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Pour qui tourne le FESPACO ?

Mon frère,

Le FESPACO chauffe à Ouaga, mais pour qui au juste ? Au vrai dire, je n’ai jamais assisté au FESPACO.C’est pour les étrangers en fait. les salles de ciné, déjà petites avec les étrangers sont bourrées aux heures de projection. Après le FESPACO, les films disparaissent encore pour aller en occident. là bas, ca rapporte plus pour nos cinéastes.

En plus de cela, quand on enlève les grands maîtres comme les Sissoko, les Idrissa, les Sembène, on a tendance à faire du cinéma pour plaire plus aux occidentaux qu’aux africains et ça devient de la singerie. On est forcé de présenter des thématiques des bailleurs et je trouve que ce n’est pas du vrai cinéma qui nous fait rêver.
Certes, il y a des tentatives de faire des projections en plein air, mais ca reste limité. Si ça continue comme cela, on risque de perdre le FESPACO.

Nous, on essaie de présenter nos vidéos de wagues.net pour montrer que l’on peut se débrouiller un peu avec les moyens de bord. L’invité d’honneur cette année, le Malien, le Dr Diarra Cheick a dit qu’il fallait que nous investissons dans le numérique afin de faire du cinéma moins cher. il a raison. les films coutent cher et pour le moment, les africains restent cloitrés dans un mental arriéré, à la recherche du faux naturel. On peut faire un studio dans la sous région où seront tournés tous les films. Nous avons à peu près le même climat, la même population. 90% des films western sont tournés dans un même village aux Etats Unis. Au Burkina, je rigole quand je vois une équipe de 45 personnes avec 15 véhicules taper 1000 kms aller retour pour aller tourner dans une région au Burkina seulement pour une scène de 5 minutes ! et avec ça, vous voulez que le cinéma ne revienne pas cher !

En plus de cela, les salles de cinéma ont presque toutes disparues, en dehors de quelques salles dans les capitales pour les VIP et le reste... rien. Nous avons actuellement le phénomène des DVD, des Vidéos CD et des vidéos clubs alimentés avec des groupes électrogènes dans les villages et les petits quartiers.
Il faudrait que nous adaptions nos images à ce phénomène si on veut être vu, sinon, on va toujours se contenter des images venant de l’Inde et de l’occident.
et pourtant, et pourtant, les Bobodioufs et autres ont fait leurs preuves et on en raffolent. quand je quitte le Burkina pour un autre pays africain, la première chose que l’on me demande est d’après les Bobodioufs. Les africains ont soif de leurs propres images, ils en réclament, ils en réclament. de grâce, donnez leurs ce qu’ils désirent.

Au Burkina, la révolution du cinéma commence à venir. Elle vient avec des non cinéastes. Des gens simples commencent à faire du cinéma qui fait rêver et qui plait et en plus, avec des budgets 100 fois moins élevés que les professionnels qui d’ailleurs commencent à en faire autant...

Bien cordialement.

Sylvestre

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C4C est une coalition d’ONG neerlandaise qui travaille dans le domaine de la Communication pour le changement dans plusieurs pays. cette vidéo montre une activitié d’apprentissage au Burkina avec ses partenaires.

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