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Processus d’identification biométrique l’appréciation des citoyens

Comment les citoyens apprécient le processus d’identification Biométrique entamé depuis le début du mois de juin par la CENI ?

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet DEMOCR@TIC par Yam Pukri et la Coalition des Organisation de la Société Civile pour un Développement Durable et Equitable (CODDE) des articles devraient être produit afin de contribuer à l’enracinement de la Démocratie au Burkina. L’année 2012 est une année électorale au Burkina Faso. Pour voter, il faudra obligatoirement le passeport qui est la carte d’électeur. Alors que pour l’obtenir il faut s’inscrire sur une liste électorale conformément à l’article 47 du code électoral du Burkina. Cette année l’opération d’inscription sur les listes électorales est appelée « enrôlement biométrique ».un mot inhabituel. Nous avons interviewé des citoyens afin qu’ils donnent leur point de vue sur le système d’inscription, l’appréciation de l’utilisation du mot enrôlement biométrique, et pendre leurs suggestions à l’endroit de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) quant à accroitre le nombre d’inscrit sur les listes électorales comparativement aux élections passées . Nous avons interviewé Mr Sylvestre Ouédrogo Président de l’Association Yam Pukri, Jean Marie Somda Président de la CODDE et Natacha Sawadogo étudiante à l’Université Ouaga 2. Voici la synthèse des trois interviews :

Sylvestre Ouédraogo pense que le système biométrique utilisé cette année est une bonne chose car, il permettra d’avoir un meilleur contrôle des listes d’électorales. En ce sens qu’un électeur ne pourra pas s’inscrire plusieurs fois dans des localités du pays, comme les plaintes des partis politiques de par le passé. Lors des élections passées les critiques étaient régulièrement portées sur le fait que certains électeurs s’inscrivaient plusieurs fois sur la liste électorale, une pratique qui pourrait favoriser le fait de vouloir aussi voter plusieurs fois.

Pour Mr Ouédraogo on pouvait simplifier cette opération en la confiant à l’Office National d’Identification (ONI) car il a une expérience de la biométrie mais aussi, il dispose d’une base de données qu’on pouvait juste compléter pour faire les cartes d’électeurs. Sinon, il est difficile de comprendre pourquoi l’on est choisi cette procédure qui est fastidieuse et qui coûte économique cher au pays.

Quant à l’utilisation du mot enrôlement Mr Ouédraogo dit que : « j’ai consulté le dictionnaire, le mot enrôler veut dire s’inscrire ou se faire incorporer dans l’armée ce qui est contraignant a mon avis. J’ai même pose cette question sur ma page face book certain ont lié ça à la tradition militaire de notre pays ». Pour lui le mot enrôlement a une connotation barbare mais son utilisation n’aura pas d’effet négatif sur les inscriptions quant on sait beaucoup d’électeur dans notre pays sont analphabètes. Mais on pouvait simplement dire « inscription sur la liste électorale informatisée ».

Le fait de coupler les élections risque de compliquer la tâche aux électeurs. Le Burkina a d’autsres urgences comme c’est le cas de la famine qui frappe de plein fouet les populations cette année. Alors qu’on aurait pu simplifier les choses en confiant le travail à l’ONI et on aurait pu gagner en temps et en argent. J’ai l’impression que nous faisons un perpétuel recommencement, le même exercice d’enrôlement biométrique vient d’être lancer pour les travailleurs de la fonction publique. Alors pourquoi ne pas travailler à aller vers une seule identification et travailler à une meilleure intégration des bases de données, en ajoutant les nouvelles possibilités comme l’envoi et la réception d’information par SMS ce qui nous aurait permis d’économiser des resources. De plus la biométrie n’exclu pas la fraude. Il ya l’expérience de la cote d’ivoire que nous connaissons tous.

Suggestion à la CENI pour accroître le niveau d’inscription sur les listes électorales : Mr Ouédraogo pense que pour accroitre le nombre d’inscrit par rapport aux années antérieures sur les listes électorales, qu’il faudrait songer à une inscription palliative pour les absences lors du passage des agents recenseurs dans les localités de l’intérieur du pays s’il n’y aura pas de second passage. Pour cela, il dit qu’on pourrait recenser ceux qui n’avaient pas pu s’inscrire lors du premier passage des agents recenseurs manuellement et reverser dans la base des données biométrique.

Natacha Sawadogo, étudiante en 2ème année à l’UFR/SEG

Natacha Sawadogo pense que l’utilisation du système d’enrôlement biométrique est une bonne chose car, il permettra de réduire la fraude et de mettre plus de transparence dans la gestion de la liste électorale. Pour Natacha le terme enrôlement ne la choque guerre car il veut dire simplement s’inscrire sur une liste électorale. Pour elle le mot enrôlement biométrique est plutôt attirant.

Natacha pense qu’il n’est vraiment pas opportun de coupler les élections car il ne serait pas facile pour les électeurs de se retrouver avec plusieurs bulletins. Economiquement cette année la biométrie n’était pas nécessaire parce qu’il y a la famine on devait mettre les ressources dans le règlement de cette crise alimentaire plutôt que dans la biométrie. Pour cela on pouvait continuer avec l’ancienne carte d’électeurs en attendant de régler le problème de la faim. Comme suggestion, Natacha pense que la publicité qui passe sur les chaines de télévision c’est suffisant et en milieu rural on pourrait recourir à la radio pour informer la population.

