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Traquer les cybercriminels : Blaise Compaoré à l’IUT
Du 11 novembre au 14, le président Blaise Compaoré séjourne au bord du lac Leyman où il participe à une série de rencontres dont principalement le Conseil 2008 de l’Union Internationale des télécommunications à Genève en Suisse, puis pour les prochaines 48 heures, il s’envolera pour Strasbourg et Paris dans l’Hexagone où d’autres rencontres et discussions non moins importantes l’attendent après l’étape suisse.
Parti sur le coup de 10 heures GMT, c’est après 5 heures de vol direct et par un temps pluvieux que l’avion présidentiel a amorcé son atterrissage mardi 11 novembre dernier à l’aéroport international de Genève. C’est cette belle ville qui abrite le siège de l’Union internationale des télécommunications (IUT) que dirige le docteur Hamadoun Touré du Mali qui est la première étape du séjour européen du président Compaoré.
Et si le président burkinabè est présent à Genève, ce n’est pas pour rendre une quelconque visite de courtoisie aux autorités helvétiques mais, bel et bien pour répondre à la sollicitude du patron de l’IUT qui, en avril dernier, avait manifesté son désir ardent de voir Blaise Compaoré parrainer personnellement la présente session de son organisation. Et naturellement cette session, qui se tient actuellement, ne pouvait aucunement se dérouler en l’absence de Blaise Compaoré puisqu’il avait donné l’assurance d’y être présent.
Placée sous le thème central de la lutte contre l’utilisation des nouvelles technologies et de la communication à des fins criminelles, la présente rencontre de Genève n’est que le prolongement du sommet tenu à Kigali (Rwanda) en octobre 2007 sur le thème « connecter l’Afrique ». C’est désormais de notoriété publique, la puissance du monde virtuel augmente et les nouvelles technologies de l’information et de la communication comblent bien de nos désirs.
En effet, grâce aux NTIC, un étudiant d’un pays en développement aura un plus grand accès à la bibliothèque d’une prestigieuse université, un entrepreneur pourrait assister à une conférence internationale sans avoir quitté son bureau, un homme pourra négocier avec ses fournisseurs et régler ses commandes sans aucun risque, bref autant dire que le monde virtuel reste un précieux outil pour permettre une vie meilleure.
Malheureusement, les risques, qui vont de pair avec les techniques modernes de communication, n’ont rien de virtuel. L’internet nous ouvre certes des perspectives nouvelles, mais nous expose aux embûches et aux dangers des cyberprédateurs. Qui plus est, ces dangers ne connaissent pas de frontières, comme la plupart des défis auxquels l’homme est confronté aujourd’hui.
C’est pour cela que dans son adresse à cette session de l’UIT, le président Oscar Arias Sanchez du Costa Rica, par ailleurs lauréat du prix Nobel de la paix, estime que tout comme la criminalité et la violence qui sévissent dans un pays touchent un autre pays du fait de l’afflux des déplacés et des réfugiés à la recherche d’une main secourable, la cybercriminalité, qui existe dans un pays, peut faire des victimes n’importe où dans le monde.
Aujourd’hui, avec plus d’un milliard de personnes connectées à l’internet à travers le monde, les technologies de l’information et de la communication restent le moteur de la croissance économique. C’est pour cela que dira Hamadoun Touré, les NTIC constituent les outils les plus importants en vue de la réalisation d’ici à 2015 des objectifs du Millénaire pour le développement.
Cependant, poursuivra-t-il, les utilisations malveillantes de cette technologie avancée et l’absence de véritables stratégies mondiales multiparties prenantes pour résoudre ces problèmes mettent en péril les avantages dont nous devrions bénéficier en tant que citoyens de la société de l’information.
Ainsi donc la cybersécurité et la paix dans le cyberspace sont les principales préoccupations dans l’ère de l’information ce, d’autant plus que les criminels sont à l’affût, prêts à fondre sur leurs proies pour usurper les identités, violer la confidentialité, répandre la haine et pire que tout, servir les pratiques infâmes de la pédophilie.
Et de l’avis du secrétaire général de l’UIT, Hamadoun Touré, qui parle ici d’autorité, ce sont plusieurs milliards de dollars, les pertes financières liées à la fraude sur internet et à la construction des réseaux ayant fait l’objet de cyberattaques. C’est pour cela, dira-t-il en guise de conclusion, nous devons agir pour lutter contre cette menace. Pour le président Compaoré qui s’exprimait en tant que parrain, il a dit que son pays s’emploie à encourager les NTIC en prenant les mesures visant à garantir la sécurité et une meilleure qualité de services de télécommunications en toute sécurité.
Au nombre de ces mesures, poursuivra le chef de l’Etat, figure la cyberlégislation pouvant mettre en confiance les citoyens, les entreprises et l’administration dans l’utilisation des services de la société de l’information, l’élaboration de cyberstratégies sectorielles à même de contribuer à sécuriser le domaine des NTIC. Pour Blaise Compaoré, le Burkina continuera de s’investir pleinement dans la promotion du programme universel de cybersécurité de l’UIT conformément à ses engagements.
L’Observateur Paalga (Ouagadougou)
12 Novembre 2008 Publié sur le web le 13 Novembre 2008
