Le casse tête des étudiants en fin de cycle : trouver un thème de mémoire "sexy"

On demande souvent aux enseignants : Je veux travailler sur ce thème. Est-ce que c’est bien ?

L’enseignant souvent répond positivement ou négativement s’il en a marre et ne veut plus se fatiguer de vous reprendre votre cours de méthodologie en 3 minutes. Nous ne le laissez pas le choix.

A propos du dépôt des thèmes de mémoire.

Un thème , ce n’est pas une phrase, mais, c’est une réflexion d’ensemble :

  • qui suis je ? qu’est ce que je fais dans la vie ?
  • pourquoi je n’intéresse à ce sujet ?
  • quel est sa relation à ma spécialité ?
  • quel est son intérêt pour ma carrière future et présente ?
  • Est-ce que j’ai les moyens matériels, humains et le temps pour récolter des informations sur ce thème ?
  • Est-ce que j’ai un encadreur spécialisé sur la question ? ( pas un problème le plus souvent)

Pour nous enseignants, nous ne demandons souvent pas à l’étudiant de résoudre les problèmes du Burkina ou du monde entier, mais de faire un exercice pratique de recherche, c’est à dire montrer que l’on a des aptitudes pour poser correctement une problématique de recherche, poser de bonnes questions et être capable de dresser un arsenal méthodologique pour arriver à ses fins.
Ce n’est pas parce que votre sujet est gros que la note la sera !

Pensez au temps ( vous ne l’aurez pas)
Prenez un thème sur une préoccupation proche de vous ( service, quartier, village...) et où vous savez que vous pourrez avoir les infos facilement.
il n’y a pas de bons thèmes ni de mauvais thèmes. Notre démarche est plus analytique qu’émotionnel.
On apprécie simplement votre respect de la rigueur scientifique. évitez des sujets qui vont vous conduire à des débats d’opinion ( celui qui répond par oui ou non, cela n’engage que lui) mais sur des aspects qui font avancer la science.

N’attendez pas la fin des examens pour réfléchir à votre thème : ce sera trop tard. vous aurez un temps très court pour le mémoire.
Ne perdez pas de temps. Si vous vous arrêtez pour bavarder avec une personne qui n’aborde pas un aspect de votre recherche, désertez vite ! il faut être opportuniste pour récolter les informations. Ce n’est pas avec un gros questionnaire ou stylo que vous aurez les réponses : posez des questions, le Pourquoi aux gens que vous croisez même dans la rue. Vous aurez des réponses surprenantes. Brandissez votre calepin et vous verrez que tout le monde se lave les mains avant de manger.

N’ayez pas honte de votre thème de recherche : évitez les expressions ronflantes ( IMPACT DE SI, de CA Sur X ou Y) , PROBLEMATIQUE DE SI, CA… qui font que tout le monde dit : ton sujet est fort dè ! en se grattant la tête pour trouver par où tu vas commencer( toi même tu es déjà embrouillé).

Il faut être très modeste, travaillez sur les thèmes pointus et non les grosses expressions génériques ou grosses entreprises ou sociétés de la place : intéressez vous à l‘association du village, du quartier et non à la Banque Mondiale (tout le monde sait tout de la BM, mais personne de votre association de quartier),

Intéressez vous au Pourquoi les femmes sont plus entreprenantes dans les métiers de la pharmacie, pourquoi nos pharmaciens sont des vendeurs de médicaments au lieu de les synthétiser, pourquoi les vendeuses de fruits et légumes vendent en lots ( A Ouagadougou) au lieu de vendre en détail et pourquoi elles ne baissent jamais les prix même si les tomates ou les oranges vont pourrir, Pourquoi dans certaines régions, on cultive le sorgho au lieu du petit mil ( qui est plus adapté sur leur sol), pourquoi les ONG et certains organismes préfèrent les gros projets au lieu de petits qu’ils pourront exécuter plus facilement et avoir un meilleur rendement et rotation alors qu’ils mettront des années avant de trouver un gros financier, pourquoi les moulins collectifs ne fonctionnent jamais longtemps, Pourquoi les ménages préfèrent planter des arbres décoratifs dans les concessions au lieu d’arbres fruitiers ou de plantes comestibles ? ; pourquoi certains villages n’ont plus de moulins à grains ?....

Les thèmes sont infinies. Il faut être fier quand les gens se posent des questions ou commencent à rigoler quand vous présentez votre thème : pour la plupart, c’est de l’amusement, mais, en creusant, on se rend compte que c’est du sérieux et que la réponse n’est pas évidente et mérite une réflexion approfondie.

Ne vous découragez pas quand on vous dit : on a déjà travaillé sur ce thème ! Si personne n’a encore travaillé sur ce thème, préparez vous à souffrir pour avoir des informations. on peut aborder le même thème de milles facettes différentes. Recherchez votre spécificité !

Bonne chance et allez vite !

Dr Sylvestre Ouédraogo
Enseignant Chercheur UO2
Yam Pukri

PS : texte écrit à la hâte style Blog. je n’excuse pour les coquilles.



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