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La dictature du pauvre, regards sur une espèce en danger en voie de prolifération

Il était une fois
Il était une fois une espèce curieuse. Cette espèce que l’on appelait la pauvreté engendrait des pauvres. Tous les projecteurs de la terre, tous les scanners numériques à plat ou tridimensionnels, les loupes analogiques et numériques, les détecteurs de métaux, les méthodes d’identification d’origine sociologiques et économiques tels l’arbre à problèmes, le ZOPP, le SWOT, la GAR, l’AP …, les marabouts et autres devins lisant dans des marres de cafés ou de pisse, tous les instruments de mesure possibles essayèrent d’identifier le fond du problème, la cause profonde, certains en déduisant et d’autres en induisant et encore d’autres en devinant.

Chacun proposa sa recette pour solutionner le mal, les causes du problème trouvé étant aussi nombreuses que les conséquences engendrées : famines, guerre, baisse de revenus. De fois, il arrive que l’on confonde les causes des conséquences ou vice versa ou encore on fabriqua d’autres concepts pour réchauffer la même réflexion et la mettre au gout du jour.

Alors on essaya les grandes stratégies : aux grands maux les grands remèdes. On les ajusta donc, aussi structurellement que possible à telle enseigne qu’il fallu par la suite introduire des palliatifs sociaux appelés plans sociaux d’ajustement structurel, tellement les perfusions financières et autres transfusions méthodiques ont fait des dégâts dans la société.

Toutes ces stratégies semblent aggraver le système qui va de mal en pis. Et alors, on essaya de colmater les brèches devenues de grands boulevards en injectant le genre, la femme, bien que dans la réalité et dans l’action, on ne put montrer la différence entre le genre et la femme, l’environnement et bien d’autres recettes épicées de semblant de bon sens et de regards apitoyés.

Pendant tout ce temps, tout en tentant de sauver l’espèce, on lui demanda d’être un collaborateur, un partenaire au lieu d’être le simple spectateur de sa décadence. Il accepta malgré lui, bien que personne ne lui ai laissé le choix, bien que les mesures qui sortirent par la suite soient teintées toujours de la couleur bleue indigo, la couleur du stylo alors que le pauvre était revêtu de la couleur latéritique caractéristique de sa terre natale rythmée par les saisons sèches et les saisons de pluie qualifié « d’hiver-nage » bien que l’on continue à baigner dans la chaleur à cette période de l’année.

Les cris des enfants faméliques devinrent si familiers que l’on préféra écouter les crépitements des mitraillettes, les râles et derniers soupirs des mourants, les balles ne connaissant ni frontières, ni rebelles, ni belles, ni enfants et ni vieux. Les images choquantes comme les interviews des femmes violées semblaient exciter de plus belle les petits militaires à la solde des vendeurs de drogue et d’autres quincaillerie meurtrière.

Il devint plus facile et même gratuit de se faire montrer aux yeux au monde que l’on est méchant et que l’on est prêt à égorger un pauvre touriste en mal de désert plutôt que pour une tierce personne qui veut montrer qu’il est encore possible de sauver le pauvre et qu’au fond le pauvre n’est pas si pauvre que ca, qu’il a également de côtés très riches et intéressant à montrer. Il devint alors difficile au pauvre de montrer sa créativité, sa force. Ses cris sont étouffés par le bruit de la télévision poussée à fond où on préfère regarder les matchs qui sont joués à 5000 kms par delà les grandes eaux. On arrive même à reconnaitre les joueurs, identifier la marque de leurs chaussures, sous vêtements aussi clairement que l’on est incapable de nommer les quelques rares collines qui séparent les villages environnants. On peut citer la généalogie de certains, bien que l’on soit incapable de le faire pour sa propre famille.

C’est ainsi que le règne de barbus et pantalons courts ponctués des dames masquées intéressent le monde plus que le cri du petit affamé, à moins que ce petit ne soit chassé par des canons et autres engins de guerre., aucun objectifs ou lentille ne s’intéresse à son sort, sujet trop banal. : On semble être fatigué du développement et de la pauvreté. Ils veulent du sang, ils veulent du sang, ils sont fatigués de voir la misère, crient-il dans les studios feutrés, par delà les mers. On se demanda donc si les montreurs d’images qui engendrent bien de tristes professions à de personnes faibles d’esprits, si les pauvres téléspectateurs avides d’émotions fortes ne sont pas pires que les coupeurs de têtes et de bras.

On se demande si les cols blancs et les tenues bariolées qui vont de réunions en réunions pour des soi disant rencontres de conciliations n’attisent pas des flammes pour mieux préserver leurs billets d’avion et leurs mirobolants perdiems qui dépasse pour certains par jour le salaire moyen annuel d’un citoyen lambda.

On se demande souvent si les grandes puissances ni tirent pas un vif intérêt, excités de revenir dans leurs anciens antres, leurs vieux tanières pour continuer leurs expérimentations louches et puériles : quelques mains coupées et otages capturés suffisent pour leur ouvrir les grandes portes des savanes, eux qui avec leurs hautes technologies ont des difficultés pour débusquer les pantalons courts dans les montagnes enneigés de l’autre côté.

Dans ce jeux à somme non nulle figurent un seul perdant, le citoyen lambda, sans voix, ni poids dans ce concert assourdissant de canons et de tractations feutrés à coût de milliers de dollars.

Tout en continuant à faire semblant de chercher le remède dont on ne connait pas les causes, du moins dont on se s’entend pas sur une cause unanime, on ferma les yeux sur le paradoxe que cette espèce en voie de danger en principe devrait disparaître à la longue comme la couche d’ozone. Il faut donc ne rien faire et les laisser tous mourir et on aura au moins la paix.

Pourtant, malgré les maux cachés ou apparents, l’espèce prolifère, se développe, se régénère, trouve des parades à tout. On lui envoya le SIDA et on crut que certains continents allaient se dépeupler, mais rien ni fit. Dans les pays où on donna des taux élevés de contamination, le regard de l’étranger ne voit que de jolies femmes aux fesses rebondies qui déambulent, loin de la torpeur des hôpitaux. Difficile de croire que ce mal fait des victimes plus que le paludisme qui fauche les enfants, les femmes, les vieillards sans répit. Le palais de certains habitants à force d’avaler la nivaquine est devenu tellement amer qu’il ne ressent pas la brûlure du piment le plus fort. On leur envoya la grippe aviaire. Ils mangèrent les poules au lieu de les bruler, comme préconisé, se frottèrent les mains, ayant toujours faim et pour calmer les intestins vides, ils créèrent des chansons à la gloire de la grippe aviaire. Que faire de cette espèce particulière ?

C’est ainsi que quelques fins observateurs essayèrent pour la première fois de les observer avec un visage humain, pleine de compréhension et non de compassion, pleine de curiosités et non d’animalité, pleine de sympathie et non d’antipathie.
Cette observation simple les sidéra, les choqua et les émerveilla. Tel est le récit relaté dans ce manuscrit de l’âge de l’Internet où les enfants de ville sont sur le réseau social facebook et les enfants de la brousse scotchés devant les rares télévisions et radios, où les enfants de 10 ans pensent que le téléphone portable a toujours existé comme le masque sacré de la famille, où les jeunes cultivateurs analphabètes (à vérifier) utilisent le Bluetooth pour s’échanger entre eux de la musique et autres vidéos sombres sur leurs téléphones portables Chinetoc que seul le retrait de la batterie de l’appareil pouvait empêcher la sonnerie de vous percer les tympans...

il était une fois
et ca continue.
Dieu benisse.

Sylvestre Ouédraogo
Blogueur aux heures perdues.

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