Publicité
Autres articles
- Bill Gates à la conquête du Sud.
- Un coup de téléphone sauve la vie de villageois.
- Les TIC pour la formation au service du développement : les facteurs clés de réussite. Siège de l’UNESCO, Paris, France, 11-13 mai 2005.
- 3e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou sous le thème : « Savoirs locaux dans la société de l’information : espace d’émergence ou espace d’uniformisation » ?
- OHADA des télécoms : une phase essentielle dans le processus d’harmonisation des réglementations des télécommunications en Afrique a été franchie.
Recherche

XIè Sommet de la Francophonie : ÉDUCATION ET TIC, L’ATTELAGE GAGNANT
Outil majeur au service de l’éducation, les nouvelles technologies ouvrent de larges horizons et sont porteuses de solution novatrices
Les dirigeants du monde francophone se sont réunis à Bucarest, la capitale roumaine à l’occasion du 11è sommet de la Francophonie. La rencontre se déroule au palais du Parlement, un gigantesque bâtiment construit par l’ancien dictateur Nicolae Ceaucescu, renversé en 1989 puis exécuté avec sa femme à l’issue d’un jugement expéditif. L’ancien dictateur communiste est parti, mais son oeuvre est là, trônant majestueux au centre de Bucarest. Il s’agirait du plus vaste édifice public au monde après celui qui abrite le Pentagone. Il couvre 450.000 m2. C’est dans la grisaille de Bucarest et par une matinée pluvieuse que ce palais monumental a accueilli l’ouverture du rendez-vous francophone.
Ce sommet de Bucarest revêt, pour plusieurs raisons, une importance particulière pour l’organisation internationale. Tout d’abord, il s’agit de la première réunion au plus haut niveau des instances de la Francophonie depuis l’adoption de la nouvelle Charte de la Francophonie, document qui renforce la dimension politique de l’organisation à un niveau jamais atteint auparavant. De plus, Bucarest est considéré comme un sommet électif, les chefs d’État devraient se prononcer sur la personne qui remplira la fonction de secrétaire général pour les quatre années à venir. Même si la reconduction de l’actuel secrétaire général, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, ne fait aucun doute. Par ailleurs, c’est la première fois qu’un sommet de la Francophonie est organisé en Europe de l’Est.
Plusieurs chefs d’État de pays francophones participent à cette conférence, parmi lesquels le président de la République, Amadou Toumani Touré. Le chef de l’État qui conduit une délégation comprenant le ministre de la Communication et de Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo, et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, est arrivé à Bucarest mercredi en fin de journée. Sur la route de la Roumanie, il a fait une escale à Tripoli où il a eu un long entretien avec le dirigeant libyen, le Frère Guide Mouammar Khadafi.
"Les technologies de l’information dans l’éducation", tel est le thème officiel de ce 11è sommet des chefs d’État de la Francophonie qui se réunissent tous les deux ans. Le dernier sommet s’était déroulé, il y deux ans, chez nos voisins burkinabé.
Le thème choisi pour le rendez-vous roumain est d’autant plus important que l’éducation grâce aux nouvelles technologies s’impose comme un facteur incontournable de l’évolution des sociétés démocratiques. En effet, ces technologies sont devenues des outils indispensables dans le monde actuel, presque aussi ordinaire que le papier ou le crayon.
Cependant, leur accès et leur utilisation ne sont pas équitablement repartis dans le monde. "L’éducation et les nouvelles technologies est un sujet grave et d’une importance exceptionnelle. Nous savons qu’il est inimaginable d’installer dans notre monde, une paix durable, une démocratie crédible, une croissance et un développement solide, sans renforcer et moderniser nos système éducatifs", a souligné Abdou Diouf, à l’ouverture du sommet.
Le secrétaire général de l’organisation a rappelé que 120 millions d’enfants dans le monde (dont plus de la moitié sont des filles) ne sont pas scolarisés. "Il a été démontré à l’occasion du sommet mondial sur la société de l’information à Genève et à Tunis que les nouvelles technologies sont un outil majeur au service de l’éducation. Elles ouvrent de larges horizons et sont porteuses de solution novatrices", ajoutera Abdou Diouf.