Mr Jean Marie SOMDA Président de la CODDE

Avant de commencer l’interview, Mr SOMDA a tenu à remercier les premiers responsables de Yam Pukri pour avoir associé la CODDE à la mise en œuvre du Projet DEMOCR@TIC qui contribuera nécessairement au renforcement de la démocratie dans notre pays. Il se félicite pour l’utilisation de la biométrique dans l’identification des électeurs au Burkina pour deux raisons. Premièrement le fait que de façon consensuelle les différents acteurs de la scène politique du pays à savoir l’Etat, les formations politiques et les organisations de la société civil soient d’accord pour recourir à la biométrie pour l’identification des électeurs. Deuxièmement, le fait que les autorités du pays ayant souvent été sollicitées pour faire la médiation dans certaines crises électorales dans des pays voisins ou elles recommandent cette technologie, alors elles ont aussi décidé d’y recourir pour ces élections couplées de 2012.

Pour Mr Somda si les partis politiques et les organisations de la societé civiles sont d’accord pour l’utilisation de la biométrie pour identifier les électeurs c’est que ça peut marcher. Sur le plan social et culturel il y a deux préoccupations l’analphabétisme de la population qui pourrait conduire à la confusion par cette frange de la population entre la carte d’électeur et la Carte Nationale d’Identité Burkinabè (CNIB). Car ces deux documents se ressemblent au point de vue taille. Outre cela, il y a les problèmes de manipulation car la carte d’électeur miniaturisée serait difficile à conserver, les gens pourraient la perdre avant la période électorale, et ce trouveraient dans l’embarras.

Mr Somda pense que notre pays est confronté à beaucoup de priorités et beaucoup d’urgences à la fois c’est l’exemple du déficit alimentaire et les frères maliens refugiés dans notre pays qui nécessitent des ressources financières pour leur soutien Cependant comme on aime à le dire que la santé n’a pas de prix, il faut dire aussi que la démocratie a un coût. Si le coût à payé peut contribuer à instaurer la paix sociale, alors il faut le faire. C’est une option qui fait partie des choix stratégiques qu’un pays doit opérer à un moment donné.

Concernant le fait de n’avoir pas confié l’identification à l’ONI pour Mr Somda, a priori on a le sentiment que ce sont des choses qu’on peut cumuler (la confection de la carte d’identité et la carte d’électeur) pour faire des économies d’échelles. Pour lui, il faudra faire attention pour ne pas faire la confusion de genre et éventuellement les doubles emplois. L’ONI a une fonction pérenne qui est de délivré la CNIB à tout citoyen burkinabé. Il a été porteur de beaucoup d’espoir mais on a vu la cacophonie au début de l’opération. Par ailleurs l’ONI étant sous la tutelle du Ministère de l’Administration territoriale de la décentralisation et de la sécurité (MTDS), peut susciter la méfiance de certains acteurs alors que la CENI avec l’enrôlement biométrique c’est une opération ponctuelle. Il était nécessaire que la CENI incorpore le coût de la biométrie dans son budget pour faire un bilan et rendre compte à la fin des élections couplées alors que l’ONI continuera son travail. Donc il était judicieux de séparer les deux opérations pour éviter cette confusion de genre.

Concernant l’utilisation du mot enrôlement biométrique, Mr Somda pense que nous tombons dans la sémantique de ce point de vue. Pour lui, il ya plusieurs termes qui paraissent quelques peut équivalents : « on pouvait peut être dire enregistrement, mais ça renvoie un peu a des objets. On pouvait utiliser le recensement cela renvoie a l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), si on utilise identification ce terme nous renvoie a l’ONI. Alors quelque soit le terme qu’on va utiliser, il aura une connotation. Si le mot enrôlement est approprié à la technologie de la biométrie, je crois qu’on peut l’utiliser. Il faut ajouter que les mots engager, recenser, enrôler sont des termes militaires qui aujourd’hui sont populariser dans le langage civil c’est de la sémantique, ça va être un débat entre intellectuels main essayons quand même.

Les suggestions à la CENI, seraient qu’elle accorde une attention particulière à la première zone où l’enrôlement a commencé. Dans ces zones les populations ont été moins informées et moins sensibilisées avant le début de l’opération. L’opération a effectivement commencé dans une cacophonie ; les agents d’enrôlement qui devaient faire le travail n’ont pas eu le temps nécessaire pour faire un apprentissage car les premiers qu’on avait recruté ont été renvoyés, … . La CENI devrait réfléchir à un véritable ratissage dans cette zone pour que les populations ne se sentent pas délaisser, car elles ont servies de cobayes et les erreurs ou insuffisances dont elles ont été victimes ont été rattrapées dans les autres zones.

Interviews faites par Mr SORY Salifou Synthèse par Mr Charles DALLA Ouagadougou le 5 juillet 2012

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