qu’il y a un réel engouement voire un réel besoin des NTIC dans les villages aujourd’hui.

L’appropriation des NTIC par les populations a un impact sur les relations sociales, mais le constat général est que l’accès à ces outils de communication reste encore assez difficile dans ces zones.

M. Mousbila Sakanra abordera une approche historique de la question sous le thème le retour des téléphones communautaires en zone rurales au Burkina Faso. En effet, il a souligné que la contribution des populations à la mise en place des infrastructures de communication dans leur région date des années de l’indépendance(1960). Seulement, au fil du temps avec l’évolution technologique, ces projets ont connu une décadence.

Quant à M. Sylvestre Ouédraogo, il parlera de la problématique conditions de développement et d’usages pour que les logiciels libre facilitent l’accès au savoir collectif. Selon lui, une bonne politique en matière de promotion des logiciels libre pourrait favoriser l’usage des NTIC pour les populations africaines. Mais à une condition que l’on mette l’accent sur les besoins de l’utilisateur. C’est dans ce sens qu’il parlera d’une approche Marketing de la question. Après ces exposés les participants ont bénéficié de plus d’une heure d’échange avec les auteurs. Au terme des débats M.Jaffré et M. Diallo ont interpellé les journalistes sur leur responsabilité à informer et sensibiliser les populations sur les enjeux autour des télécommunications. Par exemple, il ne faudrait pas confondre le droit des peuples à communiquer avec les miettes accordées par certaines sociétés télécoms qui s’érigent en bienfaiteurs. La marchandisation du monde peut être inversée grâce à un mouvement fort de la société civile. En France par exemple, les arnaques dont étaient victimes les consommateurs en France (facturation à la minute) ont pris fin grâce à l’action de l’association des consommateurs. Seulement un mouvement social fort et conscient pourrait faire changer la situation. Pour les zones rurales, tant qu’il n’y aura pas un mouvement fort, personne n’ira investir dans ces endroits. La cérémonie a pris fin par un cocktail.

Bntic Roukiattou Ouédraogo


Vient de paraître le livre Les télécommunications, entre bien public et marchandise, coordonné par Djilali Benamrane, Bruno Jaffré et François-Xavier Verschave, Editions Charles Léopold Mayer, novembre 2005, 18 €, 378 p.

La communication est au cœur des sociétés humaines. Avec le télégraphe, le téléphone, la maîtrise des ondes et Internet, l’économie-monde occidentale a construit le système nerveux de son hégémonie. L’essor rapide des possibilités de connexion jusqu’aux points les plus reculés de la planète est aujourd’hui un facteur clé de la mondialisation, sans pour autant que le droit à la communication pour tous ne soit assuré.

En quête de secteurs à très haute profitabilité, la finance s’est ouvert le capital des monopoles publics, avec l’appui des gouvernements et de l’OMC. La perspective de fortes plus-values a déclenché des achats-ventes d’opérateurs, la mise aux enchères de licences et des yoyos boursiers de plusieurs centaines de milliards de dollars, jusqu’à l’éclatement de la « bulle spéculative » causant des pertes sans précédent. Les promesses de progrès ont balayé les règles du service public et pénalisé l’ensemble des consommateurs chargé de payer la note, en particulier les plus faibles et ceux des pays du Sud.

Face à la déréglementation et à la perspective d’un élargissement de la « fracture numérique », les résistances se multiplient. Nombre des pionniers des NTIC sont proches du mouvement des logiciels libres et militants d’un monde plus solidaire. En Afrique, des syndicalistes, parlementaires, groupements d’usagers, ONG inventent des pratiques nouvelles. Ces mouvements montrent que la revendication de biens publics dans le domaine des télécommunications devient primordiale.

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