E-Agriculture

Plaidoyer sur la relève agricole au Burkina Faso

De la problématique de la jeunesse agricole

La difficulté du marché à réguler l’emploi des jeunes, le vieillissement de la main d’œuvre agricole, la multiplicité des initiatives qualifiées « d’entrepreneuriat de nécessité » au profit des jeunes, la faible implication des jeunes dans les organisations paysannes et leur droit d’accès limité à la terre, la faiblesse de lobbying interpellent l’ensemble des acteurs à une concertation. C’est ainsi que des réseaux « internationaux multi-acteurs » se développent afin de créer un lobbying important.

Face à ces défis, l’initiative YPARD Burkina Faso a organisé le mercredi 12 aout 2015 à Ouagadougou une journée de plaidoyer sur la « Relève agricole : opportunités, freins et perspectives ». Cette journée a mobilisé une vingtaine de personnes de près de 15 structures/entreprises (Ministère de l’Agriculture, Ministère de la Jeunesse, Université Ouaga II, Yam-Pukri, Confédération Paysanne du Faso (CPF), GRAF, OXFAM, Corade, etc.). Après une présentation succincte d’YPARD, trois communications* ont été données suivies d’un témoignage d’une jeune entrepreneur agricole.

Des contraintes aux opportunités…
Il ressort des communications que les jeunes ne sont pas assez représentés dans les organisations paysannes (OP) car l’adhésion concerne en majorité les chefs d’exploitation dont l’âge moyen est de 47 ans. En plus, le mode de gouvernance des OP est fortement lié à la gérontocratie. Dans les cas où les jeunes sont pris en compte ils occupent généralement des postes marginaux tels que le secrétariat. Actuellement, la Fédération des jeunes professionnels agricoles existe de droit, mais de fait, elle est dans une léthargie.

Cette situation témoigne de la difficulté de renouvellement des leaders du fait de l’engagement insuffisant des jeunes au sein des OP. En ce qui concerne l’accès à la terre, les jeunes sont les moins privilégiés car son accessibilité est liée à la situation matrimoniale et généralement la terre est octroyée au chef d’exploitation. Il faut également souligner que les terres des jeunes sont pour la plupart incultes, en friches ou de petite superficie. De toutes ces difficultés, le problème majeur réside essentiellement dans la sécurisation des terres des jeunes.

Au-delà de ces barrières ou contraintes, il faut voir l’agriculture dans sa globalité. Le secteur offre d’intéressantes opportunités, particulièrement à la jeunesse. Avec le développement des TICs, les jeunes peuvent créer des services à valeur ajoutée pour le monde agricole : favoriser la création des réseaux de veille sur les marchés agricoles, animer des réseaux virtuels (Facebook, Blog) pour des OP et des producteurs, accompagner en montage et suivi de projets, etc. C’est ainsi que des jeunes diplômés se reconvertissent dans le secteur agricole.

Passage de jeune diplômé à jeune agricole

Après avoir obtenu son Master en Innovation et Développement Rural et ayant des difficultés à s’insérer dans le circuit classique de l’emploi, Aurore décide de se reconvertir dans l’élevage des poulets de chair à proximité de la ville de Ouagadougou. Cette reconversion ne fut pas facile. Elle a dû fonctionner sur des fonds propres, faire face aux difficultés d’écoulement sur le marché et aux pertes occasionnées par les coupures incessantes d’électricité, etc. En plus, la ferme est sur un terrain qui lui a été prêté ; et de ce fait il y a un risque d’investir. Actuellement, fort de son expérience, elle ambitionne de réaliser l’élevage des poulets de race locale.

Recommandations/Suggestions

Les participants ont suggéré à la Confédération Paysanne du Faso d’engager des démarches pour favoriser l’intégration des jeunes à de postes de responsabilités plus ou moins stratégiques et d’aider à dynamiser la Fédération des jeunes professionnels agricole du Burkina Faso. Ils sont également unanimes qu’un réseau puissant de jeunes professionnels agricoles contribuera à faciliter l’accès et la sécurisation des terres des jeunes. Par ailleurs, une formation régulière des jeunes sur l’importance des TICs dans l’agriculture constituera une opportunité d’auto-emploi.

Des suggestions ont été faites de mettre en place un réseau dynamique entre les jeunes professionnels agricoles et les structures intervenant dans le secteur agricole.

À la suite de cette journée, le vendredi 14 aout 2015, les initiateurs et les sympathisants de l’initiative YPARD Burkina Faso se sont rencontrés pour échanger sur les statuts et les règlements intérieurs de l’association.

- Jeunes et postes de responsabilités dans les organisations paysannes : Issoufou PORGO de la CPFRetour ligne manuel
- Accès au foncier des jeunes au sein de l’exploitation familiale : Saydou KOUDOUGOU du Groupe de Recherche et d’Action sur le Foncier (GRAF)Retour ligne manuel
- Opportunités des TIC dans l’agriculture pour les jeunes : Inoussa TRAORE de Yam-Pukri.

03 sep 2015 par Edmond Lankouandé

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