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MEDIA : Enfin le Burkina a sa convention collective.
Le 6 janvier 2009, les associations professionnelles des médias du Burkina Faso ont procédé à la signature d’une convention collective régissant le secteur. C’était en présence du Premier ministre Tertius Zongo. Cette signature est l’aboutissement d’un long processus de concertation soutenu par les pouvoirs publics.
Ça y est ! Longtemps désirée par les hommes de médias pour assainir l’environnement de la presse audiovisuelle et écrite, la convention collective a enfin vu le jour le 6 janvier 2009. Sa gestation date des années 90 à l’initiative de l’association des journalistes du Burkina et du Syndicat national des travailleurs de l’information et de la culture. Mais comme l’a reconnu le représentant des journalistes, Justin Coulibaly, cette signature n’aurait pas été possible sans la bonne disposition d’esprit des patrons des médias et l’accompagnement du ministère en charge de l’Information, de celui du Travail et de la Sécurité sociale et du Conseil supérieur de la communication qui a joué un rôle de catalyseur. L’action de la présidente du CSC ainsi que celle de son prédécesseur ont été unanimement saluées. Sy Cherif , représentant les patrons de presse, estime que leur "facilitation" a été assurée avec professionnalisme. Pour les journalistes, estime Justin Coulibaly, cette convention met fin aux pratiques informelles dans le secteur et sécurise employeurs et employés dans leurs relations de travail. Cette signature est un pas "qui montre la volonté des parties d’aller de l’avant." Mais, avertit Sy Cherif, "il ne suffit pas d’avoir un bon texte coulé sur du papier pour que les choses changent d’elles-mêmes". Il fait allusion à la mise en œuvre de cette convention pour laquelle il faudra mettre en place les instruments idoines. Une étape aussi essentielle que la signature de l’accord. Il a prévenu que cette mise en œuvre va nécessiter une restructuration des entreprises de presse, qui risque d’affecter négativement les charges de fonctionnement. Pour cette raison et au nom de la mission de service public assignée aux médias privés et du droit à l’information des populations, le représentant des patrons de presse a sollicité des mesures d’accompagnement au niveau de la fiscalité et de la publicité par la mise en place d’une régie d’annonces ministérielles. A titre indicatif, le président de la société des éditeurs de la presse privée parle de 40% de hausse de la masse salariale. Il s’est réjoui des mesures gouvernementales en cours sur le droit d’accès aux documents administratifs et la dépénalisation des délits de presse et a proposé que la subvention à la presse soit revue à la hausse et au besoin indexée au budget de l’Etat. Dans son allocution sanctionnant la signature de la convention, le Premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement à accompagner le processus. Pour ce qui est de la fiscalité des entreprises de presse, il a annoncé que l’année 2009 sera consacrée à une réforme générale de la fiscalité et que le secteur de la publicité, évoqué plus haut, est en voie d’assainissement. Béatrice Damiba, présidente du CSC, a loué l’esprit de dialogue et le sens des responsabilités qui ont prévalu au cours des négociations de la convention. L’adoption de ce texte va contribuer à dégager l’horizon des opérateurs et des acteurs de médias dans la nécessaire recherche de la performance au niveau économique et l’excellence au niveau professionnel. La présidente du CSC a souhaité une large diffusion du texte afin que personne ne se soustraie des obligations qui y sont prescrites. Elle a également annoncé la mise en place prochaine de la carte de presse burkinabè. Les parties se sont donné un délai de 12 mois pour l’application du texte.
Par Abdoulaye TAO/http://www.lepays.bf/spip.php?article708
