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Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO

mardi 4 novembre 2008

Le Président de l’association Yam Pukri

Au

Commissaire Général du Salon International de l’artisanat de Ouagadougou

Objet : Réactions suite au rejet de mon œuvre Yam Calebasse du Salon de l’innovation et de la créativité

Monsieur le Commissaire Général,

Suite à l’annonce sur le concours de la créativité au Salon International de l’Artisanat 2008, j’ai eu à déposer une œuvre conformément au canevas envoyé (voir documents joints). J’ai été ensuite convoqué à la Direction de l’artisanat le vendredi 24 octobre 2008 et on m’a prié d’y apporter ma pièce d’identité. Après avoir attendu comme bien d’autres artistes, un agent de la direction me remit la fiche présentant mon article et me signifiant que mon projet avait été rejeté parce que le jury estime, d’après l’agent que l’ordinateur est déjà beau comme cela et on a plus besoin de l’améliorer.

Je suis tout à fait d’accord que le jury est souverain, qu’il a l’expertise nécessaire pour décider de quel produit artistique il y a de meilleur et répond aux critères afin que le Burkina puisse montrer au reste du monde sa créativité et son ingéniosité. Mais la façon dont il a refusé mon produit et les termes utilisés m’ont sidéré pour un jury de cette qualité.

Je vais tout d’abord vous dire, Monsieur le Directeur, que le concept de l’ordinateur a évolué depuis ses débuts où un seul ordinateur ou calculateur pouvait remplir tout un immeuble. D’évolution en évolution, les calculateurs sont devenus des ordinateurs pesant quelques tonnes et ensuite quelques dizaines de kilogrammes et enfin l’ordinateur personnel dénommé PC fit son apparition dans les années 80. Ce concept a aussi évolué et on trouve des ordinateurs de format portable, de poche et certains sont même intégrés au téléphone portable (PDA).

Dire d’un objet qui est en constante évolution qu’il est déjà bien comme cela dénote d’une mauvaise incompréhension du phénomène et je trouve cela très grave parce que notre artisanat doit évoluer et certains de ses pans aller vers la production manufacturée ou de masse.

Aujourd’hui, on vend des dizaines de PC par jour au Burkina et si nos artisans pouvaient concevoir le revêtement extérieur, cela pourrait créer des emplois. En occident, les personnes désireuses d’objets atypiques en commanderont et cela va encore booster le marché de l’emploi.

Je ne comprends donc pas que l’on ne perçoive pas ces opportunités et que l’on n’incite pas à une créativité productive et seulement, en se limitant à de la créativité décorative. Pourtant dans votre site web, on fait l’éloge de la créativité : Le SIAO c’est un moment privilégié pour découvrir les nouvelles tendances de la créativité du continent africain.. Balade au sein de nouvelles matières qui s’harmonisent et font découvrir une image encore inconnue de l’artisanat faite de tradition et de modernité. , confère site web su siao http://www.siao.bf

J’ai vu au Niger une entreprise qui travaille sur les revêtements de clés USB en argent et cette entreprise arrive donc à créer une grande valeur ajoutée en fabricant des clés USB originales qui s’exportent comme de petits pains.

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l’UC Yam calebasse II
L’unité centrale Yam Calebasse II faite en matériaux locaux (morceau de calebasse, bois et cuir travaillé par des touaregs

Au sommet mondial sur la société de l’information en 2003 à Genève, mon concept d’ordinateur avec des revêtements locaux en a séduit plus d’un et le premier modèle a été positivement accueilli. J’ai présenté le modèle actuel lors du SIAO passé dans mon stand au pavillon des métiers (Stand Burkina ntic) et c’est le public qui m’a poussé à le présenter au concours de l’innovation parce qu’il trouve dommage que cest oeuvre reste méconnu.

Le SIAO doit être un tremplin pour mettre en valeur les opportunités de certains pans de l’artisanat qui peuvent évoluer positivement au lieu de simplement penser que l’art africain doit rester purement traditionnel et rustique.

Je propose, Monsieur le Commissaire Général pour améliorer la sélection des œuvres et la dimension de la créativité,

— Que désormais on demande aux artistes d’apporter leurs produits et non des photos pour les sélections.

— Que les critères de sélection soient clairement expliqués aux artistes

— Que l’on permette à l’artiste d’expliquer de vive voix son œuvre au lieu de s’en tenir à un petit écrit d’une demi-page

— Que l’on demande l’avis d’un spécialiste externe si toutefois dans le jury il n’a pas de spécialiste dans le domaine de l’objet tel qu’il a été peut être mon cas.

— Que l’on me réponde par écrit à l’issue de la sélection au lieu d’une brève entrevue verbale avec un agent de la Direction de l’artisanat.

— Que l’on fasse un programme de passage afin d’éviter les longues queues qui font perdre du temps inutilement pour les artistes et également publier simplement les œuvres qui ont été retenus par voix de presse.

— Que l’on demande une contribution financière aux artistes désirant présenter leurs œuvres si c’est la limite budgétaire qui conduit à « rendre expéditif » le travail de sélection.

— Que tous les œuvres non retenus officiellement au salon de la créativité soient recensés et mis sur le site web du SIAO afin de laisser aux internautes de décider librement du choix du meilleur objet. (prix du public internaute).

