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VIe édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO 2009) : le renforcement de capacités à l’ordre du jour

lundi 21 décembre 2009

"Il faut une mutualisation des ressources", affirme Serge Théophile Balima

Les VIe Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) ont débuté dans la matinée du jeudi 17 décembre 2009 par la série des conférences. "Journalisme et renforcement des capacités" animée par Serge Théophile Balima et "Responsabilité sociale du journaliste" exposée par Salif Koala, ont constitué les deux premières communications.

Le parrain des UACO 2009, le Pr Serge Théophile Balima, a ouvert ce jeudi 17 décembre 2009, le "bal" des conférences, sur le thème de cette VIe édition, "Journalisme et renforcement des capacités". En clair, ce thème pose la problématique de la formation au métier de l’information et la communication.

Avec comme modérateur, Adama Barro, le conférencier a bâti sa communication autour de trois questions : peut-on former au métier de journalisme ? sait-on former ou comment former au métier de journalisme ? Doit-on former à ce métier ? La première interrogation du Pr Serge Théophile Balima concerne l’adéquation des contenus pédagogiques. Pour lui, il n’existe pas une formation cohérente capable de répondre aux exigences d’un domaine aussi flou comme celui de l’information et de la communication.

"La confusion des genres journalistiques avec la communication, n’offusque personne. Pourtant, les conséquences sont graves", a déploré le parrain des VIe UACO. En ce qui concerne sa deuxième question sur la manière de former au métier de journalisme, il s’agit de la pertinence des contenus pédagogiques dans les centres et écoles de formation.

A ce sujet, Serge Théophile Balima a proposé une collaboration institutionnelle entre les différents acteurs du métier. Et selon lui, cela exige une mutualisation tant des ressources humaines que techniques. Il a en outre souligné que les journalistes doivent savoir qu’ils jouent un rôle important dans la société. Pour cela, ils doivent rapporter les faits le plus fidèlement possible dans les brefs délais.

De la responsabilité sociale du journaliste

La deuxième conférence du jour sur le thème, "Responsabilité sociale du journaliste" a été animée par Salif Koala avec comme modérateur, Aminata Ouédraogo. Pour le conférencier, les responsabilités du journaliste sont nombreuses. Médiateur, on attend de lui une réflexion fidèle et un compte rendu exact de l’actualité.

"Tantôt juge, tantôt partie, le journaliste doit interpeller la conscience du législateur, prendre à témoin l’opinion", a déclaré Salif Koala avant d’ajouter que si un journaliste se trompe, il y a de grande chance qu’il trompe aussi le public. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, le journaliste doit se persuader qu’une source n’est pas indéfiniment fiable.

Le journaliste est, en outre, astreint au secret professionnel car, il est tenu de ne jamais divulguer sa source. Salif Koala a noté certaines insuffisances, notamment juridiques dans les textes constituant la profession au Burkina Faso.

"Le code de l’information du Burkina est incomplet car il n’y a pas de textes régissant les écrits sur Internet. Il faut combler ce vide", a-t-il relevé.

Il a aussi noté qu’il y a un vide dans les rapports entre la presse et la publicité. "Alors que le code de la publicité interdit la publicité de l’alcool par exemple, la presse le fait sans problème", a-t-il affirmé.

Sié Simplice HIEN, Sidwaya.

Adapter les programmes de formation aux besoins de l’ère

Dans le cadre des activités de la VIe édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO 2009), une conférence a été animée par Bouba Sow, professeur au CSTI de Dakar. Elle avait pour thème : "Les TIC, enjeu de la formation" et s’est tenue au CENASA, le jeudi 17 décembre 2009.

"Les TIC, enjeu de la formation", a été le thème de la conférence animée par le professeur Bouba Sow de l’Université de Dakar. Ce fut une occasion pour lui de faire savoir aux acteurs de la communication, la nécessité de former les étudiants à une bonne maîtrise des technologies de l’information et de la communication (TIC). En effet, selon lui, "le développement passe nécessairement par la communication".

La communication, quant à elle, passe par des outils et moyens que peuvent être respectivement l’Internet et les téléphones. Ainsi, pour permettre leur meilleure exploitation, leur implication conséquente dans le développement des médias, le changement du curricula, son adaptation aux nouvelles réalités s’imposent, a fait savoir Bouba Sow.

