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Démystifier l’Internet aux yeux des élus locaux burkinabé dixit Francis Liegeon

Renforcer la démocratie locale, accompagner les politiques de décentralisation et donner aux collectivités locales les moyens d’assumer leurs nouvelles responsabilités tel sont entre autre les défis que L’Association Internationale des Maires Francophone (AIMF) veut relever. Pour ne pas laisser les élus locaux burkinabés en marge de la société de l’information, l’association a initié du 28 au 30 décembre 2009, un séminaire de formation sur le thème « Internet et gouvernance locale ».

Au terme de la rencontre qui a enregistré la participation d’une vingtaine d’élus locaux et des personnes ressources des municipalités du Burkina, Francis Liegeon, le chargé de mission de l’AIMF qui a coordonné la rencontre nous parle de la politique TIC de l’ AIMF et nous livre ses impressions sur cette rencontre.
Entretien

Roukiattou Ouédraogo (O. R. ) : Pouvez nous parler brièvement de la politique TIC de l’AIMF ?

Francis Liegeon (F.L.) : L’Association internationale des maires francophone est une organisation dont le siège est basé à Paris. Elle a été créée en 1979 alors que Jacques Chirac était maire de Paris. L’association vise à promouvoir les relations internationales de la ville de Paris avec les villes francophones à travers le monde. C’est-à-dire à la fois en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du nord. Depuis maintenant 20 ans, l’AIMF anime des programmes de formation pour les municipalités.

Cette année nous avons axé notre séminaire de travail sur le thème « Internet et gouvernance locale ». Car, nous souhaitons rendre visible nos municipalités en créant un site Internet ou des sites Internet qui permettent aux municipalités de se présenter et de faire voir leurs politiques municipales à l’ensemble de leurs administrés.

Aussi, l’AIMF accompagne la politique d’informatisation des différents services comme la gestion de l’état civil, les services financiers, la voirie, les eaux urbaines, la gestion des marché et dans ce cadre, elle a appuyé l’informatisation de nombreuses villes à travers le monde. Cette informatisation est accompagnée à la fois de formation et d’implantation de logiciels qui se sont réalisées en fonction du cadre législatif des pays concernés.

O. R : Quels sont les objectifs de ce séminaire de formation ?

F L : Cette formation avait pour objectif d’informer, de sensibiliser et de former certains élus locaux burkinabé membre de l’AIMF sur la question de la gouvernance locale en rapport avec l’Internet. Il s’agissait pour nous de partager avec eux les expériences de l’association « Villes Internet », une association française dont la spécialité est la mise en place des outils Internet dans les municipalités. Cela dans l’optique de les faire voir les possibilités d’usage des TIC dans la communication et la gestion des municipalités.

Nous avons aussi présenté à nos municipalités des expériences européennes comme africaines dans ce cadre. Concernant les expériences en matière de gestion, quelques villes en Afrique s’en sont emparées. Par exemple la ville de Dakar (capital du Sénégal), l’informatisation a permis une dématérialisation d’un certain nombre de service et un accès en ligne à certains papiers d’identité comme l’acte de naissance aujourd’hui.

En plus d’aborder les possibilités de l’internet dans la stratégie de communication et la gestion des municipalités, il y a aussi un travail de sensibilisation de nos différents maires et élus pour démystifier l’outil Internet à leurs yeux. Il fallait donc leur présenter ces outils et leur faire voir qu’en peu de temps, avec des moyens réduits on peut s’approprier un certain nombre d’outils de communication moderne pour améliorer sa gouvernance.

O.R. : Après 3 jours de formation, quelle est votre impression après avoir vu certains élus découvrir Internet pour la première fois ?

F L : : A coté des municipalités qui sont très en avant, qui ont un service informatique constitué, une cellule de communication ou un premier adjoint qui est mobilisé sur la question, nous avons effectivement quelques municipalités qui sont novices dans le domaine. Raison pour laquelle, on a avait un public très hétérogène. Notre but, c’est que nous soyons aujourd’hui suffisamment nombreux pour mener des politiques d’accompagnement pour pouvoir les aider pas à pas pour qu’au moins, eux aussi puissent aller chercher des informations et envoyer des informations aisément.

O R : Dans un contexte où sévit l’analphabétisme, n’est-ce pas un rêve que de vouloir intégrer l’Internet dans la gouvernance locale ?

F L : : Ce qui nous parait intéressant, c’est de multiplier les sources de communication vers les populations. De nombreuses villes ont crée des radios municipales pour pouvoir informer les populations. L’outil Internet est un outil qui est différent de la radio et qui a une portée locale, nationale et internationale.
site_web_aimf
D’autre part c’est un outil extrêmement dynamique. Lorsqu’on regarde certains sites municipaux au niveau du Burkina, et que les gestionnaires nous précisent que 80℅ de la population de cette commune est analphabète et qu’on voit afficher sur le compteur plus 138000 visiteurs enregistrés sur le site de la ville en un an. On peut noter que malgré la minorité alphabétisée qu’il y a, quand même des gens issus des villes qui sont intéressés de savoir ce qui se passe dans leur ville en passant par internet. Notre souhait effectivement, c’est de développer cette idée de citoyen, de correspondants, d’acteurs locaux, d’acteurs de proximité qui puissent être des courants de transmission entre les collectivités locales et la population. Pour ce faire, on se sert de la société civile et toutes les installations d’accès communautaire à Internet comme les cyberentre, les cybercafé, les organisations de jeunesse…

O R : Perspectives à la suite de cette formation ?

Francis_mairekoudougou F L : : Nous souhaitons, que nos villes membres nous interpellent sur leurs projets concernant l’informatique et la communication. Notamment, en 2010 nous comptons créer un site Internet qui sera une architecture mère pour l’ensemble de nos villes membres. D’autre part nous avons demandé aussi à ces élus locaux de se mettre en contact avec l’Association des maires du Burkina pour que ceux-ci interpellent les autorités sur les problèmes de connexion que rencontrent les municipalités, puisque sur le continent africain, le problème majeur de la sous utilisation d’Internet est son prix prohibitif dans les régions et aussi le manque de connectivité et d’électricité en milieu rural.

O R : Un dernier mot ?

F L : : Nous remercions d’abord la ville de Ouagadougou qui nous a reçu, la maison des savoirs et la francophonie qui nous a permis de mener à bien cette formation pendant les trois (3) jours. Je crois que l’ensemble des maires a été satisfait. Ils ont vu qu’on ne peu plus passer au travers de ces outils de communication et qu’il fallait pouvoir reprendre les choses en main, remettre la municipalité au cœur de la ville et qu’elle puisse interpeller la société civile et communiquer avec elle.

Entretien réalisé par Roukiattou ouédraogo, le 30 decembre 2009 à ouagadougou

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