J’ose espérer, Monsieur le Commissaire Général, que mes suggestions trouveront une oreille attentive parce que je suis convaincu que vous souhaitez le meilleur pour l’art et l’artisanat de votre pays et c’est dans la profusion d’idées que nous arriverons ensemble à construire quelque chose de beau et de bénéfique pour notre nation.

Ouédraogo Sylvestre

Président association Yam Pukri http://www.yam-pukri.org


C’est quoi Yam Calebasse ?

L’Ordinateur meuble (Yam Calebasse II)

Description (dimension, poids, techniques et matériaux utilisés) Yam Calebasse II se compose d’une unité centrale composée de revêtement en matériaux locaux (cuir, bois et morceau de calebasse). L’unité centrale est conçue dans l’esprit d’être un meuble dans un bureau. Il faut dire que le format classique de l’ordinateur n’est pas agréable à voir et s’intègre aussi mal dans le paysage africain. La façade avant comporte un tiroir de rangement de Cdrom ainsi qu’un lecteur de CD./DVD. La première version était composée entièrement d’un revêtement en calebasse. La présente version a évolué en intégrant d’autres composants. Il s’agit aussi de montrer et de démystifier l’ordinateur. Le poids est de 7kg 500. La taille est de 43x41x23cm Les caractéristiques de l’ordinateur sont celui d’une P4 128 Mo de Ram. On peut naturellement changer de carte mère et y mettre un processeur plus puissant en fonction de ses besoins. Le système d’exploitation est Ubuntu, un système libre créé par un sud africain qui commence à envahir les ordinateurs du monde entier.

Yam calebasse II en utilisation

Arrièrre de l'UC Yam C II

Forum de l'article

  • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
    7 novembre 2008, par Zoul

    Excellent !

    Par contre, je ne suis pas d’accord pour faire payer aux artistes quelque chose pour présenter leurs oeuvres. On connaît la condition difficile des artisans, d’autant plus ceux qui n’ont pas encore rencontré un certain succès avec des créations particulièrement innovantes. Si le SIAO se donne l’ambition de découvrir des oeuvres originales, il faut des moyens pour fonctionner. Ce n’est pas ça qui manque au niveau du gouvernement du FASO, vu le nombre de fêtes qu’ils organisent...

    Où peut-on commander le Yam Calebasse 2 ? Peut-on en commander un nombre important ? à quel prix ?

    Zoul, un potentiel acheteur/revendeur


    • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
      7 novembre 2008, venant de 41.203.239.187

      Merci pour ta réaction. Si tu vois les œuvres exposées au salon de l’innovation, tu verras que ce n’est pas le travail du petit artisan ou artiste et c’est pour justement devancer les gars du SIAO que je leur hôte la possibilité d’évoquer la question des couts.

      Yam Calebasse est un concept que nous avons développé, mais nous le commercialisons pas pour le moment. Si tu viens au Burkina, emmène nous une carte mère, un disque dur, une barrette mémoire, un processeur, un lecteur de cd/dvdrom et on te fera payer seulement le cout du revêtement qui monte à 45.000 FCFA environ (calebasse , cuir bois et travail de l’artisan touareg)


      • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
        8 novembre 2008, par Nast

        C’est tout simplement beau comme chef d’oeuvre ! La prochaine fois que je passerai au Burkina je vous contacterai...

        Courage et surtout félicitations !!


  • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
    9 novembre 2008, par christian H. ROLAND

    je crois qu’il faut tout d’abord vous féliciter pour cette initiative. IL FAUT QUE L’AFRICAIN PASSE DU STADE DE CONSOMMATEUR PASSIF A CELUI DE PRODUCTEUR CREATIF§ !!! c’est dommage que ce soit toujours nos frères qui nous tirent en arrière avec leur mentalité de panier de crabes !

    >une question technique : il n’y pas de problèmes de surchauffent de composant éléctroniques avec les composant employés ? n’avez vous pas peur que le bois prenne feu avec la surchauffe.

    merci


    • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
      10 novembre 2008, venant de 41.203.227.126

      Pour la surchauffe, aucun problème. nous avons testé depuis deux ans et aucun problème. Nous avons prévu également de prévenir en cas en mettant un revêtement de film alu dans la carcasse intérieure de la calebasse.

      Cordialement


    • Lettre ouverte du président de Yam Pukri au Commissaire Général du SIAO
      14 novembre 2008, par okie

      Bonjour,

      Je suis d’avis avec Sylvestre Ouédraogo du fait que les gens ne comprennent pas en réalité le concept des TIC. Dire que l’ordinateur est déja bien comment cela denote vraiment d’une meconnaissance notoire du phénomène.

      Il faudrait qu’on ai le courage d’aller de l’avant. Merci a vous d’avoir réagit pour que tout le monde sache ce qui se passe dans les couloirs.

      Juste vous suggérer si cela n’est pas encore fait de faire publier cette lettre ouverte dans les journaux de la place également. Pour que plus de gens comprennent la dynamique que vous voulez impluser.

      Merci d’avoir réagit publiquement, car je suis certaine comment que d’autres comme vous n’auront pas cette opportunité ou disont ce courage ....

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