WaziUp : Promouvoir l’Internet des Objets en Afrique

Le programme subsaharien WAZI UP, destiné à promouvoir l’utilisation de l’Internet des objets (IdO) dans le monde rural en Afrique, a été lancé début février à Dakar par le CTIC, l’incubateur sénégalais spécialisé dans les technologies de l’information et de la communication.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 3 millions d’euros pour une période de trois ans, Wazi Up regroupe des acteurs de quatre pays africains et cinq pays européens et vise à aider à lancer des applications pratiques dans des secteurs comme l’agriculture, l’irrigation, l’élevage, la pisciculture ou la gestion de l’eau.

L’initiative, également appelée "Open innovation platform for IoT-Big data in sub-saharan Africa", fait partie du Programme Horizon 2020 de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation.

L’Internet des objets représente les échanges d’informations et de données provenant de dispositifs présents dans le monde réel vers le réseau Internet.

Considéré comme la troisième évolution du web, il contribue à une progression fulgurante de la masse de données créées sur le réseau (big data).

Le concept du programme Wazi Up est simple : il s’agit de montrer que les objets connectés sont accessibles, pratiques et pas chers.

Pour cela, certains concepts vont être expérimentés par ces centres de recherche comme les universités Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal), de Bobo Dioulasso (Burkina Faso) ou de Pau (France).

"En plus nous allons former des accélérateurs, des points-relais et organiser des manifestations au cours desquelles les PME doivent s’approprier ces concepts et ces outils", explique Philippe Cousin, PDG d’Easy Global Market, la structure qui a identifié les parties prenantes et qui est chargée de la mise en œuvre du programme.

"Les acteurs ont été choisis sur la base de projets encourageants existants sur place ou de cas opérationnels et réels", poursuit Philippe cousin.

"Nous avons deux pays assez forts, à savoir le Sénégal (Ctic, Université Gaston Berger, Coders4Africa) et le Ghana (Farmerline et iSpace Foundation) et deux pays satellites comme le Togo, via l’incubateur Woelab et le Burkina Faso, représenté par l’Université Polytechnique de Bobo".

L’ONG Coders4Africa, membre du programme, va créer une plateforme technique regroupant toutes les applications basées sur l’internet des objets, en vue de contribuer à l’amélioration des conditions de travail de l’écosystème rural d’Afrique subsaharienne.

Les développeurs seront invités à créer de nouveaux outils et à partager les meilleures pratiques, tout en encourageant l’entrepreneuriat et la naissance de start-ups.

"Pour notre part, il s’agira notamment de répondre à certaines problématiques comme le vol de bétail ou l’agriculture de précision, grâce à des capteurs que nous allons installer pour collecter des données", précise Ousmane Thiaré, directeur du centre de calcul de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Et de poursuivre : "Il doit être possible ainsi de suivre par exemple les mouvements d’un troupeau, grâce à des capteurs. L’UGB a une ferme agricole expérimentale où nous pourrons tester l’agriculture de précision en nous basant sur des capteurs qui vont donner des informations sur la température, l’humidité et le potentiel hydrogène (ph) du sol. Ainsi on va atténuer le gaspillage de l’eau et augmenter les rendements".

Les capteurs qui coûtent à peine 2 euros l’unité seront achetés en France et aux Etats Unis. Un dispositif complet peut varier autour de 40 euros.
Le signal va passer essentiellement par le réseau wifi, pour amoindrir les coûts, selon les explications des acteurs de Wazi Up.

http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/tic/actualites/waziup-promouvoir-internet-des-objets-en-afrique.html



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