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PROBLEME D’ACCES A L’INTERNET : Il faudra encore patienter un mois

La 7e édition de la Semaine nationale de l’Internet (SNI) se déroule cette année au Burkina dans un contexte marqué par des difficultés d’accès à l’Internet. Sur les lignes qui suivent, les chefs de service réseaux fixes, Mahamoudou Diabo et du marketing, Abdoulaye Zida, de l’Office national des télécommunications (ONATEL/SA) nous donnent les principales raisons de cette situation. Elles sont dues principalement, selon eux, à des actes de vandalisme perpétrés sur les installations de l’ONATEL par des individus de mauvaise foi et seront aplanies en mi-juillet.

"Le Pays" : La Semaine nationale de l’Internet a lieu cette année à un moment où certains Ouagalais ont des difficultés d’accès à l’Internet. Quelles en sont les raisons ?

Mahamoudou Diabo, chef de service réseaux fixes de l’ONATEL : Les principales raisons des difficultés d’accès à l’Internet que nous rencontrons sont de deux ordres. Le premier est la difficulté d’accès aux services, liée à des actes de vandalisme que nous connaissons sur notre réseau et aux dégâts dus aux nombreux travaux publics qu’il y a dans la ville de Ouagadougou qui détruisent nos infrastructures qui permettent de véhiculer l’information jusqu’aux clients. A titre d’exemple, durant l’année 2006, nous avons enregistré 178 cas d’attaques de nos infrastructures. En 2011, pour les 5 premiers mois, nous avons enregistré 173 cas dont 99 pour le seul mois d’avril durant lequel il y a eu le couvre-feu. Le deuxième axe de difficultés d’accès à l’Internet c’est notamment sur la bande passante internationale. Vous savez que le Burkina est un pays enclavé et que l’on trouve les autoroutes de l’information dans le cable sous-marin. Donc, pour permettre aux Burkinabè d’avoir accès à l’Internet, nous sommes obligés d’aller dans les pays côtiers qui ont un accès au cable sous-marin. Aujourd’hui, les 2/3 de notre bande passante internationale passent par la Côte d’Ivoire. Et les récents événements qui s’y sont produits ont perturbé nos infrastructures de communication. Ce qui nous a fait perdre 2/3 de nos capacités d’accès à l’international. Il ne nous restait que les sorties vers le Bénin via le Togo et la sortie vers le Sénégal via le Mali. La bande passante étant réduite, les usagers ont des difficultés pour accéder à l’Internet parce que tout le monde se branche sur la bande passante restante.

Avez-vous évalué le préjudice que cela cause ?

Les préjudices sont incalculables aussi bien pour l’ONATEL que pour les usagers. C’est pour cela que nous appelons les bonnes volontés à nous accompagner dans la lutte contre le vandalisme de nos infrastructures. Pour ce qui concerne la bande passante, nous sommes en train de prendre des dispositions pour augmenter les capacités de la direction de sorte à éviter davantage des désagréments que les usagers subissent actuellement.

Le réseau national est-il sécurisé ?

Oui, le réseau national est bien sécurisé. Mais malgré le fait que les installations sont enterrées, des malfrats les vandalisent. Si vous prenez également le cas des dégâts, normalement, on devrait nous laisser déplacer nos installations avant d’effectuer les travaux. Malheureusement, pour beaucoup de cas, il n’en est pas ainsi. Si on prend le cas des travaux sur la route nationale n°1 et sur l’avenue de la Liberté, cette manière de travailler n’a pas été respectée si bien que beaucoup de nos infrastructures ont été détruites. Je pense que le problème n’est pas tellement lié à la sécurisation de nos infrastructures mais à la volonté de saccager. Le coût du cuivre ayant subi une hausse, les vandales cherchent les cables en cuivre qu’ils font fondre pour revendre par la suite à l’étranger. Pour le problème de la bande passante, ce sont des problèmes indépendants de notre volonté.

Pour avoir l’Internet, nous sommes obligés de passer par les pays côtiers et s’il y a des problèmes là-bas, il est difficile que nous puissions faire quelque chose. C’est justement, d’ailleurs, pour éviter d’être tributaire d’une seule sortie que nous avons, malgré les coûts plus élevés, pris des sorties vers le Bénin et le Sénégal pour éviter que la survenue d’un problème dans un pays ne nous immobilise.

Quelles sont les mesures prises pour résoudre les différents problèmes invoqués ?