Se fondant sur la crise guinéenne, il a tout simplement dit que la seule source d’information sur la situation du pays est l’Internet. Toute chose qui, selon lui, doit conduire les responsables de médias africains à mettre un accent particulier sur les TIC. Ces nouveaux médias (Internet) doivent, selon Bouba Sow, servir de complément aux médias traditionnels. Il a également rappelé la nécessité de la polyvalence des journalistes ceci, pour s’adapter aux contraintes économiques, d’où les Journalistes reporters d’images (JRI).

Le conférencier a également touché du doigt, la situation très peu reluisante des médias africains, surtout francophones. Pour lui, même si le fossé est immense entre le Nord et le Sud en terme de technologies, de l’information et de la communication, il n’est pas moindre entre les pays du Sud.

Il a invité les responsables des écoles de formation en journalisme et les pouvoirs publics à tout mettre en œuvre pour adapter les écoles aux nouvelles réalités et à améliorer l’accès à l’Internet, car, c’est la volonté politique surtout qui manque et non les moyens, à en croire Bouba Sow

Ousmane PARE, Sidwaya.

(Stagiaire)

L’offre informationnelle décortiquée par Luc Adolphe Tiao

"La qualité de l’offre informationnelle", c’est le thème de la dernière conférence des UACO 2009 assurée le samedi 19 décembre 2009 pour l’ambassadeur du Burkina en France, Luc Adolph Tiao. Sans détour, l’ancien président du CSC a déclaré qu’au Burkina, l’on pratique du journalisme approximatif.

L’ultime conférence avant la clôture des VIe Universités africaines de la communication (UACO) a porté sur la qualité de l’offre informationnelle. Elle a été animée par l’ambassadeur du Burkina Faso en France, Luc Adolph Tiao et avec pour facilitateur, Mafarma Sanogo. "L’information est une ressource vitale", a lâché d’entrée le conférencier.

Le journaliste doit mettre à la disposition du public, a-t-il assuré, des informations fiables pour lui permettre d’éclairer sa vision des événements. Mais selon l’ancien président du CSC, du Nord au Sud, entre l’idéal et la réalité, le fossé est grand. "Les polémiques mettent à mal la fiabilité des journalistes.

L’accès à des informations de qualité se pose. Au Burkina, même s’il y a eu beaucoup de progrès, l’offre informationnelle reste en deçà des attentes du public", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que l’avènement de la démocratie a donné plus de légitimité aux médias. S’agissant de la question de la crédibilité, le conférencier soutient qu’elle relève du niveau de confiance que le public peut témoigner à l’égard de l’information diffusée.

Car pour lui, la qualité d’une information dépend de la fiabilité de la source. "Malheureusement au Burkina Faso, l’on pratique du journalisme approximatif parce que les colonnes des journaux sont inondées de commentaires et de rumeurs", a déploré Luc Adolph Tiao.

En privilégiant le commentaire, a-t-il poursuivi, les journaux imposent au public ses opinions. "La rumeur ne doit pas être la ligne éditoriale d’un organe de presse. Certains la mettent sur le même pied d’égalité que le factuel", a-t-il souligné. Pour le conférencier, en plus de l’instauration d’un cadre de régulation indépendant, il est nécessaire que les acteurs du secteur s’auto-régulent sans oublier bien sûr la formation. Car selon lui, une presse fiable repose sur la qualité de ceux qui la pratiquent.

- Sié Simplice HIEN, Sidwaya.

La liberté d’expression et d’opinion, un droit pour tous

Deux conférences ont été animées, le vendredi 18 décembre 2009 au CENASA. Ces deux conférences sont relatives aux actions de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) en faveur de la liberté d’expression et à l’accès aux sources d’information.

L’histoire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ses missions, ses actions en faveur de la liberté d’expression et d’opinion...voici ce sur quoi s’est articulée la première conférence du vendredi 18 décembre 2009 au Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) à Ouagadougou.

Il a été animé pour M. Hervé Barraquant, responsable des projets à l’OIF. Il a dans son exposé montré que les objectifs de l’OIF dans le domaine de la liberté d’expression sont le renforcement des capacités techniques et matérielles des médias, des capacités des journalistes sur le plan éthique et déontologique, la consolidation des structures professionnelles...

