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Recherche

Secteur Informel des TIC en Afrique : l’atelier régional de Ouagadougou à la recherche d’une reconnaissance officielle de ce nouveau sous secteur
Après 3 ateliers de restitution (Sénégal, Cameroun, Burkina) la recherche sur le secteur informel des TIC s’est terminée avec la restitution régionale regroupant les chercheurs et des personnes ressources venant de ces pays.
Trois jours de travaux ont sanctionné cette restitution dont un public qui a réuni des organisations de la société civile, de l’Etat et des personnes venant du privé.
La restitution publique a eu lieu le vendredi 23 Juillet 2010 à l’Hôtel Pacifique de Ouagadougou, Capitale Politique du Burkina Faso.

Les raisons qui ont conduit à ce projet de recherche sont immenses.
L’intérêt des chercheurs a été porté sur ce thème du fait que :
Le secteur informel occupe 70 à 80% de la population active en Afrique subsaharienne du aux réalités des crises économiques cycliques des années 80- 90.
L’avènement et l’expansion des TIC surtout de la téléphonie mobile dans nos pays, villes et même dans les zones les plus reculées de nos villages.
Le fait qu’il n’existe aucune sérieuse sur le sujet du fait de la difficulté de l’appréhender et des problèmes d’ordre méthodologiques.
Selon les chercheurs nationaux du Cameroun, Mme TANKEU KEUTCHANKEU Robertine et du Sénégal Dr N’DIAYE Seydina Moussa, ces questions sont multiples et leurs réponses ont suscité d’autres interrogations : « Comment évolue le secteur informel des TIC ? Qui en sont les acteurs ? Quelles sont leurs relations interpersonnelles ? et avec le secteur formel des TIC »

Il faut noter que ce projet de recherche a été financé par le Centre de Recherches pour le Développement international (CRDI) représenté à cet atelier Régional par M. Alioune CAMARA. Selon lui, les raisons qui ont motivé le CRDI à accorder le financement à ce projet sont diverses : « Le nombre croissant d’activités et d’acteurs intervenant dans le secteur des TIC et de façon informelle et l’importance des revenus générées par l’informel comme le montrent les chiffres d’affaires des opérateurs des télécommunications. » mais aussi d’ordre social « Le besoin de produire des connaissances afin de mieux comprendre ces nouvelles dynamiques et leurs potentiels pour développer l’entreprenariat et la création d’emplois, ainsi que le besoin d’un cadre réglementaire et institutionnel incitatif pour accompagner les acteurs de l’informel et favoriser le cas échéant, la transition vers le formel ».

Des échanges salutaires et fructueux
Il faut noter que l’atelier a débuté avec le mot d’introduction de M. Alioune Camara suivi du discours de M. SAWADOGO Alfred Directeur général de la coordination des programmes de vulgarisation des technologies de l’information et de la communication (DG CPTIC) représentant le ministre des Postes & des Technologies de l’Information et de la communication (MPTIC). Dans son discours, M. SAWADOGO a évoqué l’importance des TIC pour nos pays « les TIC participent sans cesse à la réduction du chômage et de l’oisiveté dans nos pays, villes, et villages à travers son ouverture et accessibilité au secteur informel ». Il a également abordé la pertinence du thème du projet et sa raison d’être « Il est vrai que le secteur informel des TIC nous tient à cœur, mais nous n’avons cependant pas de données statistiques fiables sur la question…
C’est pour cela que votre recherche vient à point nommé afin de nous éclairer sur le rôle et la dynamique du secteur informel des TIC ».
L’atelier a bénéficié de la présence des participants de l’INSD, de l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCE), de la Chambre du Commerce, le réseau TIC & Éducation, APROTIC( l’association des professionnels des TIC), Sidwaya et autres invité-e-s venu-e-s du Cameroun, France et Sénégal.
La présentation du rapporta été assurée par Mr KABORE Moïse Enseignant chercheur à l’université de Koudougou, Assistant de recherche du projet et Mr TRAORE Inoussa Doctorant ayant participé à la recherche sur le cas du Burkina. Les échanges ont été riches et stimulants en perspective ; il en est ressorti qu’il y avait des risques pour les intervenants du secteur informel dans l’exercice de leurs activités et cela les chercheurs nationaux l’ont bien illustré. Ainsi, M. Serge BAYALA affirme : « Il y a bien sûr des risques, ce n’est pas vraiment prudent lorsque l’on voit les enfants courir entre les voitures pour vendre les cartes de recharge ». Les tracasseries dont sont souvent victimes les jeunes gens au Cameroun a été évoqué par Robertine T. « Ils sont souvent pourchassés par la police lorsqu’ils ne payent pas les taxes communautaires ». En outre, M. N’ DIAYE Seydina a relevé les problèmes socioculturels dans lesquels vivent les filles qui exercent dans ce secteur des TIC au Sénégal.
Par ailleurs, vu le fait que le secteur informel occupe 70 à 80% de la population active de l’Afrique subsaharienne, la question de l’apport économique du secteur informel des TIC n’a pu être négligée. Et l’on a retenu que cet apport était vraiment minime, mais pas négligeable, dans la mesure où ce secteur informel des TIC produit de l’emploi pour des milliers de personnes dans nos pays.

De plus, des perspectives sont en vue, et les questions qu’elles ont suscitées étaient entre autres : comment réguler ce secteur informel des TIC ? Faut-il formaliser le secteur informel des TIC ou plutôt le laisser dans sa dynamique en l’accompagnant ?
Lors des échanges, l’idée d’accompagner ce secteur dans sa dynamique a été la plus appréciée et les recommandations qui en ont suivi ont été :
la création de centres de formation permettant aux acteurs du secteur informel TIC (SITIC) de parfaire les connaissances pratiques
La mise en place d’un fond pour le financement des activités et la formation des acteurs du SITIC
La mise en place de mécanismes d’informations et de sensibilisation des acteurs du SITIC.
Enfin, la création d’un observatoire sur les SITIC.
Par ailleurs, pour appuyer ce besoin d’accompagnement, M. OUEDRAOGO Sylvestre coordonnateur régional du projet et Responsable de l’association Yam Pukri a expliqué que l’association Yam Pukri œuvrait déjà à assister les personnes du secteur informel « Nous donnons des formations à ceux qui le désirent, depuis 3-4 ans maintenant, nous faisons venir des téléphones mobiles d’occasion que nous revendons en gros à ces jeunes du secteur informel qui les revendent même en zone rurale ».

Nous ne pouvons que féliciter et encourager Yam Pukri pour ces belles initiatives. Chose qu’à su dire le Pr. Abdoulaye NIANG. La cérémonie a été clôturée par le mot de fin du M. Alioune Camara qui n’a ménagé aucun effort à encourager les chercheurs à entreprendre d’autres projets de recherches en s’inspirant des interrogations nées des réponses des premières problématiques.
ILBOUDO Pascaline Yam Pukri/Burkina ntic