Pour le président exercice sortant de l’Organisation, le chef de l’État burkinabé, Blaise Compaoré, le thème de ce 11è sommet interpelle tous les dirigeants francophones sur l’urgence des reformes de nos systèmes éducatifs en vue de valoriser l’investissement humain. "L’éducation étant la clef de voûte du développement, l’intégration du multimédia dans les programmes d’enseignement favorise une diversification des sources de connaissances et de formation adaptées aux nouveaux emplois", a analysé le président du Faso. Dans les pays du Sud où le déficit en personnel enseignant, en infrastructure scolaire et universitaires, constitue une préoccupation majeure, l’enseignement à distance devient une solution intéressante, jugera-t-il.
"L’édification de la société de l’information et du savoir impose donc la réduction de la fracture numérique qui crée des rapports structurellement préjudiciables aux pays du Sud", a constaté Blaise Compaoré.
Mesurant l’apport des TIC à l’éducation, il a relevé leur inadaptation au contexte social et culturel dans nombre de nos pays. "Leur mauvaise utilisation peut conduire à la dépravation des mœurs, à la xénophobie et la criminalité transfrontalière", a ainsi averti Blaise Compaoré avant de relever (en se référant à de nombreux acteurs de l’éducation) que la création d’un observatoire sur l’utilisation du Net dans l’enseignement, mettant l’accent sur l’éthique, l’esprit de discernement et le respect de la déontologie, est essentielle.
Le plaidoyer en faveur des TIC dans l’éducation ne doit pas occulter les besoins de première nécessité que sont le livre et la documentation non virtuelle, a poursuivi Blaise Compaoré. Par conséquent, la chaîne du livre doit être soutenue et l’édition scolaire encouragée sous toutes ses formes, a-t-il préconisé.
Comme à chaque sommet de la Francophonie, le discours du président français était très attendu. "En décidant de consacrer le thème de nos travaux à l’éducation, et à la jeunesse, vous avez voulu nous parler de l’avenir", dira Jacques Chirac, en s’adressant à l’hôte du sommet, le président roumain, Traian Basescu. "L’éducation, besoin primordial des populations et mission essentielle des gouvernements, conditionne la capacité à promouvoir une société plus juste, soulignera le président français.
La Francophonie doit accompagner toujours plus efficacement les projets de ses États membres en faveur de l’éducation primaire, de l’éducation secondaire et de la formation professionnelle, ainsi que de l’éducation supérieure".
Pour l’occasion, le chef de l’État français s’est dit "heureux d’annoncer qu’est signé en ce moment même à la Sorbonne, une Charte de qualité totalement novatrice pour l’accueil des étudiants boursiers en France". Il a expliqué que cette charte susceptible de constituer un modèle à l’échelle de l’Organisation, engage désormais l’ensemble des universités et des grandes écoles françaises. Elle complète, a précisé Jacques Chirac, les dispositions en matière de circulation des étudiants qu’il avait souhaité voir mises en place lors du sommet Afrique-France que notre capitale a abrité en décembre 2005. "Les jeunes de nos pays aspirent au vent du large. Les technologies de l’information leur donnent un moyen supplémentaire de faire vivre cette aspiration à l’universel, de l’ancrer dans leur vie quotidienne", a indiqué le président français, avant révéler que la France avec l’Agence universitaire de la Francophonie, propose aux membres de l’Organisation de s’associer à une nouvelle initiative de formation de personnels médicaux par les nouvelles technologies, "en Afrique et pour l’Afrique".
Des expériences pilotes, à l’image de l’Université numérique francophone, ont montré la voie, a jugé Jacques Chirac en saluant des initiatives qui servent une Francophonie solidaire, sereine et offensive. Après la cérémonie d’ouverture, les travaux du sommet ont véritablement commencé dans l’après-midi avec la première séance plénière. La rencontre prend fin aujourd’hui.
Sources http://www.africatime.com/