C’est dans ce sens que l’OIF avec ses pays membres ont fait des déclarations comme celles de Bamako en 2000, Saint Boniface en 2006...toutes relatives à la liberté d’expression et d’opinion ainsi qu’un fonds d’appui à la presse francophone depuis 2006. 65 entreprises de presse privée dans 16 pays ont déjà bénéficié de cette aide à hauteur de 1,3 milliard de francs CFA.

"L’OIF est là pour accompagner les Etats dans le sens de la liberté de la presse et nous travaillons de concert avec ceux-ci", a souligné M. Barraquand. Il cite par ailleurs l’article 19 de la Déclaration universelle des droits humains qui garantit cette liberté d’expression et d’opinion pour montrer combien l’OIF est très attachée à cette liberté. La deuxième communication a été donnée par M. Assani Vianney, praticien, formateur de journalistes et responsable d’une entreprise de presse au Bénin.

Cette communication s’est axée sur l’accès aux sources d’information et liberté de la presse. Il a d’abord fait la nuance entre communicateur et journaliste. Le communicateur donne une information intéressée alors que le journaliste donne une information désintéressée. Presque tous les pays ont, dans leur constitution, un article garantissant l’accès à l’information.

Au Burkina Faso, en plus de cela, le Premier ministre Tertius Zongo a fait passer une circulaire demandant à l’administration de permettre l’accès facile des journalistes aux documents officiels. L’accès aux sources d’information est souvent bloqué par sa rétention liée à un intérêt quelconque, à une mauvaise foi, à la médiocrité administrative... Pour mener à bien son travail, le journaliste doit se rassurer, vérifier ses sources, détenir des preuves matérielles avant toute diffusion de l’information.

"Un journaliste doit être sérieux dans sa quête, son traitement et sa diffusion de l’information pour éviter les diffamations, les atteintes à la vie privée...Il doit être impartial", a noté M. Vianney. Le journalisme est un métier noble, une science et pour cela il y a des règles à suivre.

Le journaliste est un éducateur, un informateur, un sensibilisateur... C’est pourquoi le père du journalisme moderne Albert Londre dit ceci : "Le rôle du journaliste n’est ni de plaire ni de déplaire, il a un rôle de remuer la plume dans la plaie".

Wendyam Valentin COMPAORE

Valentin.compaore@yahoo.fr

Le président de l’UPF partage ses connaissances

L’Union internationale de la presse francophone (UPF) a, à travers son président Alfred Dan Moussa, contribué à la réussite de la VIe édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO). Il a parlé de ses "expériences", le vendredi 18 décembre 2009 au CENASA à plusieurs jeunes journalistes.

Le président de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), Alfred Dan Moussa a salué la grandeur de la capitale burkinabè, Ouagadougou, de "vouloir être, et se maintenir dans le débat sur les médias".

Dans une conférence essentiellement adressée aux jeunes ou futurs journalistes, le vendredi 18 décembre 2009 au CENASA, M. Dan Moussa a d’abord défini le terme "journaliste" en quatre étapes (escales). Premièrement, il a parlé de la collecte d’informations du journaliste. Deuxièmement, le conférencier a évoqué le souci de la vérification de l’information et de sa sélection, troisièmement, par le journaliste en se demandant fréquemment : "quelle est l’information que le public attend".

Après la sélection de l’information, le journaliste doit quatrièmement, a-t-il dit, l’adapter aux règles journalistes (la pyramide inversée, bien écrire les noms et prénoms, les titres, respecter l’anonymat par les sources...). Cinquièmement, c’est la diffusion ou la publication de l’information traitée. Le conférencier a renchéri pour faire savoir que le journaliste ou la journaliste doit respecter, en plus de ces cinq étapes (escales), la déontologie du journalisme, l’ethique, la ligne éditoriale de son organe, la loi sur les médias.

A propos du thème de ces UACO 2009 "Journalisme et renforcement des capacités", le président de l’UPF a soutenu que renforcer les capacités du journaliste "c’est mettre plus en éveil les aptitudes professionnelles de celui-ci", c’est rendre plus opérationnelles ses facultés professionnelles, c’est améliorer sa technicité et son expertise, c’est enrichir son savoir-faire professionnel, c’est actualiser ses connaissances, etc. Pour terminer, il a expliqué à l’assistance que "le renforcement des capacités peut se rencontrer à table, au cours d’un repas, dans une voiture ou un car, durant une excursion, pendant les pauses-café de la VIe édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou".

