E-éducation

Inauguration du Centre de Ressources Informatiques (CRI) de l’Université de Ouagadougou

Le Ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, M. Joseph PARE, le Président de l’Université de Ouagadougou, le Professeur Jean KOULIDIATI, et l’Ambassadeur de France, M. François GOLDBLATT, ont procédé à l’inauguration du Centre de Ressources Informatiques (CRI) de l’Université de Ouagadougou.

Le CRI a été financé par la coopération française dans le cadre de son projet RESEAU (Renforcement de l’Enseignement Supérieur et de l’ Action Universitaire) pour un montant total de 479 millions de FCFA (730 000 euros).

Il se présente comme le Centre informatique le plus important de la sous-région ouest-africaine, par le nombre des postes de travail (plus de 240 ordinateurs) et par la modernité de ses équipements en visioconférence et en moyens multimédia permettant la production de supports pédagogiques avancés.

Le CRI est équipé d’une installation photovoltaïque solaire permettant d’alimenter un quart des ordinateurs.

http://www.ambafrance-bf.org/france_burkina/spip.php?article876

Discours prononcé par l’Ambassadeur de France, François GOLDBLATT.

23 mars 2010 à l’Université de Ouagadougou, site du Bâtiment CRI

-  Monsieur le Ministre de l’enseignement Secondaire Supérieur et de la Recherche Scientifique
-  Monsieur le président de l’Université de Ouagadougou (UO)
-  Monsieur le président du Conseil d’Administration de l’UO
-  Mesdames et Messieurs les membres du CA de l’UO
-  Messieurs les présidents des Universités de Bobo et Koudougou
-  Messieurs les présidents des Universités du REESAO (Réseau d’Excellence de l’Enseignement Supérieur d’Afrique de l’Ouest)
-  Monsieur le Directeur du Bureau Régional de l’AUF
-  Mesdames et messieurs les Vice Présidents
-  Mesdames et Messieurs les doyens
-  Mesdames et Messieurs les directeurs d’instituts
-  Mesdames et Messieurs les personnels universitaires
-  Mesdames et Messieurs les représentants des Etudiants
-  Mesdames et Messieurs les personnels de l’Ambassade de France,
-  Mesdames et Messieurs, chers invités

Nous voici réunis aujourd’hui autour de l’une des réalisations majeures de notre coopération universitaire franco-burkinabé : le Centre de Ressources Informatiques (CRI) de l’Université de Ouagadougou.

M. le Président de l’Université de Ouagadougou vient de nous décrire ce bâtiment, ainsi que le contexte de sa construction : le projet RESEAU Renforcement de l’Enseignement Supérieur et de l’Action Universitaire, qui réunit des acteurs du secteur universitaire de nos deux pays, et dont les réalisations concrètes bénéficient à l’université de Ouagadougou – comme c’est le cas aujourd’hui - mais aussi à celles de Bobo-Dioulasso et Koudougou.

Je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui pour célébrer cette réussite, la construction et l’équipement d’un bâtiment ouvrant, souhaitons-le, une époque de modernisation de l’enseignement supérieur burkinabè. Ce défi de la modernisation n’est en effet pas le moindre pour une université qui, rappelons-le, compte aujourd’hui plus de 45 000 étudiants.

Nous le savons tous, cette nouvelle époque est surtout celle de l’évolution inéluctable des technologies de l’information et de la communication (TIC), de leur introduction de plus en plus profonde dans notre vie, a fortiori dans le domaine de l’éducation.

L’enseignement supérieur et la recherche ont intégré, depuis trois décennies, ces technologies modernes permettant la circulation massive et continue de l’information. Mais chaque pays, chaque université, a progressé à son rythme dans l’équipement de ses laboratoires et de ses structures d’enseignement.

Il est vrai aussi que le monde universitaire a longtemps manifesté, dans le champ des pratiques pédagogiques, une certaine méfiance à l’égard de ces technologies, et leur généralisation en a certainement été ralentie.

Mais nous sommes entrés dans une époque de réconciliation, à la fois générationnelle, conceptuelle et technologique.

Monsieur le Président de l’Université de Ouagadougou vient de le rappeler, la première vocation du Centre de Ressources Informatiques est pédagogique, au sens où il veut répondre aux attentes des étudiants, depuis l’acquisition des connaissances de formation initiale et continue, jusqu’au seuil de la recherche scientifique et de la documentation correspondante.

Outre la grande salle étudiante, le Centre de Ressources Informatiques hébergera notamment deux instruments porteurs de cette modernité que je viens d’évoquer.

Le premier de ces instruments, l’UNITE de PRODUCTION MULTIMEDIA, sera celui de la production de cours rénovés, en prise sur ces temps nouveaux de l’ère numérique.

