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SNI 07 : et alors ?
La fête de l’Internet célébrée depuis 1998 au Burkina Faso par un collectif d’associations et d’ONG au départ et par la suite par un comité sous la direction de l’ancienne Délégation Générale à l’Informatique a été institutionnalisée il y a de cela 3 ans déjà en Semaine Nationale de l’Internet et des autres TIC.
On a vite cru que l’Etat voulait faire de l’Internet un véritable outil de développement pour la masse, mais, sur le terrain, en questionnant "les vrais gens" , c’est à dire les simples citoyens, on se demande ce qui est réellement fait pour intérésser le grand public.
Malgré les efforts du gouvernement, nous ne comprenons pas certaines choses, par exemple :
Pourquoi ne pas lever les taxes sur l’importation du matériel informatique si l’on chante tous les jours que le développement ne peut passer que par là ?
Pourquoi ne pas permettre à tous les fournisseurs d’accès Internet d’avoir des clients partout au lieu de favoriser l’opérateur historique, ce qui prive les citoyens de l’intérieur du net qui passent leurs temps à faire la queue devant quelques modems de fasonet ? très fréquemment, nous lisons des écrits fâcheux des internautes de l’intérieur, obligés souvent de se déplacer sur des dizaines de kilomètres pour se connecter.
Pourquoi lors de la fête de l’Internet ne pas simplement permettre de faire un mois d’Internet gratuit sur tout le territoire national ? mettre 100 postes dans une salle pour former 5000 personnes en tranche de 5h est dérisoire, car, il faut d’abord apprendre à utiliser un ordinateur avant de se plonger dans l’Internet. On aurait pu faire cela tout le long de l’année et former des milliers de jeunes et la fête de l’Internet aurait été une occasion pour primer les meilleurs qui auraient fait des choses fantatisques en matière de création de contenus.
Pourquoi ne pas faire un webmail national et permettre à tout le monde d’avoir un espace .bf contre un paiement modique ? on aurait comme cela économisé de la bande passante puisque tout le monde se bouscule pour ’’sortir’’ à l’International et ainsi fait des recettes pour financer en partie la cyberstratégie.
Pourquoi ne pas sanctionner les opérateurs qui nous coupent des jours durant du web ? tout en sachant que ceux qui travaillent à distance ne peuvent se justifier auprès de leurs employeurs. Nous avons vu au Sénégal tout dernièrement une société payer des milliards pour quelques heures de désagréements causées auprès de sa clientèle.
Autant de questions que l’on se pose dans les coins de rues, dans les salles de machines ou devant la bière fraîche.
Selon nous, la semaine de l’Internet qui change de thème chaque année devrait montrer des acquis dans le domaine du thème ou encore, faire un petit projet durable dans ce sens afin d’intéresser les éventuels partenaires. On aurait aimé voir par exemple cette année qu’il a été mis en place un système de téléconférences entre deux communes ou entre une région et ses démembrements. Les autres régions allaient donc profiter pour s’enquérir de l’expérience de l’autre et ainsi, apprendre comment monter un tel projet.
Cela est d’autant plus vrai que nous n’avons pas vu un vrai projet de télémédecine voir le jour après la semaine de l’année passé ? N’était-il pas mieux d’acheter des appareils photos numériques aux médecins ainsi que des ordinateurs portables pour commencer où même simplement leur permettre d’utiliser gratuitement les téléphones mobiles entre eux sur tout le territoire national pour faciliter les échanges ?
Ce n’est qu’au prix de la mise en oeuvre de projets financés 100% par des fonds nationaux qui serviront d’écoles que les partenaires accepteront délier le cordon de la bourse au lieu de simplement financer des rencontres de cols blancs arrosées de champagnes.
Bntic.

