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Vive la classe sur le Web !
L’Université virtuelle africaine pourra-t-elle développer l’enseignement sur le continent ? Très probablement. En tout cas, l’idée séduit de plus en plus de jeunes, désireux de bénéficier de cycles courts et formateurs. D’autant que les 50 dollars demandés pour ce cursus le rendent facilement abordable. Selon le recteur, Cheick Modibo Diarra, 24 000 étudiants ont déjà bénéficié de ces leçons à distance depuis leur instauration en 1997, à l’initiative de la Banque mondiale, qui finance pour moitié ce projet. À n’importe quel moment, des milliers d’élèves vivant au sud du Sahara peuvent assister au même cours magistral, transmis par Internet depuis les universités d’Amérique du Nord, d’Europe et du Pacifique, jusqu’à leur centre local d’apprentissage. Les anglophones d’Éthiopie, du Ghana, du Kenya, du Mozambique, de Namibie, du Nigeria, du Rwanda, d’Afrique du Sud, de Tanzanie, d’Ouganda et du Zimbabwe reçoivent leur instruction du Canada, de l’Irlande et des États-Unis. Quant aux francophones du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, de Mauritanie, du Niger, du Rwanda et du Sénégal, leurs leçons sont dispensées par des universités belges, canadiennes et togolaises. À la moindre question, l’étudiant reçoit en direct une réponse du professeur faisant la classe à des milliers de kilomètres. Par ailleurs, les séances étant enregistrées, il est possible de les consulter à sa guise. Les matières dispensées couvrent trois domaines professionnels : le commerce, l’informatique et l’ingénierie électrique. « Mais nous assurons aussi des cours de haut niveau en gestion et journalisme financier », précise le recteur. Chaque centre de formation - dont certains sont installés au sein des campus - est équipé pour accueillir cinquante élèves en même temps. Cependant, d’après Diarra, le concept rencontre un tel succès que certaines facs africaines ajoutent quatre ou cinq salles supplémentaires, et multiplient si bien leurs réceptions satellite que 300 personnes peuvent étudier en simultané. L’Université virtuelle africaine espère qu’à l’avenir 500 000 étudiants pourront accéder à ses services, grâce notamment à une technologie bon marché et réutilisable dans la durée. Mais, dans de trop nombreux pays africains, le handicap du sida et le fardeau de la dette freinent encore la formation de professionnels.
Fiona Fleck
© Dow Jones & Company 2003 et J.A./l’intelligent. Tous droits réservés
Source Jeune Afrique l’intelligent du 15 Janvier 2003