Les enseignants chercheurs y trouveront la possibilité de concevoir des cours sur supports numériques, aisément diffusables dans les universités du pays, mais aussi dans celles de la sous-région appartenant au REESAO.

Ces cours numériques, je n’en doute pas un instant, ne manqueront pas d’attirer les étudiants du monde entier, qui pourront y trouver des présentations et des contenus originaux, produits par les enseignants chercheurs africains.

Ces cours pourront intégrer de l’image statique, de l’image en mouvement, et du son, c’est-à-dire tous les moyens multimédia permettant, non seulement, de rénover, mais plus encore de renforcer la pédagogie.

Mis à disposition sur le réseau des universités africaines, ces cours seront une vitrine des capacités du continent, qui prendra ainsi progressivement sa place dans la mondialisation des connaissances.

Le deuxième instrument est celui de la FORMATION à DISTANCE.

La formation à distance est l’une des révolutions les plus visibles de l’ère numérique. Plusieurs groupes d’enseignants et d’étudiants peuvent communiquer par le biais du haut débit de la fibre optique, communiquer par l’image et le son.

Les enseignements vivants peuvent ainsi franchir instantanément des milliers de kilomètres, rapprochant les acteurs, économisant les déplacements.

Sur ce sujet, je crois que nous devons demeurer prudents, et appeler les intellectuels à la réflexion, à la mise en perspective.

Il serait hâtif de voir dans cet instrument la résolution des problèmes de la formation professionnelle et universitaire. Ces problèmes, nous le savons, sont directement liés à l’augmentation croissante des effectifs étudiants des universités, des instituts et des écoles supérieures.

Or, n’en doutons pas, le support numérique appelle des équipements et des moyens importants si l’on entend le généraliser à l’ensemble du monde étudiant : des ordinateurs de plus en plus nombreux et disponibles, leur maintenance et leur renouvellement régulier, l’alimentation électrique, des locaux adaptés (obligeant parfois à climatiser), une maintenance soutenue du réseau informatique, etc…, c’est-à-dire des dépenses de fonctionnement importantes pour les universités, qui risquent de voir leurs budgets lourdement grevés.

Mais le mirage le plus fréquent est celui de l’économie d’encadrement de l’étudiant. Les meilleurs cours numériques ne remplacent que les meilleurs livres. Et si ces cours numériques préfigurent peut-être la disparition prochaine de ces derniers, ils ne sauraient annoncer celle de l’enseignant, ni même la moindre présence de ces femmes et ces hommes qui, par leur manière d’être et de dire, ont marqué l’histoire de l’éducation.

Ainsi donc, l’avènement du numérique marquera essentiellement une mutation technologique du support. Cette mutation est profonde, et apportera sans nul doute un grand progrès, par l’actualisation et la circulation aisées de ces nouveaux supports, l’élargissement de leurs capacités de contenus en connaissances, et ne l’oublions pas, l’abaissement de leur prix, le livre étant devenu trop coûteux, et disons « écologiquement incompatible ». En fait, on peut penser que le support numérique révolutionne la notion même de bibliothèque.

J’ajoute également que, pour le plein essor de ces deux instruments - l’unité de production multimédia d’une part, la formation à distance d’autre part -, le fait que le Centre de Ressources Informatiques bénéficie du label de « campus numérique francophone partenaire de l’Agence universitaire de la francophonie – est assurément un atout.
Dans le prolongement de ces idées, je voudrais, Mesdames et Messieurs, aussi saluer l’initiative d’équipement photovoltaïque du Centre de Ressources Informatiques, devant alimenter un quart des machines, et permettant à une partie des utilisateurs de communiquer avec le monde en exploitant l’énergie du soleil.

La timide utilisation de ce rayonnement, particulièrement abondant en Afrique subsaharienne, interpelle les scientifiques et le grand public.

Le but de cette opération est l’exemplarité et la viabilité des applications technologiques en matière d’énergies renouvelables. L’installation solaire sera visible de l’ensemble de la population étudiante, qui pourra y voir une approche nouvelle de la question énergétique et de sa signification en matière de protection du patrimoine environnemental.

Ces étudiants vérifieront ainsi que l’on peut « investir autrement » dans le domaine de l’énergie, sans renoncer aux ressources traditionnelles (électricité d’origine thermique ou hydraulique) dirigées vers des utilisations industrielles appelant de fortes puissances.

Mesdames et messieurs, tels sont les messages que l’Ambassade de France souhaitait adresser aux étudiants, aux enseignants chercheurs, à l’ensemble de la communauté universitaire, et à la société burkinabé.

Nous espérons ainsi avoir contribué au développement de votre pays, par les moyens matériels, mais aussi par une réflexion partagée et éclairante sur la question de l’enseignement supérieur en général et de la réduction de la fracture numérique en particulier.

Je vous remercie de votre attention.

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