Nous avons, en plus du fait que tous nos cables sont enterrés, entrepris de sécuriser davantage toutes nos chambres, c’est-à-dire là où nous sommes obligés de faire une ouverture pour raccorder les cables. Je ne vais pas donner trop de détails sur les mesures prises parce que cela peut donner aussi plus d’idées à nos vandales. Nous avons aussi entrepris des démarches auprès des autorités étatiques pour qu’elles nous accompagnent dans la lutte contre les actes de vandalisme qui nous pénalisent beaucoup. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour inviter les populations à nous aider à travers des dénonciations de tout acte suspect autour de nos installations soit en appelant l’ONATEL, soit en appelant les forces de l’ordre à travers les numéros verts tels que le 10 10. En vandalisant les installations de l’ONATEL, les malfrats empêchent les usagers d’avoir accès à l’Internet qui, aujourd’hui, est un vecteur de développement social et économique. Il y a beaucoup d’entreprises qui, sans Internet, ne peuvent pas travailler. C’est pourquoi il est important que chaque citoyen apporte sa contribution dans la lutte contre les vandales.

A quand précisément les difficultés d’accès à l’Internet seront-elles aplanies ?

Nous sommes en train de travailler à rétablir rapidement nos services. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour satisfaire la clientèle mais il y a des difficultés pour lesquelles il est difficile d’apporter des réponses dans l’immédiat. Les cables qui ont été volés et que nous devons remplacer ne se fabriquent pas au Burkina. Il faut les faire venir par un bateau, ce qui prend souvent quelques semaines. Mais je promets aux clients que d’ici la mi-juillet, tous les problèmes d’interruption que nous connaissons seront régulés. Nous avons des contraintes objectives mais, nous mettons tous en œuvre pour qu’en mi-juillet, tout soit résolu.

Qu’est-ce qui explique la lenteur de la connexion à l’aide des clés ?

Il y a deux types de clés. Il y a celles qui utilisent la technologie GSM qu’on appelle le GPRS. A ce niveau, la lenteur est liée à la nature même du service. Nous ne sommes pas les seuls à les commercialiser ; les autres sociétés les commercialisent également. Le débit de ces clés n’excède pas 64 kilobit/s. Elles sont faites pour des petites applications. Nous les utilisons pour permettre à ceux qui n’ont pas accès au haut débit de s’envoyer des images ou des messages grâce aux GSM qu’on a partout. Il y a les clés CDMA, ce sont des clés fixes avec lesquelles on ne peut pas se connecter partout. Pour se connecter à l’aide de ces clés, il faut être dans la localité où l’on vous a donné l’abonnement. Il y en a deux types : 1X qui a une capacité de 153 kilobit/s et EVIDO dont la capacité atteint 2 Mbit/s. Elles ont une facturation mensuelle comme l’ADSL et offrent une navigation fluide.

Quelle est la contribution de l’ONATEL à la Semaine nationale de l’Internet ?

Depuis que la SNI existe, l’ONATEL a toujours contribué. Avant la privatisation, c’est l’ONATEL qui organisait la SNI. Chaque année, nous participons de plusieurs manières. Nous sponsorisons les événements de la SNI. Nous participons également à travers le SITICO, notamment le centre TELMOB sur le site de la SNI. A ce niveau, on peut citer deux types de contribution : nous permettons aux gens de se familiariser avec l’Internet à travers les différents modes d’accès tels que la navigation via l’ADSL, la liaison spécialisée ou à travers le réseau sans fil qui démarre la connexion par les ondes. Comme contribution directe également, nous avons installé toutes les liaisons spécialisées à Ouaga 2000, à Ziniaré, à Ouahigouya et à Bobo-Dioulasso et qui permettent à tous ceux qui sont sur le site de la SNI de se connecter et de naviguer correctement. Nous avons également augmenté la bande passante qui est passée de 200 à plus de 1000 Mbit/s depuis 2006. Le deuxième volet concerne les promotions spéciales que nous organisons au cours des SNI pour permettre aux clients d’avoir des avantages. A titre d’exemple, La clé EVIDO haut débit qui est vendue à 113 900 F CFA en temps normal est cédée aux clients au prix promotionnel de 80 000 F CFA. Donc, nous contribuons diversement. J’invite les populations à s’intéresser aux TIC car si elles ne le font pas, les TIC vont s’imposer à elles. Dans tous les cas, on ne perd rien en utilisant les TIC car elles constituent aujourd’hui les moyens les plus rapides pour informer les gens. On peut informer 50 personnes en une minute à travers les SMS.

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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