Alassane KERE Sidwaya.

Un appel pour une presse africaine plus compétente

Les portes des VIe Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) se sont refermées le samedi 19 décembre 2009 après trois jours de conférences et de débats. Un plaidoyer pour le renforcement des capacités en journalisme des professionnels africains a été lancé à l’issue de cette VIe édition.

Formations et conférences-débats sur le thème, "Journalisme et renforcement des capacités" ont constitué le menu des VIe Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) du 17 au 19 décembre 2009. A l’issue des 72h de travaux, femmes et hommes de média sont désormais convaincus que la formation professionnelle initiale et continue est indispensable dans leur métier à cause de son impact indéniable sur le public. Ils sont également conscients que le secteur des médias s’enrichit des progrès de la science à un rythme accéléré.

La cérémonie de clôture des VIe UACO ce 19 décembre présidée par le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Savadogo a été l’occasion pour les participants de solliciter la contribution des bonnes volontés pour l’enrichissement permanent du savoir-faire professionnel des personnes physiques et morales du secteur des médias africains.

Les UACO ont ainsi demandé aux gouvernements, à l’OIF, à l’Union internationale de la presse francophone, aux missions de coopération, plusieurs faveurs. Les participants souhaitent qu’ils fassent bénéficier aux professionnels des médias de stages pratiques aussi bien dans les Etats africains que dans les autres pays du monde.

Ils ont aussi sollicité des séjours d’études susceptibles d’améliorer leur technicité et leur expertise et aussi des équipements correspondant aux évolutions progressives dans leur métier. "Il vaut mieux débattre d’une question sans la régler que de la régler sans en débattre", a indiqué le ministre Filippe Savadogo lors de la clôture avant d’ajouter : "je suis comblé que tous reconnaissent qu’on doit continuer à consolider nos compétences et nos capacités.

Il en sera de même pour les UACO 2010 car il faut apprendre à nos jeunes qu’on ne vient pas dans le journalisme lorsqu’on n’a pas de travail". Pour le premier responsable du département en charge de la communication, les UACO à venir seront encore renforcées par des ateliers et des conférences car l’objectif est de faire de Ouagadougou "la capitale de la presse libre en Afrique".

Sié Simplice HIEN Sidwaya.

Impressions de participants aux UACO 2009

Le parrain des UACO 2009, le Pr Serge Théophile Balima : "La première chose à retenir de ces UACO 2009, c’est la volonté conjuguée de tous (ministère, centres et écoles de formation) d’essayer de se donner la main pour accompagner l’ensemble des professionnels aussi bien par la formation initiale que continue indispensable dans ce secteur particulier. Mais tout homme étant perfectionniste, je souhaite qu’on puisse mieux faire. On peut tout de même être satisfait des contenus et des conclusions qui ont été tirées.

Chacun a pris conscience de la complexité de la formation. Faut-il être formé avant d’exercer le journalisme ou se former tout en exerçant le métier ? C’est une grande question et je pense que la vérité se trouve de part et d’autre. Dans tous les cas, il faut se former avant ou à l’interne, car la formation est très importante. Le journalisme ne sais jamais, il cherche à savoir d’abord et ensuite sur la base de ce qu’il sait, il donne l’information et explique les phénomènes pour que le public soit plus éveillé".

Philippe Ouédraogo, AIB Bam : "Les VIe UACO ont été une grande école pour nous correspondants de presse dans les régions. Car durant 72h, nous avons beaucoup appris, des genres rédactionnels en passant par le reportage. On exerçait le métier sans avoir reçu une formation. Maintenant que nous sommes outillés, il y aura beaucoup d’amélioration sur le terrain. Nous souhaitons que les UACO perdurent".

Stanislas Bado, AIB Mouhoun : "Ces 3 jours ont été une véritable école pour nous. Nous avons compris que nous devons fournir beaucoup d’efforts dans le cadre du renforcement de nos capacités. Nous souhaitons à l’avenir qu’il y ait plus de conférences afin que nous puissions nous aguerrir, car les UACO constituent un cadre idéal pour la formation des journalistes".

Propos recueillis par

Sié Simplice HIEN Sidwaya